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C'est une chose étrange à la fin que le monde

Publié le 15 novembre 2010 par Pralinerie @Pralinerie
Jean d'Ormesson écrit là un roman difficilement resumable. Quatre parties ordonnent ce livre : un prologue, Que la lumière soit !, Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien et la mort : un commencement ?Vous allez me dire, c'est très philosophique tout ça mais c'est pas trop prise de tête ? Je vous assure que non. Au contraire, c'est assez limpide et l'auteur pose clairement les questions, propose tout aussi simplement des réponses. C'est une chose étrange à la fin que le mondeLa première partie, introductive, présente deux interlocuteurs. Des voix qui se répondent mais semblent s'ignorer. La première voix, c'est l'auteur. Désigné par 'le fil du labyrinthe', ses interventions sont présentées sous la forme de questions et de remerciements pour les beautés de sa vie. Et de se réjouir des commencements. L'autre voix, c'est 'le rêve du vieux'. Peut-être est-ce un dieu ? Voire Dieu ? Cet élément conscient, à l'origine des choses, qui ne se présente jamais mais dont les commentaires à la fois paternels, agacés, amusés scandent le roman. Puis le temps de la lumière est celui de l'histoire du monde, l'histoire des grandes découvertes, des sauts importants : premiers êtres vivants, premières civilisations, première littérature, premiers mathématiciens, philosophes géomètres... Puis les sciences prennent le pas sur le déroulement de l'histoire : de Copernic à Hawking, le monde est petit à petit compréhensible... Ou plutôt, des explications s’enchaînent pour offrir encore plus de questions. Cette partie, je dois vous le dire, m'a beaucoup rappelé mes précédentes lectures de d'Ormesson. Cette façon de camper, au fil du roman, un personnage historique en quelques mots, de le faire vivre dans son temps, d'en faire un héros. C'est une capacité que j'ai beaucoup apprécié dans son Histoire du juif errant mais que je retrouve finalement tellement dans ses livres que je m'en lasse un peu. C'est toutefois un exercice dans lequel l'auteur excelle : le portrait. Et ce qui est incroyable c'est qu'il a autant de facilité à décrire un personnage historique que lui même. Chaque histoire, c'est aussi propre aux romans de d'Ormesson, joue avec l'autobiographie. Il y a des 'je' qui intriguent, qui mènent à des fausses pistes, d'autres qui se rapportent véritablement à l'auteur. Bref, ici le 'je' apparaît à nouveau dans la partie suivante. Celle-ci retrace l'étonnement philosophique et le parcours artistique et scientifique du narrateur : quand on se pose la question de l'origine, le plus évident est de lire pour tenter de comprendre. Là, on part encore assez loin avec la question du big bang, du temps, de l'espace, du passé et du futur. Et surtout, la question de l'existence de dieu est soulevée...Enfin, la dernière partie pose la finitude de l'homme. Là aussi, vaste programme. On repart un peu sur les mêmes sujets : dieu, l'histoire, la fin et le début. Notons que cette partie comporte une page sur les 'bons livres' qui réjouiront tous les lecteurs passionnés.

Que conclure de ce roman philosophique ? D'Ormesson joue un peu au Candide, il s'émerveille et se présente, rempli de naïveté, d'attentes et d'espérance, de doutes et de questions. Nous le suivons sans peine dans ses recherches, regrettant toutefois qu'elles aient parfois un air de déjà vu. Comme toujours, le style est délicieux, simple et percutant. La composition des parties et des chapitres facilite également la lecture. Une petite question : finalement ce Vieux, à quoi sert-il ? Ce contrepoint, cette petite voix, je n'en vois pas trop l'intérêt, ni narratif, ni stylistique. Ce qui est appréciable, c'est que vous retrouverez toutes les questions essentielles et insolubles (pour le moment) que tout un chacun se pose. J'ai retrouvé beaucoup de mes interrogations d'enfant, d'adolescente et mes lectures pour comprendre également à quoi rimait le monde. Moi aussi, j'aime à lire des ouvrages scientifiques, à discuter avec des chercheurs sur les grandes questions de l'univers. A plusieurs reprises, Jean d'Ormesson cite Trinh Xuan Thuan. Je vous invite également à lire ce qu'il écrit, ça aide !Bref, un roman tout à fait recommandable, pour les jeunes et les moins jeunes, un roman qui ne prend pas la tête mais qui la fait rêver, cogiter... Merci à Livraddict et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte !


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