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“Date Limite”, comédie périmée

Par Kub3

Avec son casting en or, que manque-t-il au nouveau film de Todd Philips, le réalisateur de The Hangover (AKA Very Bad Trip dans nos contrées francophones) ? L’essentiel : de l’humour.

“Date Limite”, comédie périmée

Autant y aller tout de suite et frontalement : Date Limite n’est pas drôle. À l’image des productions Apatow, le film se borne à vouloir provoquer autant d’émotion que d’humour. Une citation attribuée à Carol Burnett et reprise par Woody Allen dans son excellent Crimes & Délits veut ainsi que la comédie est égale à de la tragédie plus du temps. Date Limite oublie l’élément essentiel de l’équation : le temps. Les blessures des personnages sont si récentes, si violentes que les scènes dramatiques le sont réellement, sans parvenir à créer ni de l’émotion, ni du rire.

Dès le premier quart d’heure, on comprend que l’on va avoir à faire à un film sur la paternité, balancée en trois moments (Robert Downey Jr. attend son premier enfant et son père l’a abandonné, Zach Galifianakis vient de perdre le sien) et jamais le film ne remet en question cette thématique lourde et fatiguante. Les gags pipi-caca (ou plutôt branlette-drogue, devenu le nouveau “scato”) s’enchaînent avec une étonnante faiblesse.

Pourtant le film ne manque pas de surprise. Il est même assez aburde parfois, mais dans le mauvais sens du terme : les situations dégénèrent pour des raisons artificielles et les conséquences ne sont jamais utilisées. Si le pitch de départ est béton, le film est construit sur du vent, des successions de scènes qui n’ont aucun impact sur le déroulement futur du film.

Même les caméos, véritable bonbon pour le spectateur, sont expédiés : Jamie Foxx disparaît sans laisser de traces, et si vous clignez des yeux vous risquez de rater RZA et Danny McBride (le héros de Eastbound & Down). Ce ne sont que de vulgaires obstacles narratifs, jetés aussi vite que Philips les sort de son chapeau.

Le vrai problème est là : on a l’impression que tout le monde (acteurs, scénariste, réalisateur) sait que ça va bien se finir. Nous sommes évidemment dans un cinéma typiquement américain, mais la réussite d’un film de ce genre est de nous faire croire qu’ils n’y arriveront jamais.

Dès le début du film, le spectateur français ressentira un effet de déjà-vu : on dirait un remake techniquement bien foutu mais sans âme d’une comédie à la Francis Veber – grande époque s’entend. Malheureusement il manque à Date Limite une vraie prise de risque. Le film va même jusqu’à ignorer de nombreuses possibilités dramatiques, toutes alléchantes : le mari trompé, les effets de la drogue, voire même l’homosexualité du personnage de Galifianakis. Encore une preuve que la comédie américaine perd petit à petit de sa splendeur et devient simplement une machine à vendre du pop-corn.

“Date Limite”, comédie périmée

En salles le 10 novembre 2010

Crédits photos : © Warner Bros.


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