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Deux p’tits derniers avant la clôture : Elbowroom et Earth’s Women au FFCF 2010

Par Tred @limpossibleblog
Quand on est cinéphile et qu’on fréquente les salles parisiennes, les choix cornéliens sont une habitude hebdomadaire. Il n’y a décidément pas assez de jours dans une semaine pour voir tous les films que l’on voudrait voir, et c’est encore plus vrai lors d’une manifestation comme le Festival Franco-Coréen du Film où l’on voudrait voir tous les films programmés.
Deux p’tits derniers avant la clôture : Elbowroom et Earth’s Women au FFCF 2010Lundi soir, il me fallait ainsi choisir entre voir le dernier film de la sélection 2010 à n’être pas encore passé devant mes yeux et le KOFA Classique Quit your life qui me faisait terriblement envie après les coups de tatanes jubilatoires vécus samedi avec Returned Single-legged Man. Mais avant de me décider, quoi que je décide, je devais voir Elbowroom. Et ce n’est pas sans crainte que j’ai posé mes fesses devant ce drame prenant pour cadre un établissement pour personnes handicapées et pour héroïne Soo-hee, l’une des pensionnaires ayant à subir les abus physiques et psychologiques du personnel. Car si Lee Chang Dong s’est magnifiquement emparé d’un tel personnage pour son Oasis, le sujet est clairement casse-gueule et a une nette tendance à plonger ses spectateurs dans un état dépressifs.
Le début du film m’a d’ailleurs conforté dans mes doutes de pré-projection. Tout est brut dans le film de Ham Kyoung-Rock, et je me suis vu partir dans une spirale de noirceur à laquelle je ne me voyais pas m’accrocher. Je n’ai rien contre la noirceur, au contraire, mais celle-ci montrant des sévices sur des handicapés, je n’en avais pas envie. Pourtant à ma grande surprise, plus le film avançait, plus je m’y accrochais. L’austérité se fissure peu à peu pour laisser transparaître des émotions. Surtout, l’actrice principale, au cœur du film qu’elle porte de bout en bout, aimante la caméra et avec elle l’attention du spectateur. Le sujet, grave, profond est d’une banalité terriblement fascinante. De la peur des premiers instants nait finalement un film dur et beau.
Mais tout beau qu’il soit, Elbowroom confirme une nette tendance de la sélection 2010 du FFCF à un cinéma sombre, mélancolique et social qui aura laissé peu de place à la légèreté et à l’humour. Bien sûr Crazy Lee et les KOFA FFCF Classiques auront pu remplir ce rôle, mais il semblait tout de même manquer de rupture de ton dans les films sélectionnés pour la compétition, contrairement à une édition 2009 où les films n’étaient peut-être pas d’une qualité supérieure mais offraient tout de même une plus grande diversité de genre, à l’image de Rough Cut, Viva ! Love ou Norwegian Woods, lorsque cette année, sortis des documentaires sociaux et des drames dopés au spleen, il n’y avait pas grand-chose.
Deux p’tits derniers avant la clôture : Elbowroom et Earth’s Women au FFCF 2010C’est pour cela qu’après Elbowroom, j’ai finalement opté pour Earth’s women plutôt que pour Quit your life. Je m’étais juré de voir tous les films en compétition, et celui-ci était le dernier qui me manquait. Je voulais m’assurer qu’il n’y avait décidément pas de comédie cette année parmi la sélection du FFCF. Évidemment, c’est dans ces moments-là qu’un film arrive pour contredire les conclusions de fin de festival, et que je me mets donc à rire. Eh oui, Earth’s women a beau être un documentaire social lui aussi (encore), mais ça n’empêche pas sa réalisatrice Kwon Woo-Jung de nous faire rire. Pour son deuxième long-métrage, Kwon a suivi pendant un an et demi trois femmes ayant choisi, après leurs études près de deux décennies plus tôt, de s’installer à la campagne et de devenir agricultrices. Si Earth’s Women n’est certainement pas le documentaire le plus abouti cinématographiquement, avec une structure et une approche plus classique que les autres documentaires, le film n’en est pas moins un triple portrait de femmes sachant se montrer savoureux.
La réalisatrice se penche sur leur passé, leur arrivée à la campagne des années plus tôt, leur adaptation, et le rôle que chacune d’elle joue aujourd’hui au sein de leur communauté. L’humour surgit constamment dans la première partie du film, avant de mettre en avant les luttes sociales et l’émotion d’une des femmes devenant brutalement veuve. Peut-être aurais-je moins apprécié Earth’s women si je l’avais vu en début de festival. Mais après tous ces films sombres et amers (tout en étant bons, voire très bons pour certains d’entre eux) qui ont composé les longs-métrages de la sélection 2010 du FFCF, cette petite bouffée d’air campagnarde m’a fait le plus grand bien. C’est bon, je suis prêt pour la clôture !
Deux p’tits derniers avant la clôture : Elbowroom et Earth’s Women au FFCF 2010Ah oui, et pour ceux qui ont compté et se disent que non, je n'ai pas vu tous les films de la sélection puisqu'ils n'ont vu nulle part trace d'un avis sur Sakwa, rassurez-vous, c'est juste que le film ne m'a pas inspiré le moins du monde l'envie d'écrire dessus. Ce faux triangle amoureux pas vraiment mauvais mais invraisemblablement long m'a laissé totalement insensible et mortellement ennuyé, à un degré tel que je ne voulais pas écrire la moindre ligne dessus. Et bien sûr maintenant c'est raté, voilà que je me suis mis à écrire dessus. Tant pis !

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