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[Avant-première] “Megamind” sans les gamins

Par Kub3

On ne peut pas plaire à tout le monde. Dans la course à la sophistication permettant de lire un film d’animation sur plusieurs niveaux, en fonction de votre âge et de vos références, Megamind semble avoir sauté le premier : celui des enfants.

[Avant-première] “Megamind” sans les gamins

Grillé. Après avoir échafaudé plan sur plan pour éliminer son adversaire en collants blancs, Megamind réussit finalement à réduire Metroman en poussière et fait main basse sur la ville. Mais l’extraterrestre bleu se rend bien vite compte qu’être le “méchant” de service n’a d’intérêt que si quelqu’un se donne la peine de vous combattre. Au fond du trou, il décide alors de se créer un nouvel ennemi.

Le scénario de Tom McGrath (Madagascar) repose sur le même ressort que beaucoup de films pour enfants actuels : une inversion de valeurs qui fait du “héros” un “méchant” raté (Moi, moche et méchant par exemple) ou un personnage d’apparence peu recommandable qui s’avère au final être un chic type (comme Shrek). L’histoire, pastiche de Superman, ne brille pas par son originalité mais tient néanmoins la route. Le tout est soutenu par une BO signée Hans Zimmer, malheureusement trop souvent parasitée par des titres fatigués d’ACDC et de Michael Jackson.

Mais c’est plutôt lorsque l’on se penche sur les personnages que les choses se gâtent. Malgré quelques seconds rôles plutôt réussis (comme le poisson/gorille “nounou” et le flou régnant autour de sa sexualité), il est dans l’ensemble assez difficile de s’identifier aux protagonistes. Exemple avec Hal. Ce cameraman rondouillard est désigné par Megamind pour devenir le nouveau héros à combattre, mais il finit par se transformer lui-même en être maléfique. Un bouleversement si vite expédié et si peu justifié que l’on peine à y croire. Il y a aussi Roxanne Ricci, la journaliste anorexique à gros seins. Sorte de Betty Boop du nouveau millénaire, son personnage n’attire aucune sympathie et n’est pas très éloigné de la Barbie journaliste que s’apprête à lancer Mattel.

On déplore donc un manque de travail psychologique sur les personnages, accentué par le choix hasardeux des voix françaises : pas sûr par exemple que Kad Merad, en dépit de son statut de star, ait été la meilleure option pour le personnage principal. Exception tout de même pour Franck Dubosc, qui prête avec succès sa voix de dragueur raté au bellâtre Metroman.

Rassurez-vous tout de même : on rit. En tout cas lorsque l’on a l’âge suffisant pour suivre les dialogues poussés parfois volontairement à la limite de l’absurde ainsi que les nombreuses références geek. Votre petit frère parviendra-t-il à suivre lorsque Hal porte des t-shirts “erreur 404″, joue à des jeux vidéos vintage et s’entraîne dans le réel comme dans la version arcade de Donkey Kong ? On vous parle d’un temps que les moins de vingt ans… bref.

Megamind est loin d’être un échec. En dépit des apparences, on sourit et l’on rit parfois franchement aux gags, mêmes inégaux. Cependant, lorsque la seule réaction qu’a votre voisin haut comme trois pommes est de demander à sa mère “c’est bientôt fini ? “, c’est qu’on a raté une marche.

megamind-affiche

Sortie le 15 décembre 2010

Photos : © Paramount Pictures France


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