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Ce blog a cinq ans et cela va continuer, si vous le voulez bien!

Par Citoyenhmida

Ce billet avait été mis en ligne le 18 novembre dernier mais pour des raisons que j’ignore, il était inaccessible.

Voilà exactement cinq ans que CITOYENHMIDA fraie avec  la blogoma.

L’aventure, commencée comme un jeu, s’est très vite métamorphosée un  véritable hobby, en passe-temps fort agréable et même utile et très  instructif.

Pourtant, cette expérience exaltante n’a pas connu  que des moments d’euphorie et de sérénité béate ; elle ne s’est pas déroulée  comme le cours d’un long fleuve tranquille.

Après bien des heurs et des déboires, je me suis rendu compte que je « blogais » différemment. Non pas par renoncement  à mon enthousiasme ou par reniement de  mes convictions, mais la forme et le choix des thèmes ont changé.

J’en suis venu peu à peu  à m’éloigner de la « ligne éditoriale » que  j’avais choisie en  me lançant dans la formidable aventure du bloging.

Au départ, cet espace était censé recueillir « les chroniques tenues par un marocain lambda qui regarde et commente ce qui se passe autour de lui ».

Ce blog se voulait, au départ, être  axé sur l’actualité, sur le moment présent et devait traduire mes réactions. Ces réactions ont été parfois immédiates ou même épidermiques.

Force est de constater que, avec le temps,  le marocain lambda que je suis regarde de moins en moins autour de lui et que forcément il commente de moins en moins l’actualité.

Pourquoi ?

L’actualité manque-t-elle d’intérêt ?

En tout cas, l’actualité nationale ne pose pas, sauf rares moments exceptionnels,  de problématique bien passionnante.

En dehors des batailles de chiffonniers entre politicards mercantilistes et avides de gain, en dehors de soporifiques interventions de ministres à la télévision, en dehors de saillies plus ou moins braillardes des gens du P.J.D., en dehors des gesticulations désordonnées de ceux du P.A.M., rien qui vaille la peine de s’impliquer.

Même les grosses affaires médiatiques, comme celles d’Amiatou et de Ould Salma, n’ont pas réussi à m’intéresser, tant le tapage fait autour était tonitruant pour  je le comprenne vraiment et je trouve ma place dans ce genre de situation.

Par ailleurs et  honnêtement,  je n’ai aucune envie de me joindre à la foule qui appelle aux mêmes combats et qui scande les mêmes slogans !

A titre d’exemple, je ne suis pas joint à ceux, qui à un moment donné, ont défendu les journaux et les journalistes. Cela m’a valu des attaques parfois blessantes. Je revendique ma position et je l’explique : les patrons de presse et leurs sbires sont assez grands pour se défendre! Ils exercent un métier difficile nécessitant compétence et sens des responsabilités.  Or, ces deux critères manquent cruellement à notre presse écrite.

Je n’ai non plus le goût, ni peut-être la patience, de participer à des joutes stériles autour de certaines idées : il est clairement établi que sur la toile marocaine, seuls se croient investis d’un rôle essentiel les dénonciateurs systématiques !

Il faut reconnaitre que dénoncer est bien plus aisé qu’agir, surtout quand on dénonce en vase clos : cela crée un petit courant de  vent chaud et donne l’impression d’avoir le vent en poupe ! Mais c’est juste une impression !

L’actualité étrangère n’est guère plus  excitante.

Sans  les élucubrations du premier israélien  Benjamin Netanyahu  ou  celles de son pendant iranien Mahmoud Ahmadinejad, elle serait bien monotone. Même les « burlosconneries » du premier ministre italien ou les « sarkozeries » du président français n’arrivent plus à pimenter cette actualité, tant elles sont devenues banales et habituelles.

Les quelques élections par-ci par-là, à travers le monde, faisant la preuve d’une montée de la droite pure et dure en Europe et celle d’un sursaut de la gauche en Amérique latine, nous intéressent bien peu, tellement les pays concernés sont loin de nous.

Tout cela ne doit me dédouaner d’un manque de réactivité certain ! Je n’ai plus le goût, ni peut-être l’énergie nécessaire, de réagir au quart de tour, au moindre événement ! Je me souviens avoir écrit des billets, avec les tripes,  dans la seconde qui a suivi la dépêche que j’ai lue ou entendue !

Je n’ai surtout plus d’intérêt ni de plaisir à débattre avec certains contradicteurs, qui campés sur leurs convictions aussi fermement que je le suis sur les miennes, me paraissent animés plus par le désir de « paraitre » que par celui de « penser ». Je peux me tromper ; j’espère me tromper !

Depuis cinq ans, les personnes qui s’arrêtent sur cet espace ont aussi beaucoup changé ! Parmi elles, j’ai cru reconnaitre des amis, j’ai décelé des détracteurs farouches et irréductibles, j’ai croisé des débatteurs d’une grande intelligence et aussi supporté un certain nombre d’insupportables fâcheux. Mais en fin de compte, je crois avoir réussi mon pari : avoir des lecteurs honnêtes.

D’un autre coté,  depuis quelques mois, un schisme semble avoir fissuré irrémédiablement la blogoma, qui s’est trouvée scindée en deux tendances.

D’autres groupes sociaux plus influents  et plus talentueux que les blogueurs, eux aussi habitués  avec  les idées et avec les mots, se sont affrontés, ont connu des animosités  et en sont sortis grandi, ou du moins ont participé à faire avancer le débat.

Malheureusement, nous les blogueurs marocains,  nous n’avons pas su gérer nos différences : chacun se replie derrière son égo et campe  sur ses positions, rejetant celui qui n’est pas du même bord comme un pestiféré.

Le dialogue entre les bloggeurs les plus anciens a disparu, tarissant ainsi l’élan que la blogoma avait connu il y a quelques années et qui en faisait l’une des plateforme les plus vivantes.

J’ai donc insensiblement glissé avers une autre forme de blogging, passant de celui de l’échange à celui du partage.

Durant l’année qui vient de s’écouler, j’ai préféré partager avec vous le plaisir que j’ai eu à lire certains livres ou la déception que m’en ont  inspirée d’autres.

J’ai partagé avec vous des moments de complicité intellectuelle ou tout simplement ludique.

J’ai partagé avec vous certains points de vue sur des problèmes de société, comme les festivals ou l’importance que les marocains donnent  au regard des étrangers.

L’occasion a fait que je me suis permis de vous faire part de certains moments qui ont compté dans ma vie personnelle.

Nous avons bien sûr parlé football, de la coupe du monde et Monsieur Gerest, l’entraineur fantôme des fantomatiques lions de l’Atlas.

Nous avons échangé, parfois avec virulence, nos conceptions de la démocratie ou du rôle des religions. Nous avons  bien sûr parlé de vous, mesdames, les femmes !

Nous avons eu à débattre de la presse ! Nous avons discuté de poésie, d’art,  d’humour et même des  langues arabe et française !

Et de bien d’autres sujets encore !

Tout cela nous éloigne  des préoccupations quotidiennes provoquées par l’actualité,  mais le plaisir de partager tout cela avec vous demeure toujours présent et bien réel !

J’espère qu’il est réciproque.

P.S. 1 : Je prends la ferme résolution de m’intéresser dans les mois à venir à la blogoma marocaine arabophone pour  tenter d’établir des ponts qui auraient dû toujours exister entre nous.

P.S. 2: Pour clore ce billet-bilan, je vous demande, à vous tous amis blogueurs et amies blogueuses, de méditer cette phrase de HICHAM, un membre de notre communauté : « Bloguer est fondamentalement positif. Affirmez vos individualités, partagez-les avec le monde, soyez authentique, exprimez vous en toute liberté car c’est dans vos individualités et vos différences que se situe la vérité du Maroc d’aujourd’hui. ».


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