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La Révolte des accents de Erik ORSENNA

Publié le 23 novembre 2010 par Melisende
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La Révolte des accents
de Erik ORSENNA

(Cadeau de Matilda,
DEAN - 267/220)
Le Livre de Poche,
2008, p. 122
Première Publication : 2007



  Erik Orsenna, de son véritable nom Erik Arnoult, est un romancier et académicien français, né le 22 mars 1947.

 
 

Les Autres Tomes sur la Grammaire :
- La Grammaire est une chanson douce -
- Les Chevaliers du subjonctif -

 

Résumé de quatrième de couverture :
     Depuis quelque temps, les accents grognaient. Ils se sentaient mal aimés, dédaignés, méprisés. A l'école, les enfants ne les utilisaient presque plus. Chaque fois que je croisais un accent dans la rue, un aigu, un grave, un circonflexe, il me menaçait.
   - Notre patience a des limites, grondait-il. Un jour, nous ferons la grève. Attention, notre nature n'est pas si douce qu'il y paraît. Nous pouvons causer de grands désordres.
  Je ne prenais pas les accents au sérieux. J'avais tort.

Avis personnel :

   Entre deux tomes de La Quête d’Ewilan, j’avais envie de lire autre chose, mais j’ai préféré choisir un titre court et léger ; c’était juste histoire de faire une pause entre deux tomes pour ne pas me mélanger les pinceaux. J’ai donc choisi La Révolte des accents de Erik Orsenna, qui dormait tranquillement dans ma PAL depuis quelques mois. Je remercie ma très chère Matilda qui m’a envoyé ce titre parce que, je la cite, elle a « préféré les derniers volumes de cette série aux premiers » et s’est dit que je « serais curieuse de les lire à mon tour » ! La Révolte des accents est le troisième « tome » écrit par le Monsieur de l’Académie française (c’est important, apparemment, car écrit sur chaque couverture !) sur le thème de la grammaire. J’avais adoré le premier (La Grammaire est une chanson douce) et avais été déçue par le second (Les Chevaliers du subjonctif). Celui-ci est meilleur que le précédent, à mon goût, mais reste tout de même assez loin du tout premier ! Si l’idée de départ est très bonne, je trouve le développement un peu approximatif et la fin, particulièrement bancale ! Dommage, dommage !
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Jeanne a finalement trouvé un petit travail d’été, grâce à sa vue exceptionnelle : elle doit prévenir le capitaine si des pirates s’approchent de l’île avec l’intention de passer à l’attaque ! Loin des voyages en mer dont elle avait rêvé, la demoiselle se retrouve coincée en haut d’un phare à observer une mer complètement déserte ! Un jour, un navire transportant des comédiens accoste, une représentation de Roméo et Juliette s’en suit, à laquelle Jeanne ne peut assister que perchée en haut de son poste d’observation : le devoir avant tout, elle ne doit pas négliger son travail ! Le lendemain, plusieurs heures après le lever du soleil, alors que les habitants émergent difficilement de leurs rêves, la marchande sonne l’alarme : tous ses épices ont disparu ! Mais ce n’est pas tout, au fil de la journée, une autre absence vient à se faire ressentir : celle des accents ! Jeanne se lance à la recherche de tout ce petit monde (ainsi que de son frère, Tom), parti à l’aventure sur le bateau des comédiens et là voilà qui se retrouve… en Inde !
   Comme les deux tomes précédents, cet opus est relativement court (à peine 120 pages) et se lit donc très très très rapidement (même pas une heure, si je me souviens bien). Je n’arrive pas à dire si j’ai apprécié ou non cette brièveté. Un texte plus long aurait peut-être apporté un meilleur développement, mais aurait peut-être été ennuyeux au bout du compte ? De même, je ne sais pas vraiment comment classer ce livre : roman « contemporain », plutôt pour la « jeunesse » ? Difficile à dire. Grâce à un style très imagé et très poétique, les plus jeunes pourront facilement se représenter les choses et comprendront enfin à quoi servent ces petits accents qui les embêtent tant lors des dictées ! Dialogues et descriptions sont souvent décalés et loufoques ; ce qui apporte un peu d’humour à l’ensemble. De mon côté (et donc du côté des adultes, enfin je crois !), je suis un peu déçue. J’aime assez ce côté très frais, coloré, joyeux, exubérant,… mais il me manque un petit quelque chose pour que je sois séduite et pour que cette histoire me reste en tête. C’est indéniable, la magie du premier tome n’est plus présente ici, et elle me manque !
   Voilà une histoire qui s’annonçait assez mystérieuse, loufoque et colorée ! J’ai particulièrement aimé les premières pages et tout ce qui touchait à l’explication de la présence d’accent dans les langues (d’ailleurs, on apprend, au passage, quelques accents rares) ; mais j’ai assez vite déchanté. En effet, je trouve que Erik Orsenna n’a pas vraiment utilisé son idée de départ qui avait pourtant du potentiel. Tout part un peu dans tous les sens et j’ai même du mal à parler de cette lecture, seulement quelques jours après l’avoir terminée. Et c’est sans compter sur le dénouement, particulièrement rapide (deux ou trois pages)… et je le dis, l’histoire finit en queue de poisson !
   En revanche, j’aime assez le fait que l’intrigue prenne place dans un espace/temps un peu vague. On débute sur une île (dans un phare), on ne sait où, on ne sait quand et on voyage jusqu’en Inde (en haut d’une montagne). La chronologie et la géographie sont peu abordées, mal définies (j’ai simplement retenu que Jeanne reste un mois en haut de son phare avant que le bateau transportant les comédiens apparaisse) mais laisse place au plus important : l’imagination. L’ensemble reste atemporel, un peu comme les contes de fées et peuvent ainsi parler au plus grand monde.
   Du côté des personnages, on retrouve Jeanne et son frère (qu’on avait déjà rencontrés dans les deux tomes précédents) et tout un panel de personnages hauts en couleurs. Avouons tout de même que l’ensemble est exagéré et même un peu caricatural ; mais après tout, les figures desservent bien l’histoire dans laquelle elles évoluent.
   Le gros point positif de ce troisième volume (et des précédents) réside dans les illustrations. Celles-ci sont très nombreuses et placées un peu partout (en pleine page ou plus ponctuellement autour d’un paragraphe). Elles sont très colorées, très vives et oscillent entre la photographie et le dessin ; c’est très joli à parcourir et illustre parfaitement le texte avoisinant ! En revanche, elles prennent vraiment beaucoup de place et on se rend alors compte que le texte est encore plus court que ce qu’il paraissait au premier abord !
   En bref. Erik Orsenna nous offre à nouveau un texte poétique et coloré pour nous expliquer un point de la grammaire française. C’est un bon moyen pour les plus jeunes, de découvrir la nécessité des accents, tout en s’amusant. Les lecteurs plus aguerris apprécieront les belles illustrations mais regretteront que le texte soit si court et si « brouillon »… Les tomes suivants sont-ils meilleurs ?

Les Petits [+] :Une façon poétique, imagée, colorée, d’apprendre (aux plus jeunes) à quoi servent les accents. Erik Orsenna nous offre même quelques accents rares avec leurs explications, de quoi calmer un peu notre curiosité ! Des illustrations superbes (entre le dessin et la photographie) et nombreuses (peut-être trop, justement ?). Un texte court, facile à lire.

Les Petits [-] :Une idée de départ trop peu exploitée, noyée sous pas mal de digressions. On se rend compte rapidement que le texte est vraiment très court, et qu’il est à son tour noyé sous les illustrations ! De la poésie, des couleurs, de la fraîcheur ; mais ce n’est pas suffisant, la magie du départ (du premier tome) n’est plus…

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