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Le patriotisme est-il devevenu ringard?

Publié le 06 décembre 2010 par Citoyenhmida

Il m’arrive de me demander  parfois si les notions de  « patrie »,  « patriotisme » et « patriote » ont encore un sens par les temps qui courent.

Et les derniers événements qui ont occupé le devant de l’actualité ont encore ravivé ce sentiment.

Pourtant, ces valeurs représentaient bien quelque chose, il n’y a pas si longtemps.

On pouvait dire que l’on aimait son pays, sans avoir l’air ringard, ou pire  sans passer pour le valet du pouvoir en place.

Ces vocables ont bien un sens, ils se rattachent bien à une réalité  qui objectivement  n’a pas changé.

La patrie, d’après l’acception généralement admise,  est  « le pays des pères ». Rien n’a changé à ce niveau depuis ces dernières années, que je sache. Nos pères n’ont pas changé, le pays n’a pas changé : alors pourquoi a-t-on un peu de gêne à dire que l’on aime son pays !

Sans aller puiser des définitions tarabiscotées dans des ouvrages incompréhensibles pour le commun des mortels, on peut s’accorder sur le fait que la patrie est le  « pays de la communauté politique à laquelle on appartient (par la naissance ou par un attachement particulier) et dont l’histoire, la langue, la culture, les traditions, les habitudes de vie nous sont chères ».

La patrie n’a donc rien à voir avec le régime en place, ni avec les dirigeants du moment, ni les partis qui sont sensés représenter le peuple et l’encadrer, ni le gouvernement qui gère le pays.

On peut très bien ne pas être d’accord avec le régime politique en place, estimer qu’il est trop autoritaire ou trop centralisateur, ne pas partager les mêmes idées que les équipes qui gèrent le pays ! On peut aussi trouver que l’on accorde trop d’importance à tel secteur plutôt qu’à tel autre !  Que sais-je encore ? Il peut y avoir une pléthore de raisons de ne pas avoir confiance dans les dirigeants du pays !On peut aussi trouver l’hymne de son pays incompréhensible ou totalement anachronique, et l’entonner sans état d’âme quand le pays le demande!

Mais peut-on dire que l’on n’éprouve  aucun amour pour son pays ?

Comment donc s’exprime cet amour pour son pays ? Si le terme de « amour » parait trop fort,   « patriotisme » devrait faire l’affaire.

Le patriotisme représente un attachement profond et un dévouement à la patrie.  Cet attachement et ce dévouement se manifestent bien sûr par une série d’actions sur le plan interne mais aussi par la volonté de défendre la patrie en cas d’agression extérieure.

Je suppose que dans le contexte actuel qui prédomine – mondialisation, migration des populations, généralisation des nationalités multiples, disparition de certaines  frontières traditionnelles  d’une part et d’autre part apparition de nouvelles frontières bien réelles, voire de murs – la notion de « patrie » est un peu dévoyée. On peut dire  un peu dévaluée ou simplement oubliée.

Je comprends que des jeunes qui ont lu et cru comprendre certains auteurs étrangers peuvent s’égarer dans un galimatias qui a peut-être un sens dans des circonstances historiques précises.

Ainsi, Michel Houellebecq, français exilé en Irlande, a pu déclarer : « Je ne suis pas un citoyen et je ne veux pas le devenir. Le devoir par rapport à son pays, çà n’existe pas. Je ne sens aucun devoir à l’égard de la France. Pur moi, elle est un hôtel, rien de plus ».

Mais pour un citoyen lambda vivant son pays natal, n’ayant jamais eu l’intention de quitter ce pays, pour mille et cent  raisons, toutes aussi valables les unes que les autres, un citoyen qui est conscient d’appartenir à une communauté, dont il partage les heurs et les malheurs, les espoirs et les déceptions, les  frustrations et les exaltations, une telle affirmation n’a pas de sens !

Sans tomber dans un nationalisme qui enferme le peuple sur soi-même ou dans un chauvinisme qui n’est que l’expression d’un sentiment infondé de supériorité ridicule, tout citoyen est en droit d’exprimer son amour pour son pays, pour le sol sur lequel il vit et les gens au milieu desquels il évolue. En gardant intactes bien sûr ses capacités de critique et pourquoi pas d’agressivité envers  tout ce qui porter atteinte à son pays et à ce qui le symbolise, quelque soit l’origine de ces atteintes.

Est-ce ringard ? Soit, alors soyons ringards !


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