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“Machete”, déluge kitsch

Par Kub3

Trois ans après

Trois ans après Planète Terreur, Robert Rodriguez revient avec Machete, sanguinolent mélange d’action et de comédie aux allures de série B. Oscillant entre violence et second degré, le film se veut un exercice parodique ou rien n’est pris au sérieux. Mais la pilule ne passe pas toujours. Et la déception est au rendez-vous

“Machete”, déluge kitsch

A la manière de Tarantino, Machete fait un clin d’œil au cinéma bis des années 70 et tente d’en reproduire l’esprit. Optant pour un visuel à l’ancienne (couleurs saturées, grain d’image grossier…), le film caricature à outrance et avec humour les personnages (on pense inévitablement au Boulevard de la Mort). Simple histoire de rédemption où s’affrontent deux clans, le scénario se révèle plutôt creux et manichéen à souhait : Machete, ancien agent fédéral, se réfugie au Texas après un affrontement musclé contre Torrez, un puissant baron de la drogue. Désigné pour porter le chapeau d’un assassinat politique, il décide de dénoncer la corruption ambiante. Il en profite alors pour se venger…

Mêlant fusillades sanglantes et extravagances visuelles, le film revêt à première vue toutes les caractéristiques d’un genre cinématographique désormais démodé : la série B fauchée. Seulement ici, malgré le budget conséquent de Robert Rodriguez, la réalisation et les répliques ne sauvent pas la faiblesse scénaristique du film tandis que les dialogues manquent de piquant.

Face à une histoire somme toute conventionnelle, pas à la hauteur de la bande-annonce, on reste constamment dans l’attente d’une surprise, d’un rebondissement inespéré. Quant aux cascades gores et autres têtes tranchées, elles ne suffisent pas à masquer le manque cruel de rythme et l’ennui qui gagne peu à peu. Ne subsistent alors que quelques rares scènes jubilatoires (notamment De Niro en xénophobe qui fait sa pub…) et une bonne dose d’autodérision. Mais la recette ne marche pas : le talent de Tarantino est bien loin…

Heureusement, les acteurs (totalement déjantés pour certains) parviennent tant bien que mal à remonter le niveau, ce qui sauve véritablement le film. Au programme : Robert De Niro en politicien d’extrême droite, Steven Seagal en magnat de la drogue, et évidemment Danny Trejo, le mexicain taciturne qui incarne l’indomptable Machete (à prononcer “ma-tché-té”). Le tout couronné par un casting des plus affriolants, parmi lequel le trio Michelle Rodriguez, Jessica Alba et Lindsay Lohan.

Certes rattaché à la réalité politique de l’immigration aux USA, Machete est avant tout un déluge de kitsch. Une plaisante farce à considérer comme un simple délire potache, fait pour s’amuser entre amis autour d’un cornet de popcorns.

“Machete”, déluge kitsch

En salles le 6 décembre 2010

Crédits photos : © Sony Pictures Releasing France


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