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Test de GoldenEye 007 sur Wii

Publié le 11 décembre 2010 par Livegen
Test de GoldenEye 007 sur Wii

Treize ans et quelques jeux James Bond moyens plus tard, le mythique GoldenEye 007 revient sur le devant de la scène. La dance est cette fois-ci menée par Eurocom, sous le joug d'Activision et de Nintendo, avec la promesse de sortir enfin une digne suite à l'exploit réalisé par Rare. Mais les temps ont bien changés, que pourrait bien donner un titre Nintendo 64 sur Wii ? Le pari est en effet audacieux. Electronic Arts a déjà essayé de sortir un jeu Bond qui fasse honneur au premier et s'est même servi, sans plus de succès, du nom GoldenEye, aussi s'agissait-il de ne pas rater le tir. La couleur est vite donnée, l'édition 2010 de GoldenEye 007 ne sera pas un simple wiimake du précédent mais une version retravaillée. Cela commence avec le scénario, continue sur le style graphique et se termine avec le gameplay, Eurocom n'a pas chômé cette année.
GoldenEye... troisième ! [Clap !]
En enquêtant sur une livraison d'armes pour le compte de l'organisation Janus, Bond découvre un complot orchestré par le général russe Ouromov pour s'emparer du fameux satellite de défense GoldenEye (et accessoirement s'assurer une retraite dorée). Le MI6 devra également prendre en compte un pion inattendu sur l'échiquier et 007 sera bien entendu le seul agent capable de contrer les plans de Janus. Pour sauver l'Angleterre comme ils disent, vous commencerez par un petit didacticiel afin de vous familiariser avec les nombreuses commandes, dont les petites astuces de tirs et de déplacement. C'est également l'occasion de jouer dans les configurations pour ajuster votre visée ou la configuration des boutons. La jouabilité reste à votre convenance, GoldenEye 007 étant exclusif à la Wii, nous n'échapperons donc pas au combo Wiimote/Nunchuck. Mais son prédécesseur étant jouable au pad 64, Eurocom a également misé sur les manettes Classic et Gamecube. De l'un à l'autre, attendez-vous à un sacré fossé, mais il est tout de même conseillé d'essayer les deux périphériques, dont on décrira les possibilités plus tard. Passé ce petit intermède, vous entrez dans le vif du sujet.

Test de GoldenEye 007 sur Wii
Test de GoldenEye 007 sur Wii
Test de GoldenEye 007 sur Wii

Le Tour du Monde en 80 heures
Avant chaque mission, M et le dévoué assistant Tanner (made in Quantum of Solace) vous briefe sur les objectifs et l'avancement de l'enquête. Vous êtes ensuite livré à vous-même, avec pour seuls amis votre P99 et votre téléphone portable High Tech, au début du niveau. Mais vous serez amené à communiquer avec le MI6 ou votre équipier 006 à plusieurs reprises, tout comme dans les films. Durant l'aventure, comme à son habitude, Bond fera le tour du globe, on peut citer parmi ses escales le Kazakhstan, la Russie, les Indes, l'Espagne ou encore l'Afrique. La plupart de ces environnements nécessiteront plusieurs missions pour être complètement "visités". Les lieux à explorer sont d'ailleurs très divers : barrage, bunkers, jungle, laboratoires, égouts, aéroport, bateau-mouche, boite de nuit, parc naturel, chemins montagneux et j'en passe. Ils sont également conséquents en termes de taille, il n'est donc pas rare de prendre une demi-heure, voire 3/4 d'heure, pour atteindre l'objectif principal, du moins la première fois. Heureusement, pour les plus pressés, un petit guide sur l'écran vous indique la direction à prendre pour arriver à bon port, mais n'inclut pas les objectifs secondaires. Il faut cependant noter que l'exploration est très linéaire, même s'il est permis de retourner en arrière, et que se perdre est donc quasi-impossible. L'ambiance quant à elle, fait clairement penser aux films, avec des sonorités et morceaux "bondesques" très reconnaissables, joués en fonction de la situation. Un exemple lorsqu'un garde soupçonne la présence d'un intrus, il se fait entendre pendant quelques secondes - ou non justement - un silence pesant du style "Il y a quelque chose qui cloche..." très propice à la liquidation de ce garde trop curieux. Autrement, la musique techno se met en route et c'est le feu d'artifice ! On regrette cependant que le doublage des voix n'ait pas suivi le même chemin. Si les doubleurs de M et de Tanner sont présents, celui de Daniel Craig est hélas porté disparu, de plus les dialogues manquent un peu de piquant et on va toujours droit au but tout de suite, sans grand suspense.
Liste des courses à faire
S'il suffit généralement d'avancer pour terminer le niveau, il faudra heureusement résoudre certains casse-têtes, comme déverrouiller une porte, activer des consoles ou détruire un hélico blindé à coups de Sol-Air par exemple. Les objectifs supplémentaires (en accord avec la difficulté choisie) sont d'ailleurs très variés, il faudra vous assurez de ne laisser aucune trace de votre passage (effacer des vidéos, pirater des ordinateurs, détruire des installations sensibles) tout en récoltant certaines informations (prendre des photos, voler des documents, débusquer des marchandises, etc). Cela nécessite dès lors d'explorer les moindres recoins de l'infrastructure, ce qui est facilité par la carte en bas à droite de l'écran et le téléphone. Ce dernier permet notamment de détecter les ordinateurs, relais ou machines clés et ainsi que de reprogrammer les mitrailleuses, pirater les réseaux Wifi, agir en transpondeur ou prendre des photos HD. Petit plus : Bond peut même téléphoner avec (si si).
Pour ce qui est de la carte elle-même, une petite étude permet d'infiltrer plus efficacement une zone que d'entrer par la porte. Car même si la structure de base du niveau n'est guère complexe, les décors ou la faible luminosité fait qu'on loupe souvent des "passages secrets". De plus, les niveaux sont bien fournis en contenu et sont assez détaillés pour la plupart, on peut même apprécier une certaine profondeur de champs en étant en hauteur, surtout en zone ouverte. On notera tout de même quelques traits grossiers dans les textures et un petit côté carré dans le design (on soupçonne même quelques jpegs), sans doute pour rappeler le premier GoldenEye sur 64 (ou alors juste un manque de finition ?). Cela dit, petite mention spéciale à la météo et à la modélisation des personnages, même si l'on regrettera une carence comportementale chez les figurants.
"On demande un tireur d'élite en caisse 3"
Après le fond, la forme. Comme dit plus haut, vous êtes libre de choisir d'incarner Daniel Craig à la manette ou au duo Wiimote/Nunchuk (possibilité de trio avec le Zapper). Commençons avec le duo, parce qu'il semble incontournable dans le genre. Eurocom propose moult schémas pré-enregistrés mais ne nous offre, hélas, pas le choix d'affecter chaque action à un bouton précis comme dans The Conduit. Grosso modo, les commandes sont celles attendues d'un FPS : changement d'arme, tir, recharge, se baisser et visée directe. Ajoutez à cela la possibilité de sprinter, de scanner une zone avec le téléphone ou de lancer une grenade, tous les boutons sont donc pris. Les capacités de reconnaissance de mouvement sont utilisées de manière très ponctuelle (maitriser un ennemi, se battre, ouvrir des portes, répondre au téléphone, appeler l'ascenseur, etc). Comme d'habitude, les zones mortes de l'écran servent à l'orientation et le joystick au déplacement. Il n'est pas possible de locker une cible à proprement parler, mais Eurocom propose quelque chose de mieux, à savoir la visée directe comme si vous teniez l'arme devant votre œil. La précision devient alors bien meilleure, surtout pour les armes longue portée. Mais wiimote oblige, sortir du champ infrarouge de la sensor bar ne pardonnera pas.
Pour ce qui est de l'usage des manettes, là, c'est un peu plus simple. Les deux joysticks sont mis à contribution, l'un pour le déplacement, l'autre pour la visée et le reste des boutons dépend du choix de la configuration. La gâchette sera néanmoins attitrée à L ou R, les deux pouces étant occupés au déplacement. Notez que la précision des joysticks peut être réglée dans les options, mais avec le pad, l'orientation et la visée sont évidemment plus rapides. On ne saurait cependant conseiller spécifiquement la manette Classic ou la GC (joystick et croix gauches inversés), cela ne dépend que de vous.

Test de GoldenEye 007 sur Wii
Test de GoldenEye 007 sur Wii
Test de GoldenEye 007 sur Wii

On ne meurt que deux fois, voire trois... (ah bon plus ?)
Selon le mode de difficulté (difficulté qui se veut croissante dans tous les cas), la visée peut être assistée, c'est-à-dire semi-automatique. Si le réticule est proche d'une cible, Bond pointera direct l'objectif, désigné par un cadre rouge. Pour les débutants et le flingage rapide, c'est l'idéal (et ça rappellera des souvenirs). Autrement, il faudra se fier à la précision de l'arme, symbolisée par la taille du réticule, et votre savoir-faire. En revanche, dans toutes les configurations de manette et de difficulté possibles, on regrettera de ne pas pouvoir se retourner rapidement et autrement qu'en visant un coté de l'écran. Fort heureusement, dans les trois premiers degrés de difficulté sur cinq, la santé de Bond se régénère en restant immobile, ce qui permet d'encaisser ce genre de dégâts sans trop rechigner. A titre d'indicateur plus ou moins discret, l'écran devient de plus en plus rouge au fur et à mesure qu'on vous maltraite, et tant que le sang ne coule pas sur la TV, vous êtes encore capable de vous défendre. Pour la difficulté Classic 007 et en Contre la Montre, on retrouve la jauge de santé old-school et des gilets pare-balle. Et si jamais l'impensable devait se produire, vous reprendrez au dernier check point et non au tout début de la mission. Un plus qu'on appréciera beaucoup, surtout si l'on réalise que l'on vient de manquer un objectif. Mais grosso modo, vous recommencerez une mission au moins deux fois, ne serait-ce que pour débloquer la difficulté la plus élevée, indisponible de base, ou reconnaitre les lieux.
Marché d'armes d'occasion
On le sait depuis le temps, le MI6 est pauvre et ne peut fournir qu'un misérable pistolet (en l'occurrence le P99) à notre héros national. Par chance, le marché de l'occasion se porte bien et Bond peut obtenir les armes et munitions de ses victimes gratuitement. Hélas, 007 ne peut porter que deux armes supplémentaires, aussi faudra-t-il choisir judicieusement (ou pas) vos compagnons. On passera sur les détails, mais une vingtaine d'armes à feu est à votre disposition, avec des déclinaisons munies de viseurs améliorés, de laser ou de silencieux. Tout y passe : fusil à pompe, automatique, fusil sniper, tir rapide, lance-roquette, on regrettera par contre de ne pouvoir en tenir qu'une à la fois, les fans me comprendront. Utiliser le silencieux est vivement conseillé car les gardes tendent sacrément l'oreille, vous pouvez d'ailleurs en équiper votre P99 à tout moment.
Et en parlant des gardes, coté IA, Eurocom a bien travaillé. Le moindre pas ou bruit de trop peut en effet vous faire repérer (ce qui surprend toujours). Pour pallier à l'alerte rouge occasionnée, Bond peut se glisser derrière les victimes pour les supprimer sans attirer l'attention. Cela évidemment après avoir détruit les caméras de surveillance, déréglé les mitrailleuses et emprunté les conduits d'aération. Sinon, si vous êtes du genre rentre-dedans, sachez que vous disposez de moins de 3 secondes pour supprimer un homme seul ou un groupe, avant qu'un ne donne l'alarme. Bien qu'à force, on arrive à intégrer les habitudes des gardes, on est parfois pris au dépourvu, dans le bon sens comme dans le mauvais. Enfin, vous disposez parfois de séquences d'intrusion dans une pièce, la scène se passe alors au ralenti et laisse d'avantage de temps à la visée pour supprimer les bonnes personnes sans faire de dégâts. A la fois sympathique et très Bond.
Petits meurtres entre amis
Les missions solos vous occuperont un certain temps, cependant il nous est strictement impossible de prédire combien de temps vous perdrez en multijoueur. En effet, Eurocom propose des affrontements en local et en ligne avec une multitude de modes de jeux et d'options. Pour commencer, il faudra déjà choisir votre protagoniste dans une liste longue de 50 noms (que du beau monde made in Ian Fleming) et sélectionner votre équipement de base. Même si les 10 arènes disponibles contiennent évidemment de quoi faire sauter deux fois la planète, vous aurez le loisir de posséder dès le début vos armes favorites, à condition de les avoir débloquées. Il n'y a grosso modo pas de différences entre le multi local et online, si ce n'est le nombre de participants doublé et le gain d'expérience. Cette dernière variable, calculée sur votre score à chaque partie en ligne, permettra de débloquer d'avantage d'équipements et de modes de jeu. Un bon point à la stabilité et la fluidité du online.
On prendra bien conscience que la précision et l'habileté du joueur prime sur le reste, mais avec un panel d'armes pareil - surtout quand c'est gros et que ça explose -on comptera également avec le traditionnel grain de folie ravageuse. Inutile de dire qu'on passe de bons moments à se tirer dessus, encore plus entre amis. Mais aussi bon soyez-vous (genre vous planquer dans un coin en attendant que ça se passe ou foncer dans le tas à la Schwarzy), il y aura toujours quelqu'un pour vous tirer dans le dos (car jouer constamment dos au mur ne marche pas tellement en fait...). Et tomber nez à nez avec un adversaire profite plus souvent à un troisième larron qu'à vous-même. Bref, que du bon, mais on notera quand même l'impossibilité d'héberger des salons privés comme sur Mario Kart.

Test de GoldenEye 007 sur Wii
Test de GoldenEye 007 sur Wii

GoldenEye 64 Vs GoldenEye Wii
Un petit comparatif pour finir, car on en peut décemment pas utiliser le même titre et passer à côté du jeu original. Alors bien sûr le contexte est très différent (13 années d’histoire) mais l’un comme l’autre sait se défendre. Lors de l’annonce de l’opus Wii, Activision avait infirmé les rumeurs du simple Wiimake et de ce fait annonçait un scénario retravaillé et ce par l’auteur même du film GoldenEye. Résultat des courses, seuls la description des personnages et les lieux sont différents, le scénario de base est quant à lui intact : meurtre de 006 en direct, le vol de l’hélicoptère blindé, la poursuite d’Ouromov, les escapades de Bond et Nathalia, la bataille finale très en hauteur, etc. Cela va d’ailleurs même jusque dans les dialogues avec des clins d’yeux réguliers (mais plaisants). Bref, nous sommes en terrain très connu même si certains objectifs sont inédits. Pour ce qui est du gameplay, on retrouve effectivement les sensations passées, notamment dans les premiers degrés de difficultés avec la visée semi-automatique. On regrette cependant de ne pouvoir trimbaler ici que trois armes contre « une infinité » pour la version 64. Si l’on aimait jouer avec les gadgets dans le premier volet, on aimera aussi manipuler le portable High Tech de Bond. Certes les usages sont assez différents mais on s’y fait vite et on y prend goût. Enfin, notons quand même que la prise en main est moins aisée qu’à l’époque, autre console, autre pad, autre mœurs (« l’évolution Morphéus, l’évolution »).
On remarque une différence sur le level design. Dans GoldenEye 64, l’ensemble était assez ouvert et permettait de mener sa mission comme on l’entendait, c’est-à-dire sans nécessaire remplir les objectifs dans l’ordre. L’édition Wii fait plus dans la linéarité, mais c’est un passage obligé quand on conçoit des environnements plus vastes. S’il est souvent possible de faire marche arrière, globalement on avance, non sans mal (L'IA a bien évoluée !), mais on avance. Heureusement, contrairement à son grand frère, on peut compter sur des checkpoints avec l’opus Wii, ce qui dispense de recommencer la mission du début. Dans le même ordre d’idée, on apprécie ici le fait que Bond peut se "régénérer" dans les premiers degrés de difficultés, car l’édition 2010 est moins facile à berner que l’opus 1997. Enfin, venons-en au multi, qui était plus que mémorable à l’époque à 4 devant la TV. Même limité par le hardware, le jeu comptait pas mal de paramètres et de modes différents. Heureusement, Eurocom a gardé la recette et l’a même agrémentée avec un mode en ligne à 8 joueurs et un système d’exp permettant de débloquer plus de modes et plus d’armes, ce qui encourage d’autant à jouer. Bref, il aura fallu une décennie mais on a enfin relancé Bond dans la course !


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