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L’orphelinat

Publié le 15 janvier 2008 par Epicure

L'orphelinat

J’ai vu L’orphelinat aujourd’hui, un film de maison hantée produit par Guillermo Del Toro, le même qui a fait le très bon Labyrinthe de Pan l’an dernier. Rotten Tomatoes a quand même compilé une note de 83% pour ce film, ce qui n’est pas rien. Alors j’étais crinqué.

Et puis? Le film est bien fait. Les effets-chocs sont nombreux mais pas trop cheap, l’interprétation est top, les images sont soignées, le suspense est maintenu jusqu’à la fin. Pourtant, je suis sorti de la salle avec une impression négative. Pourquoi? J’ai alors catché.

C’est bourré de clichés.

Je me suis rendu compte que, sous des apparences de film hors normes, ce film joue à fond la formule film-d’horreur-pour-plaire-a-la-masse et se différencie peu des autres films de ce genre. Pour votre bon plaisir, j’ai fait une énumération des clichés qu’on y retrouve. ATTENTION! Si vous planifiez de voir le film, y a peut-être des trucs un peu trop révélateurs ci-dessous.

Ça prend une grosse maison.
Ben oui. Un manoir ou une villa, de préférence. Avez-vous déjà vu un bungalow hanté? Ou un appartement?

La grosse maison doit être au milieu de nulle part.
Poltergeist et Amytiville Horror nous ont déjà fait le coup d’une maison hantée en plein quartier résidentiel, mais y a rien comme une grosse maison en pleine campagne, à deux heures de toute civilisation.

Ça prend un ti-cul pour contacter les pas-fins.
Les fantômes y sont gentils avec les mômes au début de l’histoire. Le ti-cul est toujours le premier à voir quelque chose. Quand il en parle à ses parents, ils ne le croient jamais.

- Maman! Y a un monsieur sous mon lit! Il parle en langues et il a de la bile jaune partout sur son chandail!
- Ah ah! Petit coquin. Allons voir (évidemment, il n’y a rien). Tu vois? Il n’est pas là.
- Mais je te le dis qu’il était là!
- Allons, petit chenapan. Fais pas chier Maman quand c’est Oprah à la téloche.

Les pas fins, c’est souvent des enfants qu’on entend chiâler ou rire.
Qui a décidé un jour que ce serait épeurant d’entendre des rires d’enfants dans le noir? C’est rendu trop facile.

La mère est plus hot que le père.
La mère est toujours la première à se rendre compte que ça va pas. Pourquoi? Car ce sont des enfants qui sont pas fins et ça atteint leur instinct de mère. C’est fort l’instinct de mère. Alors la mère embarque dans le bad-trip du mioche,

Le père a un ongle incarné dans le cerveau.
Très souvent, le père ne voit jamais rien.

- Chéri! Tryphon avait raison! Il y a des enfants qui se cachent dans cette maison!
- Ben voyons. Tu dis des sottises. Laisse-moi lire mon journal.

Les épeurants n’étaient pas épeurants. Ils essayaient de communiquer leur souffrance.
Pendant 100 minutes, ils nous foutent une trouille pas possible. Puis soudainement la vérité éclate : ils sont gentils mais ils n’étaient pas en paix! C’est tout! Z’auriez pas pu le dire plus tôt au lieu de rire et de chiâler?

Bref, j’en ai mon truck des films d’horreur sur fond moumoune. Je soupçonne M. Night Shyamalamannmanlaman pis son 6e Sens d’avoir déclenché ce mouvement. Pour ma part, vive The Exorcist! Vive The Descent! Vive le film d’horreur horrifiant jusqu’à la fin! Et surtout, cliché-less. À ce titre, L’orphelinat n’a vraiment pas fait la job.


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