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Le Narcisse noir

Par Gicquel
« Les films de Michael Powell et Emeric Pressburger sont grandioses, poétiques, remplis de sagesse, d’aventure et d’obstination, en extase devant la beauté, qu’elle soit naturelle ou recréée, profondément romantiques mais pourtant dépourvus de tout compromis. »  Martin Scorsese Si je vous donne en préambule cet avis très autorisé d’un grand réalisateur, c’est que quelque chose m’a échappé. Loin d’un navet, « Le Narcisse noir» n’est pas non plus à mes yeux le chef d’œuvre tant vanté. Et le nom de Powell ne suffit pas non plus,  me semble-t-il à tout accepter, même en accordant  à l’affaire, l’excuse des années . Bien des films tournés au milieu du XX è siècle tiennent encore la dragée haute à certaines réalisations contemporaines. « Le Narcisse noir» n’en fait pas partie . Pour plusieurs raisons, la première étant que  les deux réalisateurs ne sont pas à la hauteur d’un sujet béton , plusieurs fois expriméspar le septième art. A savoir les vertiges de la passion au cœur de communautés particulières . Où l’interdit se joint au plaisir . Comme dans  cette congrégation de religieuses britanniques oeuvrant dans un ancien harem situé sur les contreforts de l’Himalaya. Le vent souffle  en permanence , l’isolement est total et la seule personne à qui les nonnes peuvent se confier est un agent anglais , insupportable aux yeux de la sœur supérieure Clodagh . Mais l’homme , malgré sa conduite effectivement grossière et dissolue ,ne laisse personne indifférent . Voyez le canevas sur lequel Powel et Pressburger tisse une gentille histoire qui bien sûr va se gâter, mais tardivement et sans réelle surprise. Tous les ressorts psychologiques , les tensions et les troubles passionnels ressentis se figent dans une platitude ronronnante que les dialogues sans relief ne font qu’accentuer . Il reste de très belles images , un décor grandiose ( tout a été tourné en studio, belle prouesse ) et des plans qui à l’époque commence à flirter avec le Tchnicolor.La splendeur du Narcisse noir doit beaucoup à l’extraordinaire sens artistique et chromatique du directeur de la photographie Jack Cardiff. À l’époque, Cardiff est l’un des rares opérateurs européens à avoir été formés pour le Technicolor.Il s’inspire des grands maîtres de la peinture,C’est personnellement ce que je retiens de cette oeuvre , qui se laisse voir sans trouble ni passion. Tout ce qui lui manque . Un roman « exotique et érotique » « Le Narcisse noir » est adapté d’un roman britannique populaire écrit par Margaret Rumer Godden en 1939. L’auteur, qui a passé son enfance dans l’Inde coloniale, invente un drame intime inspiré de ses souvenirs personnels.Lorsqu’il lit le livre, Michael Powell est saisi par son fort potentiel cinématographique et par la richesse visuelle qu’il suggère, persuadé que l’histoire « serait follement exotique et érotique à l’écran ». La flamboyance de l’Inde recréée en studio Lors d’une réunion préparatoire, les producteurs déplient une carte de l’Inde devant Powell en lui demandant où il compte tourner. Le cinéaste surprend tout le monde en répondant : « On va faire tout le film ici à Pinewood. ». En allant en Asie, Powell craint que l’exotisme des lieux naturels n’écrase l’histoire.   Cliquer ici pour voir la vidéo.     Le Narcisse noir est tourné intégralement en studio avec des décors conçus par Alfred Junge. Les faux paysages peints et les ornements du palais ont pu inspirer Spielberg et Lucas, fervents admirateurs de Powell et Pressburger, pour « Indiana Jones et le temple maudit ». Avec Deborah Kerr, David Farrar, Kathleen Byron, Jean Simmons, Sabu, Flora Robson d’après le roman de Margaret Rumer Godden

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