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Interview de 20Syl (Hocus Pocus) : "Il y a une patte Hocus Pocus"

Publié le 14 décembre 2010 par Toulouseblog

De retour avec un nouvel album "16 pièces", Hocus Pocus sera de passage par le Bikini jeudi 16 décembre : Rencontre avec le leader et très charismatique 20Syl.

Des MJCs désertes de leurs débuts aux festivals remplis de ces dernières années, les nantais d'Hocus Pocus ont déposé leur patte sur le hip-hop français. Véritable claque musicale, leurs albums sont un enchevêtrement de plusieurs univers avec le flow charismatique de leur MC, 20Syl. Avec "16 pièces", Hocus Pocus nous livre un des albums les plus travaillés de la scène hip-hop et une évolution naturelle à "Place 54", l'album de la reconnaissance. De passage par Toulouse, celui qui pose sa voix, son flow et qui percute les mots sur les mélodies d'Hocus Pocus, 20Syl nous livre ses impressions sur le Bikini, le rap mais revient avec nous sur l'évolution du groupe et sur la météorite musicale qu'est "16 pièces". Entretien.

Quels sont les origines de Hocus Pocus ?

J'ai formé Hocus en 95 avec un pote d'enfance, avec qui, avant même 95, on jouait ensemble. Avant donc Hocus. Puis, on a enregistré notre première cassette. Le groupe a connu pas mal d'évolution au fil des ans, jusqu'à notre premier album auto-produit. Maintenant, Hocus c'est une formation de neuf sur scène. Le tout s'est fait dans une évolution naturelle, il n'y a jamais eu de rupture radicale dans notre musique.

Sur scène, il y a une vrai force donnée par le fait que vous soyez un groupe, avec des vrais musiciens. C'est une volonté de ta part depuis le départ ?
Plus qu'une volonté, c'est une vrai nécessité. Il y a une plus grande énergie dans ce dispositif là. On se permet plein de choses qu'on ne pouvait pas avant. Il y a une certaine spontanéité, on revisite les titres et il y a une grande communion avec le public. L'idée des zikos est venu surement en voyant the Roots sur scène en 95 à Nantes. C'est une vraie révélation pour moi. Mais, ce n'est pas qu'avec les groupes de rap. Je viens de la fusion où j'écoutais pas mal Rage against the machine. Je trouvais l'énergie de ces gars là incroyable. Je voulais retrouver cette influence dans mes lives.

Ce nouvel album, "16 pièces", est arrivé plus rapidement que le précédent. C'était quoi le plus difficile avant d'aborder l'album. La notoriété fraîchement acquise ?
Pas forcément la notoriété. On avait énormément de temps mais ce fut plus difficile. Il fallait faire mieux, il y avait le challenge perso avec l'envie de faire de nouvelles choses. C'est surtout cela.

J'ai entendu dire qu'il a été fait en trois mois...
Les textes ont été écrit en trois mois, et on avait déjà plein de mélodies. Puis il y a eu six mois de création en tout, plus six mois de mixages. Donc, plus court que le précédent mais pas ce n'est pas non plus la même énergie.

Avant de composer, t'avais une idée de ce que tu voulais pour "16 pièces" ?
Il n'y a pas eu d'idées au préalable qui se tenaient. Les morceaux ont été pensés un par un. Il n'y avait pas, à l'origine, de lien évident entre les morceaux. Puis, au final, le tout correspond à un bloc unique. D'où l'idée du puzzle, des pièces qui ne sont pas  forcément faites pour être enchevêtrer ensemble, et qui au final s'assemblent parfaitement, malgré les différences et les propos. Il y a une énergie commune. Il y a aussi, t'as du l'entendre, une patte  Hocus Pocus. Une cohésion.

C'est quoi la patte d'Hocus Pocus d'ailleurs ?
Je mixe depuis des années et des années. Il y a un grain de son particulier, de la recherche, tu reconnais facilement Hocus aussi par le grain de ma voix. C'est un mélange de tout ça Hocus.

Dis moi si je me trompe, il y a parfois quelque chose de très rap anglais, comme the Streets ou Just Jack au hasard.

Certains morceaux peuvent y faire penser. Mais dans la rythmique, dans l'envoi des mots, c'est très différent. C'est très a-rythmique, très flow. On est plus inspiré par des groupes US comme Jurrassik 5. Je veux que les mots percutent avec le son.

Dans "16 pièces", il y a de grosses pointures du rap français comme Oxmo Puccino et Akhenaton. Comment se sont passé ces rencontres?

On avait des morceaux préparés. On s'est donc naturellement demandé qu'est ce qui pourrait aller dessus. Qui pourrait coller le mieux ? Pour Oxmo et AKH, on avait envie de travailler avec eux depuis longtemps. Ce sont les morceaux qui ont pu conduire à ça. C'est la musique qui leur a donné envie. On a proposé à d'autres mais soit ils n'ont pas voulu, soit les plannings ne collaient pas.

Au sein de la formation, comment se passe le processus créatif ?

Il y a deux étapes : le studio et le live. En studio, j'en fait une majeure partie. C'est un peu mon projet que ce soit au niveau des textes ou dans la recherche des mélodies. Le live est notre récréation. On essaye tous d'apporter quelques chose, on s'amuse et on essaye d'être collé à la vibe. On veut tous apporter le meilleur de nous-même.

C'est quoi le hip-hop pour toi ?
Un moyen d'expression qui par ses degrés me correspond parfaitement. Les mots, les textes riches, la recherche de rythmique vocale, le recyclage des sons et la batterie. Les beats me font kiffer. J'adore le son de la batterie, c'est ce que je préfère. J'en suis obsédé même. J'aime aussi chopper le son à droite pour le remettre ailleurs. Dans le hip-hop, il n'y a que le graph' que j'ai le moins abordé.

T'écoutes un peu le rap français ? T'en penses quoi ?
Le rap est une discipline bien particulière du Hip-hop. Je ne supporte pas sa dérive autant que je suis fasciné par sa richesse. Que ce soit dans le rap ou les rappeurs. Tu devineras très vite que le rap 1er degré sans réelle ambition ne m'intéresse pas. J'aime les artistes qui vont chercher de véritables prises de risque. Des alternatives. Au faite, en parlant de hip hop, je voulais signaler qu'on a une équipe de Dj champion du monde. On possède une des plus belle nation dans cet univers là, faut le savoir.

Ce jeudi, nouveau passage par le Bikini de Toulouse. La troisième fois, non ?
On est venu plusieurs fois à Toulouse dans des petits lieux. Pour le Bikini, c'est ça, je crois. Je kiffe cette salle, aussi bien par la logistique, les infrastructures... C'est l'une des plus belles salles de France. Et l'accueil est toujours mortel. On y est bien, que ce soit grâce au public ou par l'organisation des concerts.

On termine avec une petite question : c'est quoi pour toi une bonne chanson ?
Excellent. Une bonne chanson doit traverser les années, et doit être intemporelle. Surtout pas éphémère ou temporaire dans une époque. Les plus belles, sont souvent les plus simples.

Hocus Pocus, jeudi 16 décembre au Bikini de Toulouse à 20h30

Hocus Pocus - Beautiful Losers feat. Alice Russell :


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Interview 20Syl (Hocus Pocus) patte Hocus Pocus

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LES COMMENTAIRES (1)

Par totemista
posté le 17 décembre à 08:58
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Il est plein de fautes cet article!

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