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Troma où l’art du cinéma qui sent sous les bras

Par Bebealien

Ca fait deux trois jours que je parle de tout sauf de cinoche, alors qu’à la base ce blog ne devait parler que de çà. Signe du destin ? Complot des chinois du FBI ? Autisme ? Abus de Plus Belle La Vie ? Autant de réponses pour une question dont finalement on se tamponne comme…. euh ben de son premier tampon justement.
Donc aujourd’hui, c’est du lourd, du méchant, du sale, du violent, mais avec le poil soyeux, l’œil vif et élevé au pédigrée pal…. on parle des films de la firme TROMA.

Lloyd Kaufmann, l’homme qui élève le mauvais goût au rang d’art

Si votre genre de cinoche dans la vie, c’est Godard ou bien Pauline à la Plage de Rohmer, passez votre chemin, ou tout simplement allez vous faire foutre, vous n’avez rien à faire ici, et puis merci en partant de vous essuyer les pieds sur le paillasson et de faire le ménage et la vaisselle.
Troma, c’est un peu le parangon du mauvais goût, le chantre de la blague potache et du nichon aguicheur, le trublion de l’ultra gore à deux balles, l’apôtre du pipi/caca élevé à des niveaux supérieurs, l’étalon des films indépendants bouillonnant d’énergie, le euh… je n’ai plus de superlatif à la con, donc j’arrête là mais c’est déjà pas mal….

Un papy grimacant et énergique, pas de doute Lloyd est en forme…

Alors qu’est-ce-que Troma ? C’est une boite de prod new-yorkaise fondée par deux timbrés, Lloyd Kaufman (réalisateur/acteur/scénariste/producteur) et Michael Herz (producteur). Cette petite boite, semblable à New Concorde créée par Roger Corman, a fait démarrer pas mal de monde dans le métier, comme Kevin Costner, Samuel L. Jackson, ou encore Parker et Stone, les auteurs de South Park qui ont shooté le totalement barré Cannibal The Musical (oui oui une comédie musicale avec des cannibales…)

S’il y a un film emblématique de Troma à retenir, c’est sûrement The Toxic Avenger (qui a d’ailleurs eu trois suites, la seule vraiment au niveau de l’original étant le quatrième opus).
Alors de quoi ca parle-t-y-dont ? Malvin est un balayeur maigrichon qui n’ose pas aborder les femmes. Un jour, c’est l’accident, il drague la femme d’un culturiste. Une bagarre éclate et Melvin finit par tomber habillé en tutu dans un bidon de produits toxiques. Malvin est mort, le Toxic Avenger est né. Désormais il amènera la justice à grand coups de balai dans la gueule, de démembrement sauvage et d’humour absurde.

Le balai à la main, Toxie est prêt à nettoyer la racaille

En terme de script, je pense que Kaufmann (réalisateur du film) avait du en fumer de la bonne, d’ailleurs il faudra qu’il me passe l’adresse. Mais derrière la crétinerie totalement assumée, voir même revendiquée d’un tel script, pointe une critique de la société américaine des années Reagan, avec le culte du corps et de l’apparence, le rejet de la différence, ainsi qu’une parabole sur l’écologie.

Car oui !!!! ouiii !!! oh ouiiii !!! euh pardon je m’enflamme…
Donc oui les films Troma sont des films politiques ! On peut très bien faire un film sur un pseudo mac donald construit sur un cimetière indien, avec des poulets zombies, des lesbiennes et beaucoup de tripaille en ayant un vrai message derrière.
En effet, pour Kaufmann (les autres réalisateurs sont moins politisés ou engagés), l’essentiel est certes de divertir, mais aussi de proposer un discours intelligent derrière la bonne grosse blague qui tâche.

Troma c’est aussi la fête au système D. Leurs locaux new-yorkais sont réputés pour être ouverts à quiconque voulant leur filer un coup de main, non rémunéré bien entendu. C’est donc tout plein de passionnés, la moitié étant là pour glander, boire et voir des femmes à poal, l’autre vraiment motivés pour bosser, qui trainent, animent et font vivre Troma.
C’est le système D qui prédomine, donc, car les films Troma sont souvent tournés avec des budgets dérisoires. Pour compenser, la firme se base sur des scénarios allant à cent à l’heure et multipliant les scènes de très mauvais goût (mais très drôles ou jouissives)… et ca fonctionne car les films Troma ont un cachet très particulier, identifiable immédiatement et particulièrement plaisant.

D’ailleurs Troma a sorti un EXCELLENT coffret DVD appelé How To Make Your Own Damn Movie (dispo seulement en import) ultra complet, présentant le making of de plusieurs de leurs réalisations, des conseils sur les effets spéciaux gores, des extraits de tournages, des idées à développer… bref présente comment Troma se démerde pour pondre des films de qualité (dans leur domaine) avec deux bouts de ficelles. Un coffret INDISPENSABLE à toute personne souhaitant pondre du court métrage car hautement instructif.
Tiens, je vous mets même le lien Amazon (et pourtant je touche rien dessus) : http://www.amazon.fr/Make-Your-Own-Damn-Movie/dp/B0009E27SK

Le graal de tout jeune réalisateur qui se respecte

Troma est tellement connu dans le domaine du gore qui fait rire, que des gens comme Peter Jackson qui a, faut-il le rappeler, réalisé des films bien saignants avant de faire le Seigneur des Anneaux, citent souvent les films Troma comme références…. Et c’est vrai que lorsqu’on regarde Bad Taste, les Feebles ou le cultissime Brain Dead, on voit tout de suite le parallèle entre les films du père Jackson et les bandes totalement barrées du père Kaufman.

Il faut savoir qu’aujourd’hui Troma est reconnu comme un vrai acteur du cinéma indépendant. Leurs films sont enseignés et analysés dans les plus prestigieuses écoles de cinéma américaine, côte-à-côte avec les grands classiques. Lloyd Kaufman, de par son statut de trublion charismatique, est également reconnu comme une personnage important de cette industrie… ce qui est plutôt étonnant lorsque l’on constate que Troma fait office de moucheron face aux différentes majors. Et malgré ce statut, Lloyd n’hésite jamais à se déplacer de par le monde pour aller filer un coup de main à de jeunes réalisateurs fauchés souhaitant obtenir ses bons conseils ou tout simplement le faire jouer dans leurs courts métrages.

Alors, si l’on ne connait pas encore Troma, que regarder en premier pour avoir envie d’en voir plus ? Troma a aujourd’hui environ 400 films sous son label, avec beaucoup de productions moyennes et quelques vrais fleurons.

Le plus simple (car plus accessible) est peut être de commencer par Sergent Kabukiman NYPD, où un flic se trouve soudain investi des pouvoirs du Kabukiman (danseur traditionnel du théâtre japonais) et va s’en servir pour botter le cul des méchants à grand coup de baguettes et de Ramen.
Toxic Avenger 1 et Toxic Avenger-Citizen Toxie sont également deux excellentes références à se taper. Enfin, le tout dernier rejeton de la firme, nommé Poultrygeist est parait-il un grand film, mais je ne l’ai pas encore vu.

Kabukimannnnnnn Sanjôôôôôôôô

Enfin, pour les amoureux de frenchy, on peut conseiller Terror Firmer, film sur un réalisateur de cinéma aveugle essayant coûte que coûte de finir son film alors que son casting se fait décimer…. pour une scène d’anthologie avec Edouard Baer et Ariel Wizman vomissant à qui mieux mieux pendant plusieurs minutes lors d’une poursuite en voiture filmée à Cannes.

Pour entrer dans l’univers Troma, une seule adresse : http://www.troma-france.net

Je pense que je ferai régulièrement des critiques de films Troma, car certains méritent vraiment qu’on s’attarde dessus. Sur ce, bon visionnage, et n’oubliez pas d’acheter le coffret Make Your Own Damn Movie…


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