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Critiques en vrac 33: Somewhere – Unstoppable – Burlesque – Le Jour des Fous

Par Geouf

Somewhere

Critiques en vrac 33: Somewhere – Unstoppable – Burlesque – Le Jour des FousRésumé: Johnny Marco est un acteur hollywoodien reconnu, coureur de jupons invétéré et avec une vie a priori parfaite. Mais ses certitudes vont exploser lorsqu’il va être obligé de garder sa fille de 11 ans.

Lion d’Or au dernier festival de Venise, Somewhere était très attendu par les fans de la réalisatrice Sofia Coppola, au parcours jusqu’à présent parfait (même si Marie-Antoinette a plus divisé les foules que ses précédents essais). Après le malaise adolescent, la solitude de l’humain dans un pays dont il ne comprend pas la culture, et les turpitudes de la royauté, Sofia Coppola s’intéresse ici au tourment de l’acteur perdu dans la jungle hollywoodienne. Dès les premières minutes, Somewhere porte définitivement la patte de sa réalisatrice, que ce soit dans la lenteur contemplative des scènes ou dans les obsessions récurrentes de Coppola (la solitude, le besoin de contact avec d’autres êtres humains). Et c’est peut-être là son gros défaut. Non pas que le film soit foncièrement mauvais, mais on a l’impression très nette que Sofia Coppola commence un peu à tourner en rond, comme son héros dans la scène d’ouverture du film (scène qui résume d’ailleurs à elle seule tout le propos de celui-ci). Pire, certaines scènes sont quasiment décalquées sur les précédents opus de la réalisatrice (l’interview incompréhensible de Lost in Translation, où les Japonais sont remplacés par des Italiens, la « cour » qui suit Johnny Marco sans s’intéresser à ses sentiments, réplique de celle de Marie-Antoinette…), et du coup la lenteur caractéristiques des longs-métrages de la réalisatrice provoque ici parfois un ennui poli. Reste tout de même la double performance de Stephen Dorf et Elle Fanning, tous les deux excellents et possédant une véritable alchimie. Il va certainement falloir que la réalisatrice se renouvelle dans ses prochains films si elle veut conserver l’adhésion de son public…

Note : 6/10


USA, 2010
Réalisation : Sofia Coppola
Scénario : Sofia Coppola
Avec: Stephen Dorff, Elle Fanning, Michelle Monaghan

Unstoppable

Critiques en vrac 33: Somewhere – Unstoppable – Burlesque – Le Jour des Fous
Résumé : Suite à une erreur d’un technicien, un train transportant des produits explosifs se retrouve lâché sur les voies de la Pennsylvanie sans conducteur. Alors que les autorités s’avèrent impuissantes à stopper le véhicule fou, deux conducteurs vont tenter le tout pour le tout avant qu’une catastrophe majeure ne survienne…

Depuis quelques films, le réalisateur Tony Scott semble se calmer sur les expérimentations visuelles pour revenir vers un cinéma d’action plus classique, et très influence par les 90’s. Unstoppable continue sur la lancée du sympathique mais quelque peu dispensable L’Attaque du Métro 123, pour proposer un film au pitch basique (un train fou sans conducteur doit être stoppé avant de provoquer un désastre sans précédent) mais sacrément efficace.

Car Unstoppable est tout entièrement pensé en termes de plaisir du spectateur. Le film, assez mal vendu par une bande-annonce ultra spectaculaire le faisant passer pour un mix entre Speed et Piège à Grande Vitesse, est en fait beaucoup plus posé et intelligent qu’il n’y parait. Le plus étonnant, c’est que contrairement à ce que la bande-annonce laisse présager, la plupart des péripéties sont totalement crédibles. Le film est certes rythmé et spectaculaire, mais Tony Scott ne cède jamais au sensationnalisme. Les rebondissements sont parfaitement dosés, et les personnages n’ont pour une fois rien de surhommes. Denzel Washington, impérial comme à son habitude, et Chris Pine, fougueux et torturé, n’incarnent pas des « action heroes » basiques et sans envergures, mais sont des hommes normaux n’agissant pas par héroïsme mais par devoir. Du coup l’identification du spectateur est décuplée, et on se laisse porter sans problème par un film carré et efficace.

Une bonne surprise, certes n’atteignant pas les sommets (émotionnels ou visuels) d’un Man on Fire, mais qui donne envie de voir plus souvent de tels divertissements…

Note : 8/10


USA, 2010
Réalisation : Tony Scott
Scénario: Mark Bomback
Avec: Denzel Washington, Chris Pine, Rosario Dawson, Kevin Dunn

Burlesque

Critiques en vrac 33: Somewhere – Unstoppable – Burlesque – Le Jour des Fous
Résumé : Lassée de son boulot de serveuse dans une ville paumée de l’Iowa, Ali (Christina Aguilera) décide de tout plaquer et part à Los Angeles pour tenter de faire carrière dans la danse. Après avoir essuyé plusieurs refus, elle découvre le club Burlesque, tenu par l’excentrique Tess (Cher). Bien décidée à rejoindre la troupe sur scène, elle se fait embaucher comme serveuse dans le club…

Pour ses débuts au cinéma dans Burlesque, Christina Aguilera a mis toutes les chances de son côté : elle produit le film, partage l’écran avec la légendaire Cher, et il s’agit d’une comédie musicale, genre dans lequel elle a des chances de faire des étincelles. Malheureusement pour le spectateur, il semblerait que la belle a exercé légèrement trop de contrôle sur le film pour son propre bien. Le scénario est très largement inspiré du Coyote Girls produit par Jerry Bruckheimer, mais là où celui-ci remportait l’adhésion par un dynamisme sans faille et une troupe d’actrices toutes plus attachantes et sexy que les autres, Burlesque se retrouve petit à petit totalement vampirisé par son actrice principale.

Le film n’a d’ailleurs très vite de burlesque que le nom, puisque le personnage d’Aguilera finit par totalement voler la direction de l’établissement des mains de Cher, pour le transformer en monument à sa gloire. Les sympathiques numéros musicaux du débuts, sexy et amusants, sont très vite remplacés par des shows ressemblant à de très longs clips de la chanteuse accolés les uns aux autres, au cours desquels la troupe du club est reléguée au second rang. Symbole déprimant de ce nivellement par le conformisme, Cher est totalement exclue du spectacle, forcée de chanter une chanson dans le noir, sans public. Le personnage (assez insupportable soit dit en passant) d’Ali a beau se battre contre les vils promoteurs immobiliers souhaitant détruire le club pour le remplacer par un gratte-ciel, elle n’en est pas moins un abominable représentant de la destruction de l’art par la soupe servie par les majors du disque.

Seuls surnagent de ce naufrage quelques seconds rôles attachants, comme le toujours excellent Stanley Tucci en costumier de la troupe. Difficile de faire preuve d’indulgence devant un tel véhicule promo représentant ce qu’Hollywood peut faire de pire…

Note : 2/10


USA, 2010
Réalisation : Steve Antin
Scénario : Steve Antin
Avec : Christina Aguilera, Cher, Stanley Tucci, Cam Gigandet, Kristen Bell

Le Jour des Fous (Slaughter High)

Critiques en vrac 33: Somewhere – Unstoppable – Burlesque – Le Jour des Fous
Résumé : Une blague du premier Avril orchestrée par des lycéens à l’encontre de leur tête de turc tourne mal et résulte en un terrible accident. Des années plus tard, le groupe est de nouveau réuni pour une fête des anciens élèves. Seul problème, leur ancien lycée est déserté, fermé depuis plusieurs années. Coincés dans le bâtiment, ils sont traqués par leur ancienne victime, bien décidée à se venger…

Le Jour des Fous (titre français très approximatif de l’autrement plus percutant Slaughter High) est un slasher typique des années 80. Mis à part que les victimes ne sont plus des étudiants, tout les clichés sont là : trauma déclencheur du massacre, le lieu unique, le meurtrier insaisissable et invincible, etc. Bourré d’incohérences (du genre le tueur qui traverse la moitié du bâtiment en moins de deux minutes, ou arrive à prévoir qu’une des victimes va prendre un bain), le film se joue de celles-ci par sa bonne humeur et son sens de l’autodérision (tout en ne tentant pas de vendre un whodunit moisi). Et surtout Le Jour des Fous reste regardable pour le slasherophile grâce à son enchaînement de meurtres originaux et assez gores (victime dissoute à l’acide dans une baignoire, ventre qui explose et révèle les intestins, coup de hache dans le crâne, etc). Dommage seulement que les « héros » du film soient aussi insupportables et que le retournement final vienne balayer de la main tout le reste du film (et notamment son jusqu’auboutisme).

Pas désagréable, mais un peu limité par rapport à d’autres fleurons du genre, Le Jour des Fous se laisse regarder comme un témoignage d’une époque aujourd’hui révolue…

Note : 5/10


USA, 1986
Réalisation : George Dugdale, Mark Ezra, Peter Mackenzie Litten
Scénario : George Dugdale, Mark Ezra, Peter Mackenzie Litten
Avec : Caroline Munro, Simon Scuddamore, Carmine Iannaccone

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