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Jonas Kaufmann : la révélation de l'année ?

Publié le 28 décembre 2010 par Philippe Delaide

Et pan sur la nageoire ! J'ai trouvé le moyen de ne faire cette année aucune chronique sur  Jonas Kaufmann, même si j'avoue avoir été, comme beaucoup, interloqué par cette voix extraordinaire sur le disque qu'il a enregistré avec Antonio Pappano à la tête de l'Academia Nazzionale di Santa Cecilia et consacré à des airs emblématiques du répertoire italien dit "vériste". Le ténor allemand fait preuve d'une capacité extraordinaire à maîtriser la prosodie italienne et, surtout, reprend à son compte de façon fort habile, les intonations, phrasés, des grands ténors italiens comme Luciano Pavarotti ou Giuseppe di Stefano. Son timbre n'est pourtant pas du tout dans la même veine que celui des grands ténors italiens. Rien de solaire donc mais au contraire une voix assez grave, d'une belle densité avec une articulation parfaite et, pourtant, il n'a rien à envier aux grands ténors italiens justement.

Que ce soit l'Express (bilan de l'année 2010 sur la musique classique) ou France Culture (chronique de Stéphane Grant le 24 décembre sur l'émission la Grande Table), sans parler des pages de couverture de Diapason ou de Classica, toute la critique s'accorde à dire que 2010 sera l'année de Jonas Kaufmann, après avoir été lancé sur la scène internationale il y a déjà un peu plus de dix ans.

Si je n'ai pas parlé de ce disque consacré au répertoire vériste italien c'est que, malgré sa qualité indéniable, cette série d'arias ne me fascine pas outre mesure et que, si je ne nie pas l'agilité du ténor et sa magnifique articulation, contrairement à un Giuseppe di Stefano qui vivait de façon étonnante son répertoire, j'associe plus volontiers Jonas Kaufmann à un Plácido Domingo. Dans ces deux derniers cas, ce qui me gène un tout petit peut est le caractère peut-être un peu trop léché, propre, calibré du style.

Tout cela reste très subjectif et je ne suis vraiment pas le mieux placé pour en parler car j'écoute finalement très peu ce répertoire qui n'a que trop inondé mes oreilles quand j'étais enfant, mon père ayant écouté sans fin une bonne partie de tout ce que l'on pouvait imaginer dans le Bel Canto. J'étais donc immunisé dès l'âge de 9 ans.

Extrait (tiré de youtube) : Opéra  : Andrea Chénier d’Umberto Giordano - Acte 1 - Colpito Qui M'avete ? Un Dì All'azzurro Spazio.


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