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Les précurseurs : le peintre Apelles de Cos, le plus grand des maîtres de l'école attique et les peintres de l'antiquité, d'après Pline l'ancien.

Par Bernard Vassor

Par Bernard Vassor

venus fresque pompei venus anadyomène LARGEUR.jpg La Vénus Anadyomène, fresque reconstituée de Pompéï attribuée à Apelles. .......... Dans un  volume de "Histoire Naturelle", Pline l'ancien retrace l'histoire de la peinture dans l'antiquité : Pline livre XXXVI. Dans la quatre-vingt-dixième olympiade vécurent Aglaophon, Phryllus, Evnor,père et précepteur de Parrhasius, ce grand maître dont nous parlerons en son temps. Tous furent célèbres, mais pas assez, toutefois, pour que, dans notre marche rapide vers les rois de la peinture, nous devions nous y arrêter. Apollodore d'Athènes brilla, le premier, dans la quatre-vingt-treizième olympiade. C'est lui qui inventa l’art de la perspective, et qui, par là, fonda vraiment l'art de la peinture. On a de lui un Prêtre au pied des autels, et un Ajax foudroyé, qu'on voit encore à Pergame. Avant Apollodore, on ne présente aucun tableau qui captive l'attention. La carrière avait été ouverte par Apollodore. Zeuxis acquit une gloire nouvelle dans la peinture au pinceau, qui osait déjà tenter des choses difficiles (car c'est du pinceau que nous parlons seulement). C'est à tort que quelques-uns le placent dans la quatre-vingt-neuvime olympiade, puisqu'avant lui il faut donner place à Démophile d'Himère et Nésas de Thasos, qu'il eut l'un ou l'autre, pour maître. Apollodore, ci–dessus nommé, fit des vers sur Zeuxis, qui, dit-il, garde pour lui seul l'art qu'il nous a ravi. Ses richesses devinrent si grandes, que, dans son faste, il faisait broder son nom en or sur ses manteaux Plus tard, il donna ses tableaux, prétendant qu'ils étaient impayables : c'est ainsi qu'Agrigente eut de lui une Alcmène, et Archlas un Pan. Il fit aussi une Pénélope (ce tableau respire la chasteté de la princesse) et un Athlète. Sous ce dernier, tout enthousiasma de son ouvrage, il écrivit ce vers libre : "Vous pourrez en médire, et non pas l'imiter". Son Jupiter sur le trône, en présence des autres dieux, est magnifique, ainsi que l'Hercule enfant, qui étouffe des dragons en présence d'Alcmène effrayée et d'Amphitryon ; néanmoins, on reproche Zeuxis des têtes trop grandes, des articulations trop fortes : au reste, son exactitude était extrêmes. Devant faire pour les Agrigentins un tableau destiné à être dédié dans le temple de Junon Lacinienne, il obtint d'examiner leurs filles nues et d'en choisir cinq, dont chacune fournirait son tableau des beautés particulières. Zeuxis a fait aussi des monochromes en blanc.  Ses contemporains et ses rivaux furent Androcyde, Eupompe, Parrhasius. Ce dernier, dit-on,concourut avec Zeuxis, qui mit sous les yeux des juges des grappes de raisin si bien rendues , que les oiseaux venaient les becqueter. Le tableau de Parrhasius repr- sentait un rideau, mais avec tant de vrit, que Zeuxis,tout fier de la sentence des oiseaux , disait : Otez, ôtez donc la draperie , qu'on voie le tableau ! Bientôt ilreconnut son erreur, et céda franchement la palme à son rival, disant qu'il n'avait tromp que les oiseaux, et que Parrhasius avait trompé le peintre. On dit aussi que Zeuxis peignit un enfant portant des grappes de raisin : un oiseau s'en approcha aussi; mais Zeuxis, avec la même ingnuité, fit le procès son ouvrage , en disant : L'enfant ne vaut donc pas les raisins? si je l'avais peint avec la même perfection, l'oiseau aurait eu peur. Zeuxis travailla aussi sur terre cuite: ce sont les seuls de ses ouvrages dont on retrouve des traces] Parrhasius d'Ephèse fut aussi l'auteur de plusieurs découvertes. Le premier, il donna des proportions exactes tous les éléments du tableau, soigna la chevelure, para de grâce les figures, et, de l'aveu de tous les artistes, termina d'une manière exquise tous les contours, ce qui est le grand art en peinture. En effet, quoiqu'il soit difficile, en peignant les corps, d'en bien rendre les parties comprises entre les extrémités, beaucoup d'artistes y ont réussi ; mais rien de plus rare que la perfection dans les lignes extrêmes et dans les traits qui arrêtent les figures. Le contour doit s'arrondir et se terminer de telle sorte, qu'il promette plus que lui-même et indique ce qu'il cache. Tel est le mérite que reconnaissent ou plutôt préconisent dans Parrhasius Antigone et Xénocrate, qui ont écrit sur cet art. On voit encore aujourd'hui bien des dessins au trait dans ses tablettes et son portefeuille, et l'on prétend que plus d'un artiste en a profité.

A suivre...


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