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Soleil dans l'ombre

Publié le 05 janvier 2011 par Bricefauche

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Soleil dans l’ombre

Morgane Tschiember, Florian et Michaël Quistrebert

Du 27 janvier au 26 mars 2011

Vernissage le jeudi 27 janvier de 18h30 à 21h

Réunissant trois jeunes artistes français dont le travail s’est vu transformé sous l’influence de la métropole new yorkaise suite à une résidence commune en 2009, l’exposition au titre antinomique Soleil dans l’ombre se veut résolument post-moderne et engagée dans une réflexion sur la peinture et la sculpture aujourd’hui.

S’il se concentre sur la forme, c’est pour la malmener et la pervertir dans un travail de retournements et de réflexions sur un certain type de déclin. Loin de toute fascination exclusive pour telle ou telle période de l’histoire de l’art, Florian et Michaël Quistrebert se plaisent à mettre sous tension le style, l’imagerie collective, pour contrarier la doxa de l’art. Ils revisitent ici le constructivisme des années 20 et les expérimentations formelles de Moholy-Nagy et nous livrent une œuvre qualifiée par Jean-Max Colard de « rétro-futuriste » faisant soit l’objet d’un traitement obscurantiste, sombrant vers le noir et flirtant avec le gothique, soit l’objet d’un traitement psychédélique, adoptant des couleurs scintillantes aux allures ésotériques.  Utilisant dans leurs peintures et leurs vidéos la luminosité des avant-gardes tout en la traitant de manière déclinante, obscure et sibylline, Florian et Michaël Quistrebert cultive l’art d’un anachronisme antinomique et décadent entre paranoïa latente et clairvoyance cynique.

Multipliant techniques et protocoles dans une exploration assidue des codes et des standards de l’histoire de l’art, Morgane Tschiember interroge les ressources matérielles et conceptuelles de la sculpture tout en s’appliquant à étudier les relations intrinséquement architecturale entre surface peinte, rapports colorés et espace. Partant du principe, relevé par Le Corbusier, que certaines œuvres sont créées dans le but de modifier le contexte dans lequel elles se trouvent et qu’il est par conséquent difficile d’intégrer de la peinture dans une architecture, et inversement, sans détruire l’une ou l’autre, Morgane Tschiember explore ces zones de tensions, voire de conflits entre l’œuvre et le site. Entre unspecific space et specific object, à mi-chemin entre la peinture et la sculpture, l’œuvre en interroge le rapport. L’artiste s’amuse et s’attaque avec délectation à des matériaux complexes et des rendus imposant : verre, bois, métal, rien ne résiste aux recherches de la jeune plasticienne qui nous livre toujours une œuvre sensuelle et espiègle, radicale et tranchante. Son travail semble aspirer à cette unicité nouvelle de l’art et de la technique que les acteurs du Bauhaus appelaient de leur vœu. Cependant, en abordant la question de la multiplicité constitutive de l’architecture, l’artiste touche à une dimension à la fois poétique et politique de l’art en tentant de lui rendre l’esprit architectural qu’il avait perdu dans les salons.


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