Magazine

"Parle-leur de bataille...."

Publié le 07 janvier 2011 par Alexcessif

-   « -C’est bien ce que vous lisez ? Le restaurant est presque vide. Je suis le seul client. Les autres convives  semblent être les commensaux de  la reine des lieux qui vient de  me  questionner. Du roman qui l'intrigue posé sur la table, la couverture est belle et le titre merveilleux : « Parle- leur de batailles, de rois et d’éléphants » Mathias Enard. Le livre, au lieu d’être bêtement rectangulaire,  a des proportions phalliques : 21x12. Tu convertis la largeur en diamètre et t’as la taille de mon chibre. La couverture sur fond de camaïeux du bleu gris vers le mauve pastel représente la silhouette de la basilique Sainte Sophie allongée sur le Bosphore. Des minarets dépassent son dôme comme l’islam de Byzance a supplanté la chrétienté de Constantinople en ce 13 mai  1506. Ce jour là le Michelangelo post « David »et ante « Chapelle Sixtine »dépose ses valoches sur le quai de la future Istanbul, fuyant le pape Jules II vindicatif et mauvais payeur à l’invite du  sultan pour construire un pont sur la Corne d’or. Au fil des pages il y a dans une langue raffinée, les  récits croisés de  la rivalité, historique ou supposée, entre Léonard de Vinci qui a échoué à la tâche, les affres de la création dans le doute qui envahit  l’esprit du sculpteur, l’ambiguïté de sa sexualité et plus généralement, l’ambivalence de l’amour, la désinvolture des puissants et la précarité des artistes. Du  titre, la phrase virginale dans son  intégrité est : « Puisque ce sont des enfants, parle-leur  de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de  leur parler d’amour  et de choses semblables. » L’auteur de cette phrase n’est malheureusement pas cité. Elle figure en page de garde sans guillemets pourtant  il me semble qu’elle est de Rudyard Kipling et non pas de Mathias Enard. J’ai dû penser à voix haute car l’ancillaire a intercepté la prime syllabe du  nom de l’auteur : -          " -Ki ? me SMS- t-elle. -       -   pling ! tac-au-tac ai-je. -      -    ….. ?  baîlles-t-elle." Je l’aide : après tout pour me servir un  « prince des abysses aux délices du Siam » ( filet de Panga de merde accompagné de riz, thaï peut-être)pourquoi s’emmerder à connaitre les classiques. -   Kipling ! L’auteur du livre de la jungle. Mowgli ; Shere Khan.Tout ça…. -   - ah bon, moi  je croivais que c’était Walt Disney !
Et moi je rêvais d'une conversation sur l'oreiller ! Retour brutal sur la planète terre ! Sans parachute  j’amorti le choc en fléchissant les genoux et pensant in petto : "pas d’élitisme mon Sergio" Après tout n’ai-je pas  entendu en Juin  dernier sur France –inter l’interview deTerry Riner néo- bachelier  et judoka fraîchement titré disant aux journalistes : « Si vous croivez que les sportifs sont des imbéciles je vous signale que je viens d’avoir mon Bac. »(Authentique) Alors j’ai  de la tendresse pour cette petite serveuse, sa fraîcheur et son innocence et puisque rien ne sera possible entre nous (passsque moi les bécasses...) malgré son corsage rempli du  minimum syndical pour rendre un homme heureux, je me casse vers la promenade sous les arbousiers du front de mer. « Les passantes » Arcachon le 04/01/2011.

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Alexcessif 80 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte