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CÔTE D'IVOIRE: Doutes sur l'impartialité de l'ONUCI

Publié le 08 janvier 2011 par 237online @237online

Écrit par Lepost.fr   

Samedi, 08 Janvier 2011 12:58

Ôééô’à’’éàê’è’é’èéàà ’éà 

CÔTE D'IVOIRE: Doutes sur l'impartialité de l'ONUCI
Ce qui se passe en République de Côte d’Ivoire, quant à l’attitude de l’ONUCI et au comportement des hommes placés à la tête de cette organisation, n’est pas fortuit.

Dès 2005, l’ONUCI, qui incarne la fameuse Communauté internationale mais qui, en fait, dans le cas d’espèce, se résume à trois pays, à savoir : les Etats-Unis, la France et l’Angleterre, avait déjà choisi son camp : celui des rebelles.

Nous avons retrouvé un document écrit par le président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, le Pr Mamadou Koulibaly qui, en 2005, s’inquiétait et doutait déjà de l’impartialité de l’ONUCI.

Il s’agit du commentaire qu’il avait rédigé sur le Rapport de la Division des Droits de l’Homme de l’ONUCI sur la situation des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire pour les mois de janvier et février 2005.

Ce document est très édifiant.

Entre autres, la première remarque que nous pouvons faire est celle-ci : Faut-il, dans un même pays et une même ville (Côte d’Ivoire et Abidjan), 5 jours pour qu’une lettre parvienne à son destinataire à qui on enjoint de répondre impérativement dans un délai de 2 jours avant le délai imparti ? Ou que cela avait été fait à dessein dans l’espoir de mettre son destinataire en difficulté et dans l’impossibilité de pouvoir donner suite en temps opportun ?

A chacun des lecteurs d’en tirer les conclusions…

Commentaire sur le Rapport de la division des Droits

de l'Homme de l'ONUCI sur la situation des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire pour les mois de Janvier et Février 2005

par le Pr Mamadou KOULIBALY, président de l’Assemblée Nationale

« C'est par un courrier référencé HRD/037/2005 en date du 24 mars 2005, réceptionné le 29 mars à la Résidence Officielle de Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale, que le Représentant Spécial par Intérim du Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Alan Doss, lui adresse une copie du rapport de la Division des Droits de l'Homme de l'ONUCI, sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire pour les mois de janvier et février 2005.

Dans ce même courrier, il est demandé à Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale de faire parvenir ses commentaires avant la date de publication fixée au 31 mars 2005, dudit rapport.

C'est à cette invitation que tente de donner suite ce document.

I - Examen de la structure du rapport.

Il s'agit d'un rapport de 19 pages non accompagné de pièces justificatives des enquêtes menées par l'organe de l'ONUCI, qui trouve dit-on sa raison d'être, dans les résolutions 1528 et 1572 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il comprend 83 paragraphes répartis en 9 chapitres, non compris le chapitre 10 intitulé "conclusions et observations".

La structuration de ce rapport et l'usage de certains termes, ne donnent pas le gage nécessaire de l'impartialité du rédacteur du rapport.Sur les 83 paragraphes, 26 répartis sur un peu plus de 5 pages, ont été consacrés à la situation des droits de l'homme dans la zone dite sous contrôle gouvernementale ( ?) et seulement 15 paragraphes répartis sur 3 pages, à la situation des droits de l'homme dans la zone sous contrôle des forces rebelles.

Le choix des thèmes abordés pour chaque zone achève de convaincre de la partialité avec laquelle le rapport a été rédigé ou simplement de l'ignorance des rédacteurs, des règles, certes non écrites, qui gouvernent cette matière.

En effet, dans la zone dite sous contrôle gouvernementale, le rapporteur a traité premièrement, du Droit à la sécurité des personnes et des biens, deuxièmement du Droit à la libre circulation et lutte contre le racket, troisièmement, du droit à la liberté d'opinion et d'expression quand dans la zone dite sous contrôle des forces rebelles, il n'a traité que du Droit à la vie et à la sécurité des personnes et des biens.

Le rapport a consacré la partition du territoire en deux zones dont l'une est supposée être sous le contrôle du gouvernement et l'autre sous le contrôle des forces rebelles.

Or l'on n'ignore pas que quand la communauté internationale et l'ONUCI évoquent la zone sous contrôle gouvernementale, elles voudraient en réalité en imputer la pleine maîtrise à tous ceux et celles qui soutiennent les institutions de la République, aux résistants qu'ils ont tôt fait de nommer les "milices", autre terme en usage fréquent dans ces milieux.

Or le gouvernement qui contrôle cette zone est composé également et en très grande majorité de personnels rebelles, regroupés notamment dans un mouvement fédérateur dénommé G7.

L'absence, même prolongée de certains ministres rebelles n'entame en rien la nature de ce gouvernement qui a mis en place une administration, largement tributaire en nombre et en mauvaise qualité de ce rassemblement de rebelles qui échappe à la hiérarchie que lui impose la constitution.

Comment dans une zone sous un tel ''contrôle'', est-il possible d'examiner la situation des droits de l'homme en évitant de donner au lecteur la pleine mesure de la situation pour qu'il apprécie les efforts des uns et des autres ? C'est bien pourtant ce à quoi s'est livrée ce pré rapport de l'ONUCI.

En décidant par ailleurs de nommer les uns forces nouvelles, et les autres milices, l'ONUCI fait le choix de la désinformation sur la Côte d'Ivoire à travers un rapport qu'elle voudrait pourtant crédible.

Le vocable force nouvelle est l'appellation que s'est donnée la rébellion en accord avec la France son parrain ; les résistants ivoiriens à cette rébellion qui n'avait pas pour seules victimes que les membres des Forces Armées de Côte d'Ivoire, sont dénommés "milices à la solde du Président Gbagbo" par la France et la rébellion ; c'est cette terminologie qu'utilise l'ONUCI dans son rapport comme pour montrer qu'elle est en phase avec les bourreaux réunis de la Côte d'Ivoire.

II - Examen du rapport

Situation des droits de l'homme : quel regard peut-on porter sur un rapport partisan ?

Il est clair que le travail accompli par l'ONUCI est foncièrement partisan en raison même de la méthodologie de travail.

Celle-ci a consisté à diviser le territoire en deux zones géographiques dans lesquelles la situation des droits de l'homme a été observée sans que cela n'implique de part et d'autre, une imputation claire et précise des faits relevés à telle ou telle entité.

En outre alors même que les forces françaises sont apparus nettement comme des forces participant à la belligérance, le rapport ne fait pas état des abus et des atteintes graves aux droits de l'homme perpétrés par les éléments de ces forces.

Enfin, le choix de thèmes différents pour l'examen de la situation des droits de l'homme dans les zones retenues, n'a pas permis à l'ONUCI de fournir un rapport équilibré, exempt de tout reproche.

L'ONUCI a omis volontairement de faire rapport des commerces illicites entretenus par les éléments militaires de l'ONUCI et des forces françaises avec de jeunes ivoiriens et ivoiriennes, traduisant la propension de ces éléments armés à la pédophilie, et à l'atteinte aux bonnes mœurs.

Enfin, pour son premier rapport puisque l'ONUCI n'a pas jugé utile d'enquêter sur les périodes qui ont précédé janvier, elle aurait gagné en crédibilité en définissant du point de vue de sa mission, le sens qui est donné aux droits de l'homme et situer ainsi le lecteur sur la réalité de ce qui est relevé et surtout sur les omissions volontaires ou non, qui sont constatées dans ce rapport.

A - Dans la zone dite sous contrôle gouvernemental

L'ONUCI, observe la situation des droits de l'homme au regard du droit à la sécurité des personnes et de biens, ainsi que du droit à la libre circulation et lutte contre le racket et enfin du droit à la liberté d'opinion et d'expression.

A la lecture du volet de ce rapport de l'ONUCI sur le droit à la sécurité des personnes et des biens, un amalgame est bien construit autour de l'insécurité qui prévaut en Côte d'Ivoire et de la grande criminalité entretenue (l'ONUCI ne l'évoque pas) par les éléments désœuvrés de la rébellion qui ont, armes de guerre au poing, investi la zone dite gouvernementale, à la recherche des moyens de subsistance qui leurs font défaut dans leur fief.

Il s'agit ni plus ni moins que d'allégations non vérifiées, de sources non clairement identifiées comme la majorité des rapports fournis sur la Côte d'Ivoire depuis le début de cette crise.

Comment tenir pour sérieux un rapport qui évoque l'insécurité en Côte d'Ivoire sans évoquer la source de l'insécurité et comment traiter des conditions de détention dans les prisons ivoiriennes dans le cadre d'une enquête relative aux droits de l'homme couvrant la période de janvier à février 2005.

L'ONUCI se veut-elle une institution sérieuse au service de la paix en Côte d'Ivoire ? Comment se peut-il, lorsque son rapporteur traite d'incident, l'assassinat d'un jeune ivoirien à Fengolo et de graves atteintes les actes dont sont victimes d'autres ivoiriens qui ont sa faveur ?

Relativement au volet droit de la libre circulation et de la lutte contre le racket, l'ONUCI épingle des éléments des FDS comme participant aux entraves à la libre circulation des personnes.

L'ONUCI évoque en outre l'assassinat d'un membre du Syndicat des transporteurs et d'un chauffeur de taxi et dit avoir diligenté une enquête à la demande de ce syndicat.

L'ONUCI ne donne pas les conclusions de cette enquête, pas plus qu'elle ne fournit dans son exposé, les circonstances de la mort de ces deux individus. L'ONUCI dans son rapport traite de la question du droit à la liberté d'opinion et d'expression.

Ici, le rapporteur de l'ONUCI ne relève pas des cas d'obstruction à la liberté d'opinion et d'expression ; il évoque la situation de la RTI pour saluer le retour de Kebe Yacouba comme ayant permis de faire cesser les messages d'incitation à l'intolérance, à la haine ou à la violence.

Ici, le tort de l'ONUCI et de tous les oiseaux de mauvais augure qui se paissent des difficultés de la Côte d'Ivoire, c'est de n'avoir jamais relevé de façon précise, hors de leur slogan habituel, les messages qu'ils incriminent.

Sinon, l'Ode à la Partie longtemps censuré par le sieur Kebe Y. n'a pas disparu de la RTI.

L'ONUCI rapporte que le décret récent relatif à la RTI aurait suscité la réaction négative des représentants des médias indépendants.

Il s'agit d'un gros mensonge, l'ONUCI ayant lui-même dans un rapport adressé au Président Mamadou Koulibaly, fustigé maladroitement ce décret, ce qui a montré par ailleurs le peu d'égard que cet organe avait pour les institutions ivoiriennes.

Quels sont donc les médias indépendants ivoiriens qui ont eu une réaction négative et en quoi a pu consister cette réaction que les ivoiriens ignorent à ce jour.

B - Dans la zone dite sous contrôle des forces rebelles

L'ONUCI a traité de l'unique question du droit à la vie et à la sécurité des personnes et des biens.

Ainsi a-t-elle pu examiner écrit-elle des cas d'exécutions sommaires, de disparitions et de menaces de mort, de tortures et de traitements inhumains et dégradants, de détentions arbitraires et de disparitions forcées et enfin de confiscations illégales des biens et d'atteintes aux propriétés privées.

Si la méconnaissance de cette zone n'autorise pas une critique concrète du rapport de l'ONUCI, force est de reconnaître que ce volet du rapport n'échappe pas aux critiques précédentes notamment en ce qui concerne le rassemblement d'allégations non vérifiées.

Cela dit, l'ONUCI a omit les cas d'atteinte à la libre circulation des personnes. Depuis septembre 2002, et pendant janvier et février 2005, des ivoiriens sont empêchés de circuler dans cette partie du territoire national.

Ceux qui s'y aventurent font l'objet de rackets constants et systématiques, (que l'ONUCI a encore omis de note), quand ils ne sont pas simplement agressés.

Les transporteurs dont la protection préoccupe l'ONUCI dans la partie gouvernementale, sont soumis au racket et aux pires exactions dans la zone que contrôlent les rebelles sans que l'ONUCI ne songe à l'évoquer dans son rapport.

Concernant la confiscation des biens et les cas d'atteinte à la propriété privée, l'ONUCI a manqué de courage pour dire que la confiscation par des éléments rebelles qui a pris corps en septembre 2002, se poursuit.

Il s'agit de la confiscation des maisons abandonnées après les avoir dépouillées, du recel des biens volés, des nombreux véhicules qui transportent les chefs de guerre que les militaires de l'ONUCI escortent dans le cadre de leur mission.

De même, l'ONUCI s'est refusé à traiter de la question du droit à la liberté d'opinion et d'expression dans la zone sous contrôle des forces rebelles.

En effet, l'ONUCI n'ignore pas que depuis septembre 2002 et en janvier et février 2005, la seule opinion valable dans cette partie de la Côte d'Ivoire est bien celle en faveur exclusivement de la rébellion et à l'intérieur de la rébellion, en faveur exclusivement du clan du chef du Mpci.

Aucun organe de presse n'est distribué dans cette zone sauf ceux qui apportent leur soutien à la rébellion.

En n'évoquant pas cette question, l'ONUCI a entendu indiquer aux destinataires de son rapport qui sont hors de Côte d'Ivoire que cette zone du pays est respectueuse du droit à la liberté d'opinion et d'expression ; c'est bien en cela aussi que le rapport de l'ONUCI est partisan.

C - Dans la zone de confiance.

Le rapport de l'ONUCI traite par ailleurs de la situation des droits de l'homme. La zone dite de confiance est une zone sous le contrôle des forces impartiales comme les autres zones sont soit sous le contrôle du gouvernement, soit sous le contrôle des rebelles.

Cette zone comme la zone sous le contrôle des forces rebelles est une zone de non droit où les actes de violation des droits de l'homme sont de la responsabilité entière des forces impartiales, soit parce qu'elles les autorisent, soit parce qu'elles les tolèrent.

Relativement à la situation des femmes et des enfants, le rapporteur a manqué de courage dans la dénonciation des atteintes portées contre cette catégorie de la population qui vivent dans la zone dite de confiance.

En effet, il est couramment rapporté tant dans la presse que dans l'opinion, que les éléments des forces françaises et de l'ONUCI, se livrent à des cas d'abus sexuels non relevés ici.

III Conclusion

Au total, le rapport de l'ONUCI apparaît comme le résumé de toutes les informations ou allégations sans cesse reprises par la presse écrite. Ce rapport ne montre nulle part le signe du résultat d'enquêtes menées sur le terrain. Et c'est bien dommage.

Il faut cependant saluer l'initiative d'un rapport régulier sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, situation qui lui est faite par la présence d'une armée irrégulière à laquelle pourtant la communauté internationale et l'ONU semble avoir donné droit de vie et de mort sur le peuple de Côte d'Ivoire.

C'est contre ce droit de vie de la rébellion et contre le droit de mort qui lui est donné contre le peuple de Côte d'Ivoire que les résistants luttent, certes avec toutes les dérives inhérentes à ce type d'opérations.

Il faut cependant signaler et saluer la nécessaire extension de l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du territoire, seul gage d'un respect meilleur des droits de l'homme. »

Source : http://www.africa-humanvoice.org/afrique/onuci01.html
http://www.africa-humanvoice.org/afrique/onuci01.html


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