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Comme dieu le veut de Niccolo Ammaniti

Publié le 10 janvier 2011 par Fromtheavenue
Comme dieu le veut de Niccolo Ammaniti
Come dio comanda...bellissimo !
Publié en France en 2006, ce roman aurait pu rejoindre les étagères des romans noirs. C'est cruel, cauchemardesque et tristement réaliste.
Rino Zena est un chômeur alcoolo, violent et facho. Ses deux amis : Danilo et Quattro Formaggi, deux marginaux. L'un, sa vie a basculé lors de la mort accidentelle de sa fille. L'autre, il boîte et a perdu la tête après avoir été foudroyé. Ils vivent de petits boulots et passent leur journée devant la télé. La seule chose qui retient Rino de tomber plus bas, c'est son fils Cristiano. Les services sociaux menacent de lui retirer. Le moins moindre faux pas et...
Pour améliorer leur modeste vie, ces trois paumés décident de préparer un coup : piller un distributeur de billets. Le casse est prévu un soir où une tempête d'une rare intensité fera rage. Cette soirée deviendra un véritable cauchemar pour tout le monde...
On se prend à sourire devant ces personnages en marge, devant certaines scènes burlesques. Cette bande de copains font figures d'abrutis, bêtes et méchants. Mais l'humour noir parfaitement maîtrisé s'efface soudainement lors de cette fameuse soirée apocalyptique. Le lecteur qui a eu le temps de trouver ces personnages touchants va rapidement se retrouver très vite mal à l'aise. Un engrenage sans fin pour chacun d'entre eux qui va les rendre détestables et misérables.
Le basculement de l'histoire est très réussi, car si au départ, on tourne les pages sans savoir où l'on va, le récit soudain s'accélère sans prévenir au rythme des évènements. La lecture devient frénétique. Des scènes sordides hallucinantes. Des tableaux cinématographiques aux séquences intenses. Chacun cherchera la rédemption mais seul Dieu semble décider du sort de ces pauvres âmes contraints de devenir cruels, vengeurs dans des situations extrèmes. On éprouve une grande tendresse envers le jeune garçon qui se surpassera sa haine, ses rancoeurs, sa colère, sa peur devant un monde qui vole en éclats, contre des adultes irresponsables et dangereux.
J'ai retrouvé tous les ingrédients des nouvelles de cet érivain italien et de son roman Je n'ai pas peur. Un roman tornade dense qui souligne la face cachée de l'Italie, de la bêtise humaine, de la société de consommation.
Ne parle de liberté. Ils sont tous bons pour parler de liberté. Liberté par-ci, liberté par là. Ils en ont plein la bouche. Mais bon Dieu, t'en fais quoi de ta liberté ? Si t'as pas un rond, pas de boulot, t'as toute la liberté du monde mais tu sais pas quoi en faire. Tu pars. Et où tu vas ? E comment tu y vas ? Les clochards sont les plus libres de la terre et il crèvent congelés sur les bancs des parcs. La liberté est un mot qui sert seulement à baiser les gens. Tu sais combien de cons sont morts pour la liberté alors qu'ils savaient même pas ce que c'était ? Tu sais qui c'est, les seuls à l'avoir ? Les gens qui ont du pognons. Ceux-là oui...

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