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Somewehre de Sofia Coppola (2011)

Par Cyriltuloup


Un exercice audacieux mais foutu en l’air à cause d’une recherche de l’ennui tarabiscotée. Le dernier film de Miss Coppola ne conduit à rien et passe outre les réflexions attendues. Le néant.

Représenter l’ennui de la bourgeoisie, une idée intéressante qui aurait pu créer le malaise en se rapprochant à la question du bonheur. Mais la fille de papa se mêle les pinceaux dans une narration fastidieuse. Vraie star en Californie où il loge un Château fastueux, Johnny Marco reçoit sa fille de 11 ans. Ils vont passer quelques jours de vacances ensemble, entre parties de Guitar Hero et coups de fil au room service. Somewhere raconte la vie d’un homme roulant en Ferrari, d’un richissime individu tourmenté par la solitude. Un film que l’on croit engagé, qui veut l’être, mais qui reste au travers de la gorge. On peut se demander s’il avait été réfléchit ou non, la réalisatrice ne racontant rien et s’enlisant dans une mise en scène trop timide. Somewhere transmets l’ennui en nous fatiguant, sans que l’on s’inquiète nous même de la situation du personnage.

Sofia Coppola s’attarde sur les plans pour confirmer son exercice de style, mais se désintéresse en même temps du rythme. Elle ne trouvera le ton juste qu’à mi parcours, nous laissant croire au moindre degré de subtilité avant de replonger dans son enfantillage. A trop vouloir prendre son temps, la cinéaste finit par lasser. Tout n’est pourtant pas si mauvais, et la niaiserie est presque compensée par une BO délicieuse et une photographie impeccable. Mais pourquoi un scénario aussi plat ? Pourquoi une réalisation aussi fade et répétée ? Là où il y avait moyen de réfléchir sur le bonheur et l’argent ne découlent qu’une série de belles images qui ne veulent pas dire grand chose. Si on se penche sur les acteurs, on reconnaît un casting bien pensé avec une Elle Fanning qui sort du lot. Stephen Dorff prends son rôle sans précipitations et mène le navire, un navire qui chavire sous les bagatelles d’une réalisatrice qui n’a rien à dire. C’est avec une certaine maladresse qu’elle achève son récit, filmant sans conviction des images qui ne suggèrent strictement rien. Qu’est-ce qu’elle a voulue raconter ? Pleins de choses sans doute, mais elle le fait mal. En fluctuant sa mise en scène avec zooms et glissées de la caméra, elle confirme son aptitude à trouver de bons angles de vue, encore faudrait-il ne pas s’y endormir et oser prendre quelques risques.


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