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Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu

Par Mg


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On a connu Gérald Hustache-Mathieu avec ses courts métrages hauts en couleurs, qui avait révélé Sophie Quinton. Après être passé un peu à côté de son premier long métrage, nous le retrouvons avec grand plaisir pour cette revisitation du mythe Marylin, qui n’emprunte à l’actrice américaine que l’image pour mieux creuser une histoire de rencontre, celle d’un écrivain et d’une starlette overdosée, du parisien de base avec Mouthe, ville de neige et de fromage, perdue sur les bords de la Franche Comté.

L’histoire est rapidement lancée, et le film suivra sur le même fil : un récit qui avance, une vraie enquête pour un écrivain en mal de lignes à écrire, qui se retrouve malgré lui (mais pas trop) au milieu du suicide de l’actrice du coin, une blonde (pas d’origine) qui faisait et défaisait la météo régionale et les publicités de bon aloi. Oui, le réalisateur réécrit l’histoire de Marylin en superposant avec malice le grand destin à l’hollywoodienne (personnages, péripéties…) sur les terres de la province française, allant jusqu’à faire revoir sa BO par un duo de musiciens français, mais étrangement ça passe très bien. Sorte de Pamela Rose du romantisme (oui, bon, peut-être que c’est la faute à Jean-Paul Rouve, cette comparaison absurde…), son Poupoupidou ne tombe pas des nues, reprenant l’image d’origine sans chercher à en faire le matériel de son film, peut-être juste une couverture rapidement dévoilée. Au final, autour de l’énigme de ce personnage, devenu symbole, on suit Rouve, l’écrivain en manque d’inspiration, chercher les cloches dans le village le plus froid de France.

Et c’est joliment écrit. On pardonnera les quelques tours supplémentaires dans une enquête en milieu clos, mais Hustache-Mathieu structure son récit de manière très efficace, donnant rapidement vie aux personnages même secondaires (le jeune flic, la réceptionniste…), tant et si bien qu’on se croirait vraiment à Mouthe, commune perdue en bordure de France, où la neige est devenu un élément incontournable. La magie opère, et si ce manteau blanc teinté de mort étrange ne sera pas sans rappelé Fargo (en moins sombre) ou Twin Peaks (version française romantique), l’héritage semble assumé, et on est plus qu’heureux d’annoncer que ce genre de film pourrait bien sauver le cinéma français, trop souvent enfermé dans un blabla inutile et tristounet. Voici un film qui se ressent pleinement, drôle et plein d’amour, avec la nonchalance d’un Jean-Paul Rouve parfaitement à sa place. Certains films trouvent comme ça le bon ton, et on n’ira pas chercher plus loin. Le plaisir est déjà assez grand.


POUPOUPIDOU : BANDE-ANNONCE
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