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Mesta + Port of Call à La Porte Noire, Bruxelles, le 11 janvier 2011

Publié le 11 janvier 2011 par Concerts-Review

Rue des Alexiens, longeant autrefois le fossé où se jetaient les eaux du Rollebeek, pittoresque et odorant ruisseau charriant détritus, chats morts, ou restes de ripaille, du Zavelpoel vers la Senne du côté de Fontainas.
C'est au 67 de cette pente que niche La Porte Noire, un temple voûté, dédié à la cervoise.
Les Soirées Cerises y programment un double bill aux accents folk en ce 11 janvier, qui en 1885 vit naître la suffragette Alice Paul.
Mesta & Port of Call!
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 Mesta
Le radar utilisé par nos forces de l'ordre pour traquer les fous du volant?
Tu n'y es pas, un duo serbe: Borizlav (iz Izvan Vremena), vocals & guitar et Senka (iz Beograda), vocals, pratiquant un neo-folka, alt./ slow folk minimaliste et attachant.
En 2009 sortait leur mini CD ‘Bez Dna Tajni’ ( = 'No end to mysteries') , ils ont la cote aux Pays-Bas où ils doivent se produire à l'Eurosonic Festival ( 12 au 15 janvier).
Avant le trip batave, une ou deux dates chez Tintin, dont La Porte Noire!
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21h15', intimidés et accablés par le bruit assourdissant des conversations résonant dans la cave, Senka et Borislav tentent de nous faire comprendre qu'ils vont débuter leur set.
Un semblant de calme s'installe, quelques accords d'acoustique et deux voix murmurées entament une lente et fragile mélopée: ' Deveta Pesma' (= the ninth song').
Tu pénètres dans un univers de sensibilité et de profondeur, proche de Nick Drake, Sharron Kraus, des Danois de Murder mais aussi de Low, Ida ou autres chantres du slowcore.
Vincent et sa compagne ne pourront, malheureusement, jouir pleinement de la richesse sombre des douces harmonies vocales, leurs voisins, les trois fils Braillard, leur interdisant toute écoute attentive.
' Ocevo Sijanje' ( = 'Radiance of the father'), du psych folk tout aussi mélancolique et ténébreux.

'Platina' avec l'addition de Pieter van Vliet ( Port of Call) au banjo.
De l'alt.country atmosphérique, plus proche de Brian Eno que de Hank Williams.
Une complainte funèbre non reprise sur le CD ' Svet se kaze suma'.
Retour du demi-frère du Captain Beefheart pour 'Dodji i ostani' , une pièce lancinante, aux frontières du postrock glacé d'Amiina.
Du folk flottant.
Le duo achève son mini-récital avec 'Ovde je uvek negde drugde ' ( = here is always somewhere else) qu'il dédie à l'artiste conceptuel Bas Jan Ader, évaporé en mer, en 1975, lors d'une performance artistique ('In Search of the Miracolous')!
Un voile mystérieux plane toujours au dessus de cette disparition inexpliquée.
30' d'un voyage aseptisé et émouvant, la barrière de la langue ne représentant pas d'écueil si le talent est au rendez-vous!
 Port of Call

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De nombreux musiciens ont choisi ce port intermédiaire comme patronyme: un shoegaze band de Pennsylvanie, t'as aussi du hardcore metal helvète, de la pop française de Annemasse, Pieter van Vliet de Rijnsburg, entre Leiden et Katwijk aan zee, est le suivant sur la liste.
Tout petit Pietje se lance dans le songwriting et enregistre une démo, ' Wooden Shack Sessions'.
La firme de disque 'Mindbender Music' le découvre, le signe et en septembre 2010 sort le EP ' For those who mutter' ( avec u, Ursule), on lui prédit een stralend toekomst en associant son folk à Neutral Milk Hotel et, hum, Arcade Fire!
A dix heures pile, armé d'une acoustique il attaque énergiquement 'Places and chairs', du folk convaincant, que ton cortex relie à d'autres artistes d'Outre-Moerdijk: Blaudzun ou Lucky Fonz III.
Le timbre vocal te ramenant vers Matthew Bellamy.

Le joyeux 'Pictures, riddles and ties' est enrichi de lignes d'harmonica viriles.
Le bluesy folk saccadé qui suit est still untitled ( 'Comfort' étant une option).
Mélodie catchy, vocaux puissants, les assoiffés bavards la ferment et écoutent: jolie performance du gars de Rijnsburg.
'Wind of the morning' sonne comme du traditional British folk, style Iain Matthews, Martin Carthy, Martin Simpson..
Le nerveux 'Turn on the lights' s'impose sans problème à tes cellules.
Il associe 'Shipwrecked' au 'Big mouth strikes again' des Smiths, comme si Morrissey se tapait Donovan!
Un petit tour dans le Tessin pour 'Lake Majore' joué au banjo.
Moins poétique ou moins commercial que Mort Shuman, mais néanmoins harmonieux et embaumant la verveine alpestre.
Pieter clôture sur sa version de 'Don't think twice' de Bob Dylan, au grand ravissement d'un public conquis!
30' qui nous ont paru fort courtes!
Soirée agréable chez les Frères Cellites!


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