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Mathilde Monnier / Dominique Figarella, Soapéra

Publié le 14 janvier 2011 par Jérôme Delatour

Mathilde Monnier, Soapéra, 16-11-2010, n° 8262_1

Pour ce premier contact avec le travail de Mathilde Monnier, le drôle est que j'ai tout de suite pensé au Cornucopiae de Régine Chopinot. Je n'ai absolument aucune idée si les deux chorégraphes peuvent avoir quelque chose en commun, mais ces deux pièces-là, si. Pour moi, c'en était troublant : la même atmosphère post-apocalyptique, le même petit groupe humain survivant en univers hostile, les mêmes combinaisons couvrant les corps, et peut-être, le même effet de dramatisation.

Mathilde Monnier, Soapéra, 16-11-2010, n° 8383

Pourtant, l'intention n'était pas d'écrire une histoire, mais de travailler en collaboration avec une artiste plasticienne, Dominique Figarella. Le gimmick, ici, c'est la mousse. Forcément, on sait qu'il va y en avoir, on est un peu curieux de voir ce que ça donne. Ce que ça donne, du point de vue du spectateur, c'est la sensation d'un territoire inconnu, de l’après. Chaotique, mouvant, sans repères fixes, dont l’apparence neigeuse va puiser en nous des fantasmes enfouis de Guerre froide. Du point de vue des danseurs, ce ne doit être guère mieux. Leur combinaison n’est pas étanche, ils ont l’air trempé, on imagine que la mousse pique les yeux et rend la scène glissante. Reste une matière avec laquelle on peut jouer. La soulever, l’explorer.

Mathilde Monnier, Soapéra, 16-11-2010, n° 8277


Soapéra insiste sur la mousse. Mais l’opéra ? Pas de chant ici, mais une trame dramatique que l’on reconstruit assez aisément. D’abord une danseuse assise, comme en méditation devant une nuée flottante asiatique. Puis des figures égarées, engluées dans cette chape informe, qui explorent, se cherchent, se retrouvent peut-être, s’entraident d’une certaine façon - et un couple furtif. Une grande plaque carrée, blanche comme une toile vierge, joue un rôle central et polymorphe. Tantôt plateau, tantôt menace, tantôt cabane de Robinson, ce pourrait être une métaphore du monde, et les quatre danseurs une métaphore de l’humanité.

Mathilde Monnier, Soapéra, 16-11-2010, n° 8480

Mais après que le plateau s’est abattu sur la scène, faisant voler la mousse en éclats jusque sur le public, le jeu des danseurs et leurs interactions me paraissent moins évidents. Une partie de gestes attablés au plateau me laisse de marbre. Suivent encore de très beaux effets de groupe, et puis c’est fini. Malgré la mousse, je reste un peu sec.

♥♥♥ Soapéra, de Mathilde Monnier, a été donné au centre Georges Pompidou du 17 au 21 novembre 2010.

Retrouvez ici Soapéra en images


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