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A Day Without Policeman : AK 47 trauma’

Publié le 17 janvier 2011 par Diana
A Day Without Policeman : AK 47 trauma’Un monument ! Que dire d'autre si ce n’est que ce film nous transporte aux anges. Il est une douceur maligne à savourer avec une perversité (quasi-) sans borne. A Day Without Policeman / Mou jing shi fen (1993) de Johnny Lee est un category 3 à placer sur le haut du panier de cette classification devenue label.
Dans un village reculé, on suit le quotidien tranquille de l’officier Chan Wai. Ce dernier traîne au fond de lui un passé qui l’a tout bonnement traumatisé. Mais bientôt, la tranquillité de ce village va s’en retrouver ébranlé le jour où une jeune femme chinoise est violée et tuée. Son mari fait alors appel à des chinois du Mainland pour la venger. Ils arrivent armés de AK47, prêts à faire couler le sang de la vengeance…
A Day Without Policeman : AK 47 trauma’A Day Without Policeman (ou 'men, ce film est orthographié des deux façons donc à la limite je préférais le singulier qui irait ici plomber le personnage interprété par l'énormissime impuissant faisant preuve d'une impuissance sans nom, j'ai nommé, tin-tin ! Simon Yam Tat Wah !) est un chef-d’œuvre du genre qui souffre tout de même de quelques mauvaises critiques pas bien sympas. Pourquoi ? Pourquoi tant de haine ? Alors que ce film distille admirablement la haine des uns et des autres dont l'abcès est crevé par le feu d'un enfer, celui des armes dont la musique des détonations nous berce dans l'effroi et le bonheur. On ne peut être qu'admiratif devant tant de débauche et d’excès. C'est à chaque fois la même claque et la même fascination. La scène entrecoupée de flashbacks où Simon Yam fume sa pipe alors que se joue les prémices de l’infâme est d’une beauté incroyable. J’aime le cadrage sur son visage et ses yeux vitreux. Cette tête posée sur le mur assailli d'image du passé qui montrent toute la douleur d'un personnage qui n'a plus d'identité. On sent la dérive palpable s’apprêtant à s'abattre, tout autant que le refus d’y faire face.
A Day Without Policeman : AK 47 trauma’On pourra reprocher à A Day Without Policeman d'être un navet sans nom, décérébré au possible et sans scénario, mais il y en a bien un ! Celui d'un homme traumatisé, rongé par les doutes, en perte avec lui-même alors même que son statut de flic ne peut changer un état de fait dont il est conscient mais dont il se sait incapable de surmonter. Un homme qui devra affronter ses peurs et ses démons dans une pseudo-retraite dans laquelle il passait des jours tranquilles de flic qui ne monte plus au charbon. Un flic mais un homme surtout qui se pensait à l'abri d'un Mal qui le ronge. Alors, oui le film aurait mérité par moment d'être un peu plus fin, moins racoleur. Pourtant, ce sont aussi ces aspects négatifs qui rendent les choses distrayantes. Il y a par moment des scènes mal gérées, certes, des acteurs pas toujours au mieux et pourtant, il se dégage de cette oeuvre une chose incroyable. Une folie destructrice et pessimiste qui atteint ici un point de non-retour crépusculaire. Et puis il faut le voir le Simon Yam, obsédé des jambes partager son amour avec les chiens en faisant son cabotin. Je peux concéder le fait que cela soit risible et ce dans le mauvais sens du terme. Mais que voulez-vous ? J’adore !
Quand est-il de A Day Without Policeman quelques années après sa découverte les yeux écarquillés ? Et bien, cette oeuvre qui était venue s'inscruter, sucer et détruire mes rétines se regarde avec la même jouissance, un même enthousiasme pour une œuvre cinématographique qui reste plutôt bien foutue.
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