Magazine Cuisine

Comment nourrir près de 9 milliards d’individus à l’horizon 2050 dans le cadre d’un développement durable ?

Par Macantinebio

7 milliards d’habitants sur la planète aujourd’hui, 9 milliards demain : quels défis faut-il relever pour nourrir le monde en 2050?

Comment nourrir près de 9 milliards d’individus à l’horizon 2050 dans le cadre d’un développement durable ? C’est à la présentation et la discussion des travaux de prospective menés dans cette perspective à l’Inra et au Cirad qu‘est consacré l’ouvrage « Agrimonde ». Ce rapport est largement commenté par Actu-environnement.

Des experts, d’origines et de disciplines multiples, se sont mobilisés dans cette démarche prospective. Ils ont défini deux scénarios, l’un tendanciel (Agrimonde GO), l’autre de rupture (Agrimonde 1). Ceux-ci sont décrits dans l’ouvrage publié aujourd’hui (cf annexe).

Dans les deux scénarios considérés, nourrir la planète en 2050 apparaît possible. Alors que le scénario tendanciel, Agrimonde GO, le permet au prix d’une dégradation environnementale, le scénario de rupture, Agrimonde 1, montre que cela peut se faire dans le cadre d’un développement durable, sous trois conditions principales :

* Ne pas généraliser le modèle alimentaire des pays industrialisés

Il s’agit par exemple de réduire des consommations alimentaires excessives, et les pertes et gaspillages aux stades de la distribution et de la consommation finale (environ 25% dans la zone OCDE).

* Faire le choix d’une agriculture productive et écologique

Il s’agit de développer une agriculture plus productive, et simultanément plus économe en énergies fossiles et plus respectueuse de l’environnement. Une telle agriculture valorise au mieux les processus écologiques. Elle stimule et exploite les synergies entre espèces végétales et animales. Elle tire profit des avancées scientifiques, mais aussi des savoirs et savoir-faire traditionnels.

* Mettre en place une sécurisation des échanges internationaux des produits agricoles et agroalimentaires

L’augmentation nécessaire et prévisible des échanges agricoles en provenance des pays de l’OCDE, de l’ex-URSS et de l’Amérique latine vers l’Afrique, l’Asie et le Proche et Moyen-Orient, nécessite stabilisation et régulations.

Alors concrètement qu’est-ce que cela signifie?

Tout d’abord on peut noter que le rapport de l’INRA/CIRAD montre que le rôle de l’agriculture ne se limite pas à la seule production alimentaire. Il est également social et environnemental. C’est une notion fondamentale. Sur le plan social l’agriculture doit permettre de fixer des populations sur leurs terres plutôt qu’être considéré comme un réservoir inépuisable de main d’oeuvre destinée à venir grossir les villes et les rangs des précaires.

Sur le plan environnemental elle doit permettre de lutter contre la pollution des eaux et contre le déclin de la bio-diversité.

Reprenons ensuite les 3 conditions préconisées par le rapport pour permettre une agriculture durable:

* Ne pas généraliser le modèle alimentaire des pays industrialisés

Cela sous-entend que nous devons diminuer notre consommation de viande et réduire nos déchets. Notre modèle de consommation à base de viande se répand dans les pays émergents où il apparaît comme le summum du développement social et économique. Nous devons montrer que c’est faux et diminuer notre consommation de viande.

Nous devons également lutter contre les déchets. C’est un problème récurrent dans nos cantines scolaires. Nous donnons un très mauvais exemple aux enfants en jetant selon les estimations 30% de la nourriture produites dans les cantines.

* Faire le choix d’une agriculture productive et écologique

Cette notion est capitale. Le rapport reconnaît que l’agriculture biologique peut être productive. Pour cela évidemment il faut que nos chercheurs orientent leurs recherchent vers l’agriculture biologique plutôt que vers l’amélioration des engrais, des pesticides et OGM. L’Etat doit donner ici les bonnes impulsions.

* Mettre en place une sécurisation des échanges internationaux des produits agricoles et agroalimentaires

Cette condition s’annonce comme la plus délicate. Elle suppose que les marchés agricoles ne sont pas considérés comme des marchés comme les autres et sont donc soumis à une réglementation spécifique. Il est important en effet d’éviter que des spéculateurs puissent acheter à terme des récoltes entières pour ensuite peser sur les prix. Une des réponses à cela est de favoriser le plus possible les productions locales. D’où l’importance du maintien d’une agriculture vivrière dans le maximum de pays au monde. La nature est ainsi faite que les espèces agricoles s’adaptent aux conditions climatiques les plus hostiles. Favorisons la recherche pour comprendre le mode opératoire des ces plantes, laissons les agriculteurs travailler leurs terre sans leur faire concurrence avec des produits occidentaux subventionnés et vendus à bas prix.




Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Macantinebio 850 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte