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Critiques en vrac 34: Kiss and Kill – Deadgirl – Megamind – 600 Kilos d’Or Pur

Par Geouf

Kiss and Kill (Killers)

Critiques en vrac 34: Kiss and Kill – Deadgirl – Megamind – 600 Kilos d’Or PurRésumé: En vacance sur la Côte d’Azur avec ses parents après une rupture douloureuse, Jen (Katherine Heigl) rencontre l’homme de sa vie, Spencer (Ashton Kutcher). Ce qu’elle ignore, c’est que celui-ci est un assassin bossant pour la CIA. Trois ans après, les deux tourtereaux se sont mariés, et Spencer a définitivement laissé tomber son ancien métier. Jusqu’au jour où son ex-employeur le recontacte pour lui proposer une dernière mission…

2010 aura été l’année de la romance mâtinée d’espionnage au cinéma. Quelques mois avant Night and Day sortait en effet Kiss and Kill qui, à l’instar de Mr and Mrs Smith s’inspire très fortement du True Lies de James Cameron. Mais en lorgnant plus du côté du chick flick que de l’action vitaminée, Kiss and Kill ne tarde pas à se dégonfler lamentablement. Ashton Kutcher a beau user de tout son charme et être plutôt crédible en espion, Katherine Heigl plombe tout le film par son hystérie insupportable. Dommage car l’idée de base du film était excellente (tous les amis et voisins du couple sont en fait des espions chargés de surveiller Spencer) et aurait pu donner lieu à une critique acerbe de l’enfer des banlieues US proprettes et de l’hypocrisie ambiante. Le film se laisse tout de même regarder, mais s’oublie extrêmement vite, même si on apprécie toujours de retrouver l’excellent Tom Selleck sur un écran de cinéma.

Note : 4/10


USA, 2010
Réalisation : Robert Luketic
Scénario : Bob deRosa, Ted Griffin
Avec: Ashton Kutcher, Katherine Heigl, Tom Selleck, Catherine O’Hara

Deadgirl

Critiques en vrac 34: Kiss and Kill – Deadgirl – Megamind – 600 Kilos d’Or Pur
Résumé : Alors qu’ils explorent un hôpital désaffecté, deux lycéens trouvent dans les sous-sols de celui-ci une jeune femme attachée sur un brancard. Ils comprennent très vite que celle-ci est en fait une morte vivante, et alors que l’un des deux est décidé à en parler aux autorités, son ami décide de faire de la jeune fille l’exutoire de ses pulsions sexuelles les plus déviantes…

Petit film ayant fait la tournée des festivals, Deadgirl se traîne la réputation d’être une péloche horrifique des plus choquantes. Au final le film ne joue pas vraiment sur les effets chocs faciles, mais se rapproche plutôt d’un Tous les Garçons aiment Mandy Lane dans son exploration du spleen adolescent au travers d’un thème classique du cinéma d’horreur (le slasher dans Mandy Lane, et ici le zombie). Malheureusement, Deadgirl récupère aussi la tare principale de son modèle, à savoir qu’il est souvent assez chiant. Au lieu d’aller au bout de leur concept, les deux réalisateurs évitent la plupart du temps les sujets réellement dérangeants (mis à part dans quelques scènes comme celle de la fellation ou des blessures par balle qui s’infectent). Ils peinent surtout à montrer l’humanité des personnages et à ce que le spectateur prenne fait et cause pour le héros et/ou la jeune fille zombie. Deadgirl aurait facilement pu avoir la puissance d’un Girl next Door, mais les personnages ne sont pas assez attachants pour cela. Le héros est mollasson et son béguin pour une camarade de classe pas très crédible (d’autant que son interprète, le jeune Shiloh Fernandez, est assez peu expressif). De même, le pètage de plomb de son ami J. T., qui reste enfermé dans le sous-sol avec la jeune fille et loue les services de celle-ci, est trop soudain et n’a rien de très crédible. Restent tout de même quelques bonnes illustrations du désespoir amoureux adolescent (les « moches » et exclus de la classe qui se passent le mot et aimeraient tous tester les joies du sexe) et quelques idées un peu déviantes (la suggestion que l’un des personnages utilise les blessures par balle de la morte vivante pour tremper le biscuit). Le final est aussi assez réussi et désespéré, mais un peu prévisible.

Note : 6/10


USA, 2008, DTV
Réalisation : Marcel Sarmento, Gadi Harel
Scénario: Trent Haaga
Avec: Shiloh Fernandez, Noah Segan, Michael Bowen, Candice Accola

Megamind

Critiques en vrac 34: Kiss and Kill – Deadgirl – Megamind – 600 Kilos d’Or Pur
Résumé : Megamind est un super vilain. Depuis tout petit, il affronte sans relâche Metro Man, le défenseur de Metro City, souvent avec peu de succès. Jusqu’au jour où il finit par détruire celui-ci et prendre le contrôle de la ville. Seulement, Megamind ne tarde pas à s’apercevoir qu’être un super vilain sans super héros à combattre, c’est relativement ennuyeux. Ce qui lui donne l’idée de créer et entraîner un nouveau héros, qu’il pourra affronter comme au bon vieux temps…

Soyons honnête, je n’attendais pas grand-chose de Megamind, énième production Dreamworks semblant une fois de plus surfer sur le succès de Pixar (remember Les Indestructibles ?) avec trois trains de retard. Mais une bande-annonce plutôt alléchante et un casting vocal royal (du moins en VO, parce qu’en VF avec Franck Dubosc en tête de gondole à la place de Will Ferrell, ça le fait tout de suite moins) m’ont finalement décidé à me rendre dans les salles obscures pour voir le film en 3D. Et là, surprise, car non seulement Megamind n’est pas une énième resucée d’un succès concurrent, mais en plus c’est un bon film !

Le premier bon point, qui rapproche Megamind de l’autre bonne surprise Dreamworks de l’année, Dragons, c’est que l’humour est pour une fois plutôt fin, et ne tourne pas autour des flatulences, rots et autres rejets corporels. Exit aussi les blagues référentielles périmées dans 6 mois, les nombreux clins d’œil du film sont entièrement tournés vers les comic books, et en particuliers Superman, auquel le film fait ouvertement référence tout du long. Du coup, la plupart de ces références font mouche et peuvent parler à tous les publics, comme par exemple lorsque Megamind se grime en pseudo Marlon Brando pour se faire passer pour le père extraterrestre de Titan, sa future Némésis. Autre gag marquant et bien trouvé, l’entraînement de Titan, réplique d’un niveau de Donkey Kong !

Mais en plus des gags réussis et des dialogues excellents (qui doivent certainement grandement à la qualité du doublage vocal, mis à part un Jonah Hill pas trop à sa place), Megamind est un vrai film de super héros. Comprenez par là que comme dans tout bon film de super héros qui se respecte, on suit avec intérêt le parcours initiatique du héros (même s’il s’agit ici d’un super vilain apprenant à devenir un héros), et que les morceaux de bravoure ne manquent pas. On notera d’ailleurs à ce propos une excellente utilisation de la 3D, notamment lors des affrontements dantesques au cœur de Metro City, qui font rêver sur le potentiel de la technique si par exemple Sam Raimi l’avait eu entre les mains à l’époque des Spider-Man.

En clair, Megamind est une bonne surprise et vient clore en beauté une année cinématographique moyennement riche. On espère juste que Dreamworks ne va pas une fois de plus tuer la poule aux œufs d’or en produisant des suites inutiles…

Note : 7/10


USA, 2010
Réalisation : Tom McGrath
Scénario: Alan J. Schoolcraft, Brent Simons
Avec les voix de: Will Ferrell, Brad Pitt, Tina Fey, Jonah Hill, Ben Stiller

600 Kilos d’Or Pur

Critiques en vrac 34: Kiss and Kill – Deadgirl – Megamind – 600 Kilos d’Or Pur
Résumé : Guyane. Un groupe d’aventuriers dérobe 600 kilos d’or à une mine locale. Mais lors de leur fuite, leur hélicoptère est touché et ils s’écrasent dans la jungle. Poursuivis par les hommes armés de la mine, ils n’ont qu’un espoir : atteindre la frontière du Brésil et disparaître…

L’intention d’Eric Besnard de ressusciter le film d’aventures à la française était des plus louables, d’autant qu’il avait prouvé par le passé (dans le sympathique Cash) que contrairement à d’autres cinéastes français, il était capable de tenir une caméra. Mais entre les intentions et le résultat, il y a souvent un fossé, comme vient cruellement le rappeler ce 600 kilos d’Or Pur.

Non pas que le film soit intégralement mauvais, mais il manque malheureusement énormément de rythme et de rebondissements. Il faut quasiment 40 minutes à Besnard pour présenter ses personnages et lancer le film, ce qui est extrêmement long. Et une fois la très bonne scène du casse passée, le film retombe comme un soufflé. On suit les personnages qui déambulent dans la jungle en s’engueulant, mais on ne ressent jamais la pression ou les dangers qui pèsent sur eux. Il faut attendre les dernières vingt minutes pour que le film s’emballe un peu, mais il est hélas bien trop tard.

Cependant, le film réussit à être sauvé de l’ennui total par quelques points positifs. Tout d’abord la mise en scène de Besnard, qui fait la part belle aux magnifiques paysages de Guyane (même si des fois le réalisateur part dans des trips nature à la Terrence Malick un peu hors sujets), et s’avère plutôt efficace dans les quelques scènes d’action. Ensuite le casting est tout bonnement excellent. Clovis Cornillac est beaucoup plus crédible et à l’aise en baroudeur au grand cœur que dans ses dernières tentatives comiques, et il est secondé par une excellente troupe de « gueules » (Patrick Chesnais, Claudio Santamaria, Eriq Ebouaney, Gérard Klein dans un rôle malheureusement trop court). Mention spéciale à Bruno Solo, épatant de veulerie dans un contre emploi salvateur. A vrai dire, seule Audrey Dana ne semble pas à sa place dans le film et parait totalement à côté de la plaque la moitié du temps.

Le semi ratage du film est donc d’autant plus rageant que Besnard avait quasiment toutes les clés en main pour proposer un bon film d’aventures populaire. On saluera tout de même l’initiative en espérant que Besnard fera mieux la prochaine fois.

Note : 5/10


France, 2010
Réalisation : Eric Besnard
Scénario : Eric Besnard
Avec : Clovis Cornillac, Bruno Solo, Audrey Dana, Patrick Chesnais, Claudio Santamaria, Eriq Ebouaney, Gérard Klein

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