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Exclusif : l’interview de Sarkozy à Pékin qui n’aura jamais lieu

Par Benard

Marianne2 | Samedi 22 Janvier 2011 à 12:01

Marianne2 vous propose les bonnes feuilles du livre « J’ai travaillé pour la propagande chinoise », essai écrit par Anne Soetemondt, à paraître le 27 janvier aux éditions du Moment.

l'interview de Sarkozy à Pékin qui n'aura jamais lieu

Plusieurs médias chinois recrutent des étrangers pour diffuser leurs programmes dans des langues différentes. Les plus gros pourvoyeurs de postes sont Radio Chine Internationale, le groupe télévisuel CCTV et l’agence de presse Chine Nouvelle. Théoriquement, l’enveloppe versée par l’État pour payer chaque expert est la même. Pourtant, comme je le disais plus haut, des différences importantes existent. J’ai été embauchée à RCI pour 9 500 yuans brut. La CCTV m’offre un poste de présentatrice pour 16 700 brut, presque deux fois plus. Une différence du simple au double, comment est-ce possible ? Difficile à dire. Les histoires de retenue de salaire tournent dans tous les services. L’argent doit disparaître à différents niveaux, et entre autres, au niveau de la section, comme semble l’indiquer cette anecdote contée par un collègue japonais. Isaka a souhaité mettre un terme à son contrat à durée déterminée de un an au bout de quelques mois. Lorsqu’il a annoncé sa décision à son supérieur, celui-ci lui aurait répondu : «C’est une question d’argent n’est-ce pas ? D’accord, nous allons faire un effort. Deux fois plus, ça te va ?» L’argent existe bien.


L’INTERVIEW DE SARKOZY

«Ah, je me suis fait harmoniser, s’écrit Michel ce matin. Par Luc !» Se faire harmoniser, c’est se faire censurer. Hier, en enregistrant une émission, Michel a essayé de mettre un peu de vie dans le script en posant une question rhétorique aux auditeurs. «À votre avis, quel est le point commun entre Deng Xiaoping et Ma Ying-jeou ?» Le dernier mentionné n’est autre que le président taïwanais. Le statut de Taïwan est l’un des sujets délicats en Chine.
Officiellement, Pékin considère Taïwan comme un État autonome qui lui est lié conformément à la politique dite «d’une seule Chine» qui veut que la Chine soit «une et unie». Pour Pékin, et donc pour les médias chinois, Taïwan, c’est la Chine. Certains partis politiques taïwanais s’appuient sur des éléments historiques pour revendiquer l’indépendance. Taipei entretient par ailleurs des relations diplomatiques parallèles avec vingt-trois États, bafouant la souveraineté proclamée de Pékin. La Chine refuse les échanges diplomatiques et commerciaux avec ces pays.
En évoquant le président taïwanais, Michel a effrayé notre collègue chinois Luc, chargé de réécouter l’émission avant diffusion.  Évoquer Taïwan, c’est risquer l’erreur. Il a préféré, pour ne pas s’attirer d’ennuis, couper le passage à la hache plutôt que de demander à Michel d’enregistrer de nouveau ou de vérifier. Tian’anmen, lieu qui pour les Occidentaux renvoie aux événements de 1989, n’est « que » la place de Pékin où a été proclamée par Mao Zedong la naissance de la nouvelle Chine le 1er octobre 1949.

 

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