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Laurent Gounelle : "L'homme qui voulait être heureux"

Par Manus

Laurent Gounelle :

   Photo du site babelio.com

« L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle, éd. Anne Carrière, 2008, en dit déjà long rien que par son titre. En couverture, un sous-titre : « Ce que l’on croit peut devenir réalité ». Un livre sur le développement personnel, certes. Mais encore ? Un roman, voyons. Vous me direz, en levant les yeux au ciel, que cet auteur a encore compris qu’en surfant sur la vague de la mode, il verra son roman caracoler au top dix des ventes.

Roman ? Si, si, il s’agit bien d’un roman psychomachin, comme le souligneraient les leveurs de yeux. D’ailleurs, pour appuyer ce fait, l’auteur démarre son livre par une citation de Bouddha : « Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde. »

Le ton est donné. Davantage encore lorsque, dès les premières pages, le lecteur découvre le personnage principal (l’auteur écrit à la 1ère personne du sing.) à Bali, en vacances. Jusque là, je me dis que le contenu semble en cohérence avec le titre et la couverture tout en verdure et en salades (enfin, de l’herbe). J’avoue, je commence à ressentir un certain énervement en prenant conscience du style, genre, très cool, très langage courant, très, parfois, souvent même, comme-on-parle-nous-mêmes-à-la-maison. Je lève à mon tour les yeux au ciel comme les autres, et soupire.

Cependant, je constate avec intérêt que Gounelle possède la capacité de maintenir l’attention du lecteur. Ca bouge. Ca se bouscule. Il y a quelque chose à découvrir.

Le personnage principal est présenté avec humour, et je me surprends à sourire maintes fois de l’esprit joueur et optimiste que l’auteur distille ça et là dans ses répliques, dans sa narration, en réalité drôlissime.

Je me rends à peine compte que j’avale les pages et finalement, je constate que ce style décrié au début était en quelque sorte volontaire afin de rendre le récit plus attractif, sans doute pour que le lecteur ne relâche pas sa concentration.

De fait, je remarque certains passages plus soignés, écrit dans un style enlevé, voire sublimes. Nous sommes au commencement du récit et le vacancier qu’est l’auteur décide de rencontrer un sage, un guérisseur : maître Samtyang.

Non seulement ce touriste ne souffre d’aucune maladie, mais de plus, il ignore lui-même le sens de sa venue auprès de l’indigène. S’excusant presque, il lui dit qu’il vient pour un check-up. Le regard lumineux du maître, la bonté qui émane de lui, et la douleur qu’il aura décelé chez son patient ou visiteur marqueront le début de ce récit émouvant et empreint de sagesse.

Un long cheminement intérieur verra le jour chez notre héros. Si ce que nous lirons semble aller de soi, paraît logique, normal, en réalité, appliquer et prendre conscience de ce que nous relate Gounelle n’est pas si aisé. Ce dernier, au travers de son personnage, nous amène à découvrir les fausses réalités dont, plus souvent qu’on ne le pense, nous sommes prisonniers, nous amène à découvrir les croyances qui nous entravent, et surtout, à transformer notre regard et notre intérieur par la manière dont nous régissons notre pensée.

« C’est normal. Les êtres humains sont très attachés à tout ce qu’ils croient. Ils ne cherchent pas la vérité, ils veulent seulement une certaine forme d’équilibre, et ils arrivent à se bâtir un monde à peu près cohérent sur la base de leurs croyances. Cela les rassure, et ils s’y accrochent inconsciemment. » (p49)

Suivi de près par son maître, le héros apprend à se visualiser de l’intérieur, et comprend, peu à peu, que le regard qu’il porte sur le monde n’est que le reflet des croyances qui le cloisonnent de l’intérieur. Par un glissement doux, un effleurement du cœur et de l’âme, il prendra la mesure de l’amour qu’il possède en lui, de ses aspirations profondes, et de ce qu’il est, fondamentalement, tout en se projetant dans son désir de devenir. Une merveilleuse quête de soi, un trajet initiatique émouvant que Gounelle décrira tout au long de son roman avec humour et surtout, cette simplicité qui, le lecteur s’en rendra compte plus tard, est en quelque sorte la résultante de l’humilité face à la vie qu’il aura acquise lors de son apprentissage.

Le héros apprend donc à distinguer ses rêves enfouis et refoulés depuis tant d’années : ceux-ci, à la lumière de sa conscience, lui procurent joie et sérénité à mesure qu’ils s’ancrent dans la réalité et le concret de la vie. Il apprend sur lui-même, se défait de ses propres croyances qui le nuisent au point de souffrir de ses propres mécanismes, et entre, doucement, dans l’harmonie du corps et de l’esprit.

Ce roman, bien entendu, est basé sur le développement personnel, il est agréable à lire, l’écriture est dotée d’un tonus certain et repose sur une joie de vivre qui revigore. Quant au contenu, il vaut le détour tant par les nouveautés qu’il propose que pour le seul fait de nous rappeler le sens de la liberté intérieure et la valeur de l’amour.

Je terminerai par cet extrait de Gounelle : « Moi qui suis maintenant au seuil de ma vie, je deviens convaincu que l’amour est la solution à la plupart des problèmes que rencontrent les êtres humains dans leur vie. Cela peut sembler une idée simple, convenue, et pourtant pratiquement personne ne la met en œuvre, car il est souvent difficile d’aimer. » ( p.125)

v. vidéo wat.TV (Laurent Gounelle "L'homme qui voulait être heureux")

v. article psychologies.com (Laurent Gounelle "L'homme qui voulait être heureux)

Savina de Jamblinne


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