Pourtant les 1h55 du film n'arrivent pas à convaincre. Pourquoi ? Tout d'abord : la trame, simple et trop formelle. Aucune surprise ne vient parasiter le déroulement de l'intrigue et aucun piment ne vient nous réveiller. Le mécanisme du film, un brin répétitif, fonctionne selon un schéma de comédie musicale ou théâtral et ne s'en démarque pas. Certains apprécieront, d'autres pas. On suit les événements sans trop s'attacher. Les personnages secondaires inexistants et transparents n'arrangent rien à l'affaire. Trop centré sur le duo principal, le film oublie de faire exister ce qui devait briller. A force de trop se concentrer sur le duo Depp / Bonham-Carter, le nombril du film, Burton lasse. La surcharge de chansons vient également handicaper le film, en divertissant certes, mais aussi en brisant le rythme. La fin, montée sur fusée, passe à la trappe toutes les explications pourtant nécessaires, nous laissant comme un goût amer d'inachevé. Au final, Sweeney Todd est certainement le film le plus beau (visuellement comme "scénaristiquement") de l'auteur. Burton lui a insufflé sa propre identité... mais peut-être aussi le plus conventionnel et déstabilisant. Peut-être qu'avec le temps, le film gagnera en puissance, mais pour l'heure le résultat est plus que mitigé... Heureusement, le savoir-faire indéniable de Burton fait passer la pilule. Tout juste. Pas mal mais pas très convaincant. 
Pourquoi y aller ?
Pour la réalisation et l'ambiance où Burton est définitivement passé maître. Pour la distribution sans faute. Pour les beaux numéros musicaux flirtant avec le désespoir. Pour le ton du film, le plus maîtrisé de Burton.
Ce qui peut freiner ?
Les seconds rôles transparents. Le rythme parasité par un trop-plein de chansons. La fin à la fois brillante et expéditive. Le manque de surprises.
Pitch : Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin, qui l'a condamné pour lui ravir sa femme, Lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie d'une certaine Mme Nellie Lovett. Celle-ci l'informe que Lucy s'est donné la mort après avoir été violée par Turpin... Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires...Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin. Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des "tartes" très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l'ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût...
Notre avis : Un opéra baroque et sanglant, très paradoxal, qui est pour nous une légère déception, sauvé par le talent de Tim Burton et une interprétation sans faute...
