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Lang Lang au pays des 1 000 doigts (suite et fin)

Publié le 31 janvier 2011 par Philippe Delaide

FMusique Ce matin, sur Musique matin (France Musique), David Christoffel a consacré sa chronique "Le webophone", non sans une certaine malice, au revirement soudain du Poisson rêveur à propos de Lan Lang (cf. post ci-dessous du 29 janvier).

J'en suis très honoré, même si j'ai senti une pointe d'ironie sur la raison, visiblement perçue comme un peu saugrenue, pour laquelle j'aurai changé d'avis sur le pianiste chinois. Pour éviter tout malentendu, ce n'est de toute évidence pas la qualité d'interprétation de la marche militaire N°1 de Schubert des 101 pianistes qui est à l'origine du revirement. Pour avoir vécu à quel point il est déjà difficile en tant que piètre pianiste amateur de jouer un quatre mains, je suis resté ébloui et, je l'avoue et l'assume, assez ému, d'écouter tous ces pianistes, jouer (à peu près) de concert en étant 50 fois plus nombreux. C'est donc plus l'expérience humaine (semble-t-il assez sincère) qui m'a touché, bien plus que la qualité artistique à proprement parler. C'est pourquoi je trouve assez biaisé, pour ma part, de comparer une version orchestrale de professionnels, de toute évidence mise en boîte pour le disque, par le London Pops Orchestra, avec une interprétation d'amateurs de piano en "live". Un peu trop facile et pas très juste pour nos pianistes amateurs si je puis me permettre M. Christoffel :-)). Pour ma part, je n'ai pas eu besoin de la version du London Pops Orchestra pour reconnaître la marche militaire N°1 de Schubert jouée par nos 101 pianistes.

Ensuite, il reste la question de l'utilité d'un tel exercice, soulevée par David Christoffel. Outre le fait de faire "mousser" Lang Lang, ce qui est indéniable, plus sérieusement, c'est de permettre à 101 pianistes de continuer à apprendre l'écoute mutuelle et de tenter cette expérience humaine que je trouve assez belle, car revenant aux raisons fondamentales pour lesquels on joue d'un instrument. Je ne vois pas d'autre utilité puisque l'on est sur un point essentiel, à savoir jouer de la musique en groupe pour le plaisir. Je ne suis pas dupe sur l'exploitation de cette opération par le Philharmonique de Berlin sur son site et par le concertiste pour son image. Cela me semble finalement assez secondaire car la couleur est annoncée. En outre, comme une sorte de "schubertiade géante", cet exercice n'aurait peut-être pas déplu à Schubert, qui sait. Je vois tout de suite venir le commentaire selon lequel les interprètes des schubertiades, à commencer par Schubert lui-même, étaient d'un niveau technique nettement supérieur. Personne n'est encore là pour en témoigner. Dommage. Il reste donc le bénéfice du doute.

En tout cas cette chronique est amusante et montre comment un blog perçu comme sérieux (je suis très touché par les commentaires de France Musique à l'égard de mon modeste travail) peut s'attendrir bêtement pour une opération sans queue ni tête consistant à faire jouer faux du Schubert par 101 pianistes sous la direction d'un concertiste déchainé. Et oui, j'assume !

Je profite de cette note pour recommander cette excellente chronique de David Christoffel, Le webophone, chaque matin vers 7h40. Avec une saveur aigre douce, elle nous procure des lectures intéressantes sur les rapports entretenus entre le Web et la musique dite classique. Du matériau en tout cas utile notamment pour les sémiologues... Tout cela est fait de façon suffisamment intelligente pour que l'auditeur se forge sa propre opinion.

Lien direct vers la chronique de ce matin.

Chapeau M. Christoffel.


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