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L'interview d'un auteur : Lucas Moreno (2/3)

Publié le 05 février 2011 par Acdehaenne

Comme promis, voici la deuxième partie de l'interview accordée par Lucas Moreno au blog de A.C. de Haenne :

Ondes sonores
A.C. de Hænne : Oui, ça m'arrive aussi de voir des choses dans le crépis de mes toilettes... Je sais aussi que tu es au sommaire de l'anthologie Malpertuis II. Quel est le titre de la nouvelle, et que peux-tu nous en dire ?

Lucas Moreno : Le sommaire de l’anthologie annonce « Premier jour », mais c’est une erreur : le vrai titre, c’est « Comme au premier jour ». C’est une nouvelle de fantastique, mais c’est également ma première incursion dans le registre du polar. Ce texte a marqué un tournant pour moi, parce que j’ai compris que j’aimais beaucoup écrire à la première personne du singulier, que c’était naturel, fluide, que trouver son style, « entendre sa voix », au fond, ce n’était pas très éloigné d’écrire comme on parle. À partir de ce texte-là, je me suis pas mal décontracté.

A.C. : Quelles sont tes autres nouvelles parues récemment (n'hésite surtout pas à être exhaustif !) ?

Ondes sonores

L.M. : Il y a « L’Autre Moi », nouvelle de SF pure et dure sur fond de post-Singularité, parue en mai 2010 dans l’anthologie Dimension Suisse, chez Rivière Blanche. Et aussi « Le meilleur’ ville dou monde », parue en version partielle dans le quotidien genevois Le Courrier et en version complète sur le site www.culturactif.ch. À vrai dire, je n’ai pas beaucoup publié à ce jour : une dizaine de nouvelles en tout. On trouve la liste dans ma fiche nooSFere.

A.C. : D'où te vient ce goût pour l'écriture ?

L.M. : J’ai toujours voulu écrire mais je ne savais pas comment procéder. Pendant longtemps j’ai pensé que c’était pour le style, pour les mots, mais aujourd’hui je comprends que je suis avant tout un storyteller et que c’est ça qui me procure des sensations. La SF, l’aventure, l’évasion, voilà ce qui me botte. Je crois que ma force réside davantage dans les idées, dans les structures narratives alambiquées ou surprenantes, dans les dialogues que dans le style à

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proprement parler. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si je travaille actuellement à un scénario de BD et que j’y trouve carrément mon compte. C’est une véritable révélation, en fait !

L’autre aspect qui m’intéresse, c’est l’écriture tripale, sans concession, émotionnelle. Pour explorer ce terrain-là, j’ai choisi le polar étrange, les univers schizophrènes au bord de la rupture, les ambiances à la Lynch. La fiction d’inspiration autobiographique me titille aussi. J’explore encore les possibilités. Des écrivains comme Fante, Bukowski, Lansdale, Cavanna, Pennac ou Benacquista ont fait des choses merveilleuses dans ce registre. Et depuis quelques semaines, figure-toi que je me suis mis à la poésie, comme ça, tout naturellement. Je n’aurais jamais pensé que ça m’arriverait. J’ai toujours été plutôt imperméable à ce mode d’expression, mais c’est venu, et depuis j’essaie d’ouvrir les vannes de tems en temps.

A.C. : Quelles sont tes sources d'inspirations, tes lectures ?

L.M. : Je lis de tout en permanence. Polar, fantastique, SF,

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littérature générale, comics, BD franco-belge, manga, biographies, essais, histoire... Un aperçu des auteurs que j’affectionne : Lansdale, R. J. Ellory, Jack London, Silverberg, Brussolo, Bradbury, Matheson, Gerard Donovan, Dennis Lehane, Asimov, Robert Charles Wilson, George R. R. Martin, Dan Simmons, Pierre Bordage et bien d’autres ; la liste est longue ! Je suis également boulimique de films, de séries et de musique (j’écris souvent au casque).

A.C. : Quel est ta méthode de travail ?

L.M. : À ce niveau-là, je suis très anglo-saxon. Je crois à l’adage « 99 % de boulot, 1 % de talent ». De fait, seule une discipline quotidienne me permet d’explorer en profondeur mon imaginaire et ma créativité. C’est comme si, tous les matins, mon conscient disait à mon inconscient : « Eh, cerveau droit, c’est 7h30, c’est l’heure de te bouger les fesses. » C’est sous stress que je fonctionne le mieux. Avec des délais, des milliers de signes à abattre par jour, etc. Comme disait Tezuka, et sans vouloir aucunement me comparer au maître, « plus je suis occupé plus j’ai de bonnes idées ». Mais comme je suis extrêmement concentré pendant le travail, je m’épuise vite, donc j’écris rarement plus de 4 ou 5 heures par jour. Sauf quand il y a un gros truc à boucler. J’ai le projet très concret de vivre de l’écriture, mais comme je ne suis pas encore professionnel, je dois me mettre en condition de manière un peu

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artificielle. C’est un peu le serpent qui se mord la queue : pour publier régulièrement il faut écrire beaucoup, et pour écrire beaucoup il faut du temps, or pour dégager assez de temps il faut justement que l’écriture te rapporte de quoi bouffer. À un moment donné, quand on veut vraiment devenir pro, on est forcément « en déséquilibre » à ce niveau-là, mais c’est le prix à payer et je compte bien y arriver, c’est pour ça que je travaille dur.

A.C. : Oui, le serpent qui se mord la queue... Je ne connais que trop bien ! Sinon, quels sont tes thèmes de prédilection ?

Passionnant, n'est-ce pas ? La suite (et malheureusement la fin) arrive dès demain...

A.C. de Haenne


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