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Il n y a pas que la verite qui blesse

Par Jjs

Concernant la note que j'avais publiée sur le fait que la comparaison est rarement raison, certains, qui ne m'ont pas compris, ont soutenu dans des commentaires en bas de page que le peuple avait besoin de ces mensonges comparatistes pour suivre les gouvernants. Il suffirait de dire au peuple : voyez là-bas, ils ont fait cela et ça marche, faisons de même !" et celui-ci se laisserait doucement bercer par les sirènes comparatistes.

La comparaison serait, selon leurs dires, une forme de "pensée magique". Une telle rhétorique ferait "professionnel" . Le propos comparatiste légitimerait, selon eux, celui qui les tiendrait. Il serait expert et "sachant" mais il ne saurait rien si ce n'est ce qu'il conviendrait de dire pour se faire entendre "hic et. nunc " (ici et maintenant ) du peuple..Nous l'avons noté et nous comprenons ce propos.

Toutefois celui-ci nous semble quelque peu déplacé....Nous l'avons écrit dans la note précédente : on ne peut comparer un aspect du droit avec un autre.On ne peut saisir une loi édictée ailleurs et qui "marcherait" pour en faire l'argument d'une réforme ici...Il faut comparer un systéme de droit avec un autre système. Les droits positifs (c'est à dire les droits qui s'appliquent en un temps donné dans un espace donné) forment des touts et telle mesure ici est équilibrée par telle autre qui n'existera pas là-bas et réciproquement.

Certes, la technique positiviste reste encore, de nos jours, la seule autorité encore reconnue unanimement. C'est le formalisme qui triomphe partout.Certes, il faut "paraître" expert et technicien...L'on semble plus sérieux à l'auditoire non averti. On ne juge plus le fond mais le plus souvent c'est la forme qui l'emporte. Il suffit "d'avoir l'air" et cela suffit pour convaincre le grand nombre. Nous sommes encore plein d'admiration pour la technique mais en même temps, celle-ci n'a jamais été autant détestée...Elle perd peu à  peu du terrain et le "technicisme" est d'une certaine manière la marque d'un raidissement de l'idéologie du tout technique... Nous savons désormais qu'il ne faut plus seulement demeurer sur le comment ou sur les méthodes ou les stratégies...Il ne s'agit plus de convaincre et moins encore de communiquer.

Il s'agit de soulager et de guérir. Il importe pour y parvenir de trouver les moyens d'une guérison et d'une thérapie adéquate et salvatrice....nous n'en sommes donc plus à la seule nécessité de se faire entendre même si celle-ci importe ... Il s'agit désormais de trouver les remèdes à nos maux, les solutions ou au moins les compréhensions à ce que d'aucuns appellent nos "crises"... Pour cela, il importe impérativement d'opérer les justes diagnostiques et d'envisager les remèdes qui conviennent et qui sont encore à trouver.

Pour y parvenir, il faut admettre les limites du machiavélisme de bas étage ( En effet, dire qu'il n'y a que la vérité qui blesse ou qui interdit de se faire entendre est purement machiavélique - au risque de n'être peut-être pas machiavélien - en effet, ces propos sont de la plus parfaite augure pour dissuader de chercher le vrai)...

Nous devons réagir et admettre qu'il est faux de soutenir que la vérité blesse toujours. Parfois peut-être la vérité blesse mais elle blesse surtout parce qu'elle permet de découvrir le mensonge. Ce n'est donc pas elle qui est blessante mais le mensonge qui avait été dissimulé et que l'on découvre subitement...Parfois, cependant cette vérité dévoile ce qui devait être et alors elle devient au contraire ce qui guérit...Reprenons donc le proverbe qui se trompait :  dans les moments d'égarement, dans les moments de décalage, il n'y a que la vérité qui guérit et que le mensonge qui tue .

En d'autres termes, celui qui veut "flouer" le peuple finit toujours par récolter la révolte...

Il importe donc de lui dire la vérité et de faire celle-ci un nécessaire pour parvenir à cette fin qu'est la  liberté.

Si parfois le temps du mensonge est admis pour préserver la liberté, la paix et la sérénité provisoire et  afin de ne pas fragiliser ce qui est trop faible, il n'en demeure pas moins que ce temps ne peut avoir qu'un temps précisément et qu'il importe un jour de passer à autre chose pour aller vers ce qui ramène nécessairement à la vie : la vérité...Il suffit simplement de savoir à quel moment il convient de la dire ou comment il s'agit de la dire...

Il n'ya donc pas que la vérité qui blesse. D'ailleurs elle blesse certainement moins que la tromperie, la moquerie et la bêtise....


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