"Oh! puis après tout ce n'était pas de ma faute!!" Chacun de nous se dédouane comme il peut de ses lâchetés, de sa misère affective, morale. Compromissions mesquines, apaisement temporaire des tourments de la conscience. On fait comme si, dans l'enfer du couple, dans la vie professionnelle...
Qui porte l'échec de l'amour dans le couple formé par Anne et Herbert? L'écriture précise, incisive de Lewisohn, la maîtrise magistrale des ressorts de l'âme humaine font de ce livre un chef-d'oeuvre absolu, injustement méconnu. Plus grand que Zweig.
Créature féminine. Peut-on dire de l'héroïne qu'elle est une femme? Elle l'est, dans toute sa noirceur d'âme, dans toute sa vipérine sollicitude. Sa séduction malpropre, son âpreté maladive au gain donne à voir la femme dans toute sa rouerie, sa vilénie; aux antipodes de la créature éthérée, douce, inexistante que l'on a l'habitude de côtoyer. Peut-on trouver des circonstances atténuantes à cette femme?
Lui. Victime? Malédiction ancestrale des dieux? Non. Pas une seconde. Il construit sa destinée tragique, la précipite par sa lâcheté, sa peur de la goule féminine, son refus -et peut-être- son impossibilité de l'affronter.