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Un ambassadeur qui ne fait pas de politique

Publié le 13 février 2011 par Gezale

Un ambassadeur qui ne fait pas de politiqueSerge Lepeltier, maire de Bourges, vient d’être nommé ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique. C’est ainsi que Frank Simon, journaliste au Berry républicain annonce la bonne nouvelle aux lecteurs du quotidien régional. Cette nomination a été officialisée à l’issue du conseil des ministres du 9 février 2011. Il remplace à ce poste Brice Lalonde, nommé en 2007 par Nicolas Sarkozy comme « Ambassadeur du climat », l’ancienne appellation.
C’est de Dakar que le nouvel ambassadeur s’est félicité de sa nomination. Car, dans les faits, Serge Lepeltier, radical valoisien, était déjà sur place pour participer ès qualité aux travaux du Forum social mondial ouvert depuis le 6 février. Tout va si vite ! Son rôle est de préparer le terrain dans les négociations précédant les grands rendez-vous environnementaux. Comme par exemple le prochain Forum mondial de l'eau qui se tiendra à Marseille du 24 au 29 mars 2012. C’est ainsi que le journaliste définit la nouvelle mission de l’ancien ministre de l’Écologie et du Développement durable de 2004 à 2005 dans le gouvernement Raffarin III, par ailleurs actuel président de l’Agence de bassin Loire-Bretagne. Un homme très occupé, de la sorte.
Pour compléter l’information de ses lecteurs et afin qu’ils n’ignorent rien des dessous de la diplomatie, Frank Simon va jusqu’à leur révéler, qu’à Dakar, lors d’un dîner à l’ambassade de France, Serge Lepeltier a pu longuement discuter avec Martine Aubry (ndlr – Lui a-t-il offert des Ferrero Rocher ?) et a côtoyé Danielle Mitterrand (ndlr  : en clair, ils ne se sont pas parlé), comme quoi les forums sociaux seraient des lieux de rencontre où la politique est vraiment mise de côté.
Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes que nous prépare Monsieur l’ambassadeur. C’est du moins le message que tente de faire passer le journaliste. Car l’incongruité de la présence du représentant d’un gouvernement de droite — même affublé de cette pompeuse qualification — soutien de la pensée libérale, au Forum social mondial ne lui effleure même pas l’esprit et ne l’amène à se poser la moindre question.
Le Forum social mondial, c’est la plus grande rencontre des mouvements altermondialistes. Lancé en 2001 au Brésil pour faire pendant au Forum économique mondial de Davos, il compte parmi ses figures les plus éminentes, celle de l’ancien président Lula Da Silva. À Dakar, on a pu y voir cette année des personnalités comme le président bolivien Evo Morales, Danielle Mitterrand, présidente de l’association France Libertés dont on connaît l’engagement dans le combat pour l’accès à l’eau. Tout le contraire du projet que défendent les politiques néolibérales visant à réduire partout le poids de l’État, à supprimer les services publics et à tout privatiser.
Le Conseil mondial de l’eau est un rassemblement auquel participent des ONG, les gouvernements d’une cinquantaine de pays et des organisations internationales, au motif vertueux de résoudre les problèmes de l’eau dans le monde. Son siège est à Marseille et son président – actuellement M. Loïc Fauchon – se trouve être également, heureux hasard, celui de la Société des Eaux de Marseille, filiale de Veolia. Cet organisme privé qui s’autoproclame « responsable de l’avenir de l’eau dans le monde » entendrait dicter à l’ensemble des pays de la planète des orientations et des recommandations. Dont on peut constater, divine surprise, qu’au travers de diverses interventions des participants au dernier Forum mondial de l’eau d’Istanbul, en 2009, elles s’accordent aux vues et aux intérêts des grandes multinationales de l’eau. À titre d’exemple, le Conseil mondial de l’eau a refusé d’entériner la notion de droit à l’accès à l’eau au Forum d’Istanbul.
La nomination de Serge Lepeltier à ce poste « d’ambassadeur du climat » et sa présence à Dakar ne doit par conséquent rien au hasard. Elle est la traduction dans les faits de la pénétration des multinationales de l’eau jusqu’au cœur du pouvoir sarkozyste et de leur implication lobbyiste dans toutes les actions prétendument au service du développement durable et pour l’avenir de la planète. C’est de cette manière que s’effectue dans l’ignorance des peuples, par l’entretien systématique d’un état de confusion, par la perversion des idées généreuses, le combat sans répit de ceux pour qui le profit de quelques uns passe avant toute autre considération, fût-elle la plus noble et au service de tous.
Reynald HarlautMerci à Jean-Pierre Gilbert pour avoir relayé l’information qui nous a servi à la construction de cet article. www.gilblog.fr

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