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Prodigy ‘ The Fat Of The Land

Publié le 14 février 2011 par Heepro @heepro

Prodigy ‘ The Fat Of The LandLe succès de ce troisième n’aura jamais été une réelle surprise. Dès le premier album, Experience, Prodigy fit parler de lui. Avec Music For The Jilted Generation, le groupe mené par Liam Hawlet plantait une pyramide sur la planète de la musique fini-séculaire. En 1996 sortait un avant-goût de ce que serait leur nouveau son « Firestarter » et son clip en noir et blanc (rappelez-vous déjà de celui de « No good (start the dance) ») et la coupe punk de Keith Flint.
Le deuxième single, « Breathe », ne fera pas non plus dans la dentelle, toujours aussi bourrin que le premier, la couleur ajoutant à l’encrassement visuel du clip.
Deux singles, deux tubes, et deux vidéos qui tournent en boucle sur les chaînes musicales. The Fat Of The Land sera ainsi l’une des plus grosses ventes de l’année, dans le monde, et même en France où il terminera tout simplement sur le podium des trois meilleures ventes. Avec plus de huit cent milles exemplaires écoulés dans notre seul pays, le disque se classa ni plus ni moins devant un certain chanteur français prénommé Johnny, et derrière une célèbre Canadienne prénommée Céline.
À y réfléchir, tout cela est finalement surprenant au vu des proportions prises par le phénomène que devint Prodigy. Une petite analyse s’impose.
En plus des deux tubes, un troisième clip ne verra pas le jour, la censure imposant aux chaînes de le diffuser à des heures très tardives : « Smack my bitch up » annonce déjà la couleur, le titre ayant lui-même dû être censuré. Réalisé par l’un des grands réalisateurs de l’époque, le Suédois Jonas Akerlund, cette vidéo devint immédiatement culte. Car la censure attise forcément les regards.
Musicalement, le succès est assuré par une production très bien réfléchie, appuyée par des beats assassins (c’était l’époque du mouvement Big Beat, dont le groupe était l‘un des ambassadeurs avec les Chemical Brothers ou même Daft Punk avec leur percutant Homework). Cette production empêche l’album d’être appréciable aujourd’hui comme il l’était alors, et cela explique aussi pourquoi Music For The Jilted Generation n’a, lui, pas pris une ride.
À noter : deux belles prestations, celle de Kool Keith sur « Diesel Power » (j’avouerai presque que c’est le meilleur titre de tout l’album) et celle Crispian Mills (de Kula Shaker) sur « Narayan ».
Au final, The Fat Of The Land permit à Prodigy d’être peut-être le plus grand groupe de la fin du siècle dernier, notamment pour leurs prestations scéniques. Malgré tout, c’est un disque plutôt inégal, avec des sommets évidents, mais des chutes, notamment la reprise finale de « Fuel my fire » des L7, qui en plus de terminer le disque sur une mauvaise note, gâche carrément l’ensemble. Cela reste un bon petit disque sympa à écouter, sur lequel on entend tout de même le talent de producteur indiscutable de Liam Hawlet, écoutez juste « Climbatize » pour le vérifier. Juste un bon album, donc, mais un groupe énorme.

(in heepro.wordpress.com, le 14/02/2011)

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Voir aussi : Music For The Jilted Generation

Prodigy ‘ The Fat Of The Land


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