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La Bourse russe est risquée, mais son potentiel de gain est important

Publié le 20 février 2011 par Sylsol
Le marché russe constitue une alternative aux pays émergents comme la Chine ou le Brésil. Les actions y sont, en effet, particulièrement bon marché, explique Hugo Bain, gérant de Pictet Russian Equities. Le potentiel de gain est la hauteur du risque : élevé. Ce fonds a gagné 237% en deux ans, mais l'emprise de l'Etat sur l'économie génère de nombreuses incertitudes.
Capital.fr : La Bourse russe a plus que doublé en deux ans. N'est-ce pas le signe d'un emballement excessif ?
Hugo Bain : Non, car les actions restent particulièrement bon marché. Elles s'échangent contre environ cinq fois les résultats 2011, soit près de 50% de moins que le MSCI World, l'indice regroupant les principales Bourses mondiales. Certes, le marché russe mérite une décote, en raison notamment de l'emprise de l'Etat sur certains pans de l'économie, ce qui plombe souvent la rentabilité des entreprises locales. Mais, historiquement, elle est plus proche de 25%.
Capital.fr : Mis à part ces valorisations, ce marché possède-t-il suffisamment d'atouts pour attirer les investisseurs ?
Hugo Bain : Les fondamentaux sont solides. Le pays ne craint pas la crise de la dette souveraine, car l'Etat possède des finances très saines, avec un endettement représentant seulement 8,5% du PIB. Et les perspectives sont au beau fixe. La croissance devrait approcher 5% en 2011, portée par les investissements massifs dans les infrastructures et par le niveau élevé des prix de l'énergie. L'économie y est en effet très dépendante : une hausse de 10 dollars du baril de pétrole, c'est 1 point de croissance en plus pour la Russie. Or, les cours de l'or noir sont clairement orientés à la hausse, la demande de la Chine étant insatiable.
Capital.fr : L'inflation, qui a atteint 9,6% en janvier, n'est-elle pas une menace ?
Hugo Bain : Son niveau est en effet élevé, mais la banque centrale s'emploie déjà à résoudre ce problème, en augmentant notamment les taux directeurs. Surtout, cette flambée des prix s'explique en grande partie par la hausse des cours des matières premières, qui profite à la Russie, le pays étant un grand producteur d'hydrocarbures, de blé... Du fait de cette spécificité, les investisseurs ont même tendance à jouer le marché russe pour se protéger d'une envolée de l'inflation.
Capital.fr : A vous entendre, investir en Russie semble une partie de plaisir...
Hugo Bain : Attention, cela reste particulièrement risqué. Les actions russes sont très volatiles, en raison de leur dépendance aux matières premières, et les fluctuations sont amplifiées par le manque de liquidité : l'indice de référence du pays, l'équivalent du CAC 40 local, comprend des valeurs dont la capitalisation boursière atteint à peine le milliard d'euros. Le risque est donc élevé, mais le potentiel de gain l'est tout autant. Les investisseurs voulant doper la performance de leur portefeuille seraient donc bien inspirés de placer une petite partie de leur épargne sur ces actions. D'autant que le vaste plan de privatisation lancé cette année par l'Etat et la multiplication des introductions en Bourse devraient permettre de fluidifier le marché et de limiter la mainmise de l'Etat sur l'économie.
Capital.fr : Quels secteurs favorisez-vous actuellement ?
Hugo Bain : Nous avons récemment renforcé nos positions sur les compagnies gazières et pétrolières, qui constituent plus de 30% de notre portefeuille. Nous sommes généralement assez prudents vis-à-vis de ces sociétés, car leurs bénéfices sont fortement taxés par l'Etat. Mais leurs valorisations sont à la casse. Le géant des hydrocarbures, Gasprom, s'échange contre seulement 3,5 fois ses bénéfices attendus pour 2011, tandis que Transneft ne vaut que 1,5 fois ses résultats. A titre de comparaison, Total se paie plus de 8 fois les bénéfices.
(Thomas Le Bars - capital - 16/02/11)

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