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The King Of Limbs : Le dernier "Radiohead"

Publié le 22 février 2011 par Nicolas Lordier

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Minuit vingt-deux, j'écoute le nouvel album de Radiohead allongé dans mon lit, la seule lumière qui jaillit étant celle de l'écran de mon ordinateur portable. Je parlerai d'émotions, de sensations, de textures, de chocs, de sentiers... Précisément nocturne. Jamais menaçant. Délicatement abrupte. J'évoquerai aussi ce qui m'a touché, ce qui m'a laissé indifférent. Parcourons la sphère "The King Of Limbs" sans plus tarder. L'éclosion a lieu avec "Bloom", un titre qui privilégie l'empreinte rythmique de Phil Selway et la voix de Thom Yorke. Celle-ci survole une ambiance lunaire qui collerait volontiers à un film de Cronenberg, toujours dans cette idée de dompter le rationnel. "Morning Mr Magpie", avec sa guitare étouffée et sa rythmique toujours soutenue, maintient la tension et semble ne pas vouloir s'éloigner de ce non-format, de cette anti chanson pop, fortement caractérisés par l'absence du triangle couplet-refrain-pont. Je passerai "Little By Little" qui m'évoque beaucoup de choses connues chez Radiohead. J'arrive à la plage quatre. Dans la lignée des deux titres qui ouvrent l'album, "Feral" convoque une cavalcade de rythmes et des bribes de voix de Yorke qui composent un paysage qui peut s'avérer frustrant. Le néant domine, il nargue chaque visiteur qui chercherait un signe de vie. "Lotus Flower" arrive à point nommé pour soulager le visiteur désespéré de découvrir l'oxygène d'une chanson, celui qui a pu les enivrer sur "In Rainbows". "Codex" me renvoie à "Kid A", l'album qui a ouvert les voies de l'expérimentation, celui qui m'a bouleversé. Je me rappelle encore de la tournée qui a suivi, les Arènes de Nîmes en cette année 2000 où l'on ne parlait pas encore de réchauffement climatique, de crise et de révoltes. Radiohead était alors au sommet car il avait renversé le monde avec "OK Computer" et revenait avec un disque bourré d'idées. Des idées que l'on ne retrouve plus sur ce nouvel album, intéressant, toujours marqué par l'insatiable direction du non conventionnel mais qui peine à se faire une vraie place. Après avoir bouleversé certains codes et observé une vraie progression tout au long de sa carrière, Radiohead marque le pas, propose huit titres, comme un recueil de faces B. Pas de déception ni le cri d'un coeur heureux. On suit Radiohead qui évolue, à la manière du temps, toujours dans l'attente d'un rayon de soleil qui vient ou qui ne vient pas. Il décide, on découvre.


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