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No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

Par Jean-Philippe Schumm
A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer...
Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir...

Avis : Les frères Coen livrent un film purement noir et grinçant. De l’arabica serré bien sombre, sans échappatoire. Le récit s’intéresse à un affrontement entre deux « gueules » arbitré par une troisième. Le premier (Javier Bardem, l'idole lol) est un tueur sanguinaire et calculateur (avec un pilon à air comprimé), sans émotion, mais qui a des principes (et une coupe au bol!). Le second (Josh Brolin) est un fermier soudeur (avec chemise à carreaux), du profond Texas, qui a dérobé 2 millions de dollars au premier. Le dernier (Tommy Lee Jones) est un sheriff nonchalant et philosophe. Vous l’aurez compris, les Coen Brothers s’intéressent à nouveau à des personnages atypiques, pittoresques, dans un parcours violent à la fin inéluctable (et gênante même). Le tout est réalisé de main de maîtres : la densité des paysages est très bien exploitée, le soucis du détails (les plans de coupe sont particulièrement bien utilisés) ; chaque scène est efficace (voire anthologiques pour certaines !) et comprend bizarrement beaucoup d’action et de punch. L’humour cynique et noir est toujours là, mais par petites touches, par petites dialogues surréalistes, juste pour relativiser le tout. Car le tout, c’est une description de l’Amérique, basée sur la violence, dans laquelle se place une réflexion sur le rôle de chaque être humain dans ce cirque. Un tueur tue et rien ne l’arrêtera, une proie passe son temps à louvoyer et fuir sa mort certaine… Et dans le monologue final (faisant écho au titre du film) de Tommy Lee Jones, résigné à être dépassé par un monde qu’il ne comprend plus, se forge cette idée qu’un homme a un rôle précis, et ne peut pas toujours aller contre son destin, et au sens plus général contre sa fin inéluctable, c’est-à-dire la mort (une fin surprenante qui m'a gêné d'ailleurs). Pr conclure, No country for old men est excellent, je vous le recommande fortement!
Date de sortie : 23 Janvier 2008

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