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Frontière(s)

Par Luc24

Xavier Gens, réalisateur déjà expatrié aux Etats-Unis (son film Hitman est sorti récemment) propose un nouvel essai de film de genre pour le cinéma français. En 2007 tous les films de ce type se sont cruellement ramassés. Frontière(s) a-t-il de quoi redonner un nouveau souffle ?

La critique  

Un plaisir coupable à réserver aux amateurs du genre

La France va mal. Le FN est sur le point de passer au pouvoir et dans les banlieues c'est le cauchemar. Une bande de jeunes de la cité , désespérés, ont commis un braquage qui a mal tourné. La police aux trousses, ils décident de partir à Amsterdam pour tenter de commencer une nouvelle vie. Mais sur la route ils s'arrêtent dans un petit motel isolé, histoire de se reposer. Grossière erreur...

David Saracino et Estelle Lefebure. Isabelle Chêne-Dubois

La caméra bouge dans tous les sens, les acteurs sont hystériques, la détresse est plus que palpable : Frontière(s) démarre très fort et se démarque des productions récentes. Réaliste et nerveux le film s'apparente donc comme une belle promesse en mêlant horrifique et politique. Malheureusement, cette bonne idée de début de scénario ne trouvera pas de suite. Dès lors que nos jeunes amis pénètrent dans le motel, on retourne à nos moutons et le spectacle est prévisible : des hôtes complètement frappés, néo-nazis, qui n'ont que pour seul but de faire de nos petits jeunes de la chair à pâté. Contrairement à ce qu'indique l'affiche, l'oeuvre de Xavier Gens n'est pas une pure boucherie. Pour un film du genre gore cela reste même assez soft. Non, nous ne frissonnons pas vraiment mais le divertissement est efficace. Le réalisateur offre un film digne des productions américaines, référencé et plutôt jouissif. A défaut d'être un très bon film de genre comme pouvait l'être le récent A l'intérieur, Frontière(s) se contente donc d'être un pur plaisir coupable. Les personnages sont stéréotypés, les acteurs en font souvent trop mais on sent le plaisir de l'équipe à faire pisser le sang et il faut avouer que c'est un plaisir partagé. Les amateurs du genre trouveront donc leur compte, sans être dépaysés (et pourront admirer la bitch attitude outrancière de Estelle Lefébure).

Pour un public de non-habitués la tâche risque néanmoins d'être beaucoup plus difficile. Si l'on prend le film au premier degré on ne pourra y voir qu'un thriller horrifique surjoué et extrêmement dur vis-à-vis de la gente féminine (le nombre de fois où le mot "salope" est prononcé est assez étourdissant). A vous de voir si vous êtes d'humeur à rire de tout...ou pas.


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