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Le métier de bibliothécaire (2010) IV

Par Hiram33

Les bibliothèques françaises et la coopération internationale

L’Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD) a pour objet de développer une coopération entre les bibliothécaires des pays francophones, en favorisant l’expertise dans le domaine de la bibliothéconomie et des sciences de l’information et le transfert des connaissances professionnelles dans le cadre de la francophonie. Elle tient annuellement son congrès dans le cadre de l’IFLA et développe un programme d’échanges de professionnels des bibliothèques entre les pays francophones. L’European Bureau of Library Information and Documentation Association (EBLIDA) fédère les associations nationales, les grandes bibliothèques et les services de documentation et d’archives pour jouer un rôle de lobby auprès de l’Union européenne, notamment pour tout ce qui touche au droit d’auteur et à l’accès à l’information dans le cadre de la documentation numérique. L’International Federation of Library Association (IFLA) représente la profession dans toutes les instances internationales. Elle est organisée en sections, par types de bibliothèques et développe des programmes de coopération appliquée dans certains domaines comme UNIMARC. La Ligue des bibliothèques européennes de recherche (Liber) soutenue par le Conseil de l’Europe fédère les bibliothèques et des institutions de coopération pour promouvoir les bibliothèques de recherche en Europe. Elle travaille essentiellement à la préservation et la conservation des collections constituant le patrimoine culturel européen, la numérisation, l’acquisition des ressources électroniques et l’Open Archives Initiative.

La jonction des bibliothèques publiques et des BU

C’est par la politique d’accueil des publics et notamment dans les grandes villes par l’accueil des étudiants que cette jonction s’opère. Sous la contrainte d’un effort de rationalisation de la gestion des mètres carrés et des mètres linéaires, cette jonction s’opère également sur le terrain de la conservation partagée. L’exploitation du Centre technique du libre de l’enseignement supérieur ayant démontré l’utilité et l’efficacité de ce type d’institution de nouveaux projets de centres de stockage partagé voient désormais le jour.

Valoriser les collections, démocratiser le savoir : les objectifs de la numérisation concertée.

Depuis la création de Gallica, la politique de valorisation des collections a essaimé dans l’ensemble des grandes bibliothèques. Un effort de concertation entre les ministères de tutelle et les principaux opérateurs de numérisation de documents se met en place.

Une coopération des bibliothèques à l’échelle mondiale

Les bibliothèques participent à l’élaboration d’outils bibliothéconomiques de dimension et de rayonnement mondiaux. C’est le sens des accords récemment signés par la BNF et l’ABES avec Online Computer Library Center (OCLC) pour verser dans Worldcat, le catalogue mondial des bibliothèques, les 13 millions de notices du catalogue général de la BNF et les 8 millions de notices du SUDOC.

IV Documents, collections et accès

1 Politiques documentaires et typologie des collections

Objectifs des politiques documentaires

Une politique documentaire s’occupe d’acquisitions, d’éliminations, d’évaluation, de valorisation et de médiation.

Elle s’élabore en fonction des publics, des collections existantes, des budgets attribués, de la production disponible dans le domaine. En tant que gestionnaire du bien public, le bibliothécaire doit confronter son point de vue avec celui des tutelles; en tant que lieu incontestable de l’expression de la citoyenneté, la bibliothèque doit tenir compte des publics à desservir. Le bibliothécaire est le gérant d’un équilibre entre vision personnelle et approche collective, entre liberté intellectuelle et contraintes multiples : voilà ce qui constitue la déontologie du métier.

Typologie des documents

Un document est un ensemble formé par un support et les données et les informations qui y sont stockées, enregistrées. Il possède des caractéristiques physiques (format, forme, matériau et des caractéristiques intellectuelles (contenu, types d’informations). L’évolution des documents en bibliothèques suit l’évolution des techniques de conservation, de publication et de diffusion de l’information. Tous les supports sont admis en bibliothèques à partir du moment où ils peuvent être référencés, indexés, conservés. Le support reste également un élément de référence pour son traitement et pour sa diffusion.

Les livres

En 2007, les livres représentaient 81 % des collections des BM et 71 % des emprunts. Le livre est une suite de feuillets manuscrits ou imprimés assemblés dans l’ordre où ils doivent être lus. On reconnaît un livre à son ISBN, sa couverture, son dos, le 4è de couverture, la tranche, les parties liminaires avant la page de titre. Son contenu comporte le titre, mention de responsabilité (auteur), introduction, préface, postface, table des matières, index. Un livre peut se déchirer en plusieurs tomes ou plusieurs volumes et recouvrir plusieurs genres : romans, encyclopédies, dictionnaires, BD.

Pour le bibliothécaire, le livre est une monographie, un ouvrage qui forme un tout homogène. Le livre est un objet éditorial, résultant de multiples interventions et de choix. Le bibliothécaire suit le travail des éditeurs. En 2008, 63 000 nouveaux titres sont parus. Les critères de sélection s’avèrent donc importants et difficile à élaborer. Le développement du réseau internet, l’évolution des technologies de stockage, de diffusion de textes sur des outils informatiques ont fortement influencé la chaine éditoriale classique. Le livre numérique ne peut être une simple imitation d’un livre imprimé sur écran car il ne s’agit pas pour les professionnels de remplacer coûte que coûte le livre papier mais d’offrir de nouveaux usages complémentaires aux lectorats d’aujourd’hui séduits par le multimédia et le mobilité. Les expériences de présence de livres numériques dans les bibliothèques engagent surtout les professionnels à s’interroger sur les nouvelles pratiques de lecture et à accompagner les tâtonnements et entreprises des éditeurs dans le domaine. Dans le domaine de la diffusion scientifique et technique, la possibilité de faire connaître immédiatement et internationalement les résultats de travaux de recherche a profondément modifié les échanges avec les acteurs de l’imprimé. Les lecteurs ont recours de plus en plus à internet pour leurs recherches. Ainsi les bibliothécaires se demandent s’il faut acheter la nouvelle édition imprimée de l’Encyclopédie universalis ou la proposer dans sa version électronique. Les sites en ligne, dès l’introduction du réseau internet en bibliothèque, ont été perçus comme une mine de renseignements susceptibles d’intéresser les publics et de répondre à leurs recherches d’information très tôt, les bibliothécaires ont sélectionné des sites, les ont collectés triés et classé sous forme de sitothèques.

La presse, les magazines, les revues

L’Agence française de normalisation définit les périodiques comme des publications en série dotées d’un titre unique, dont les livraisons généralement composées de plusieurs articles répertoriés dans un sommaire se succèdent chronologiquement à des intervalles réguliers.

Presse papier

On distingue globalement trois familles : les quotidiens et news magazines, les magazines spécialisés et les revues professionnelles. Tout périodique est identifiable par son ISSN mais aussi par sa structure globalement régulière (œuvre collective, dont le titre figure sur la 1ère page, c’est dans l’ours que le professionnel ira identifier le directeur de la publication, les journalistes collaborateurs.

Presse en ligne

Si le nombre de lecteurs tend à diminuer pour la presse imprimée, l’audience des sites de périodiques en ligne progresse nettement. Il faut souligner son impact dans tous les domaines du savoir et son poids dans la hausse des budgets consacrés aux abonnements en ligne, particulièrement en BU. La communication des travaux scientifiques passe inéluctablement par une publication numérique. La plupart des périodiques intègrent sur leurs sites des accès à leurs archives via des recherches en texte libre. Pour faciliter l’accès simultané aux archives de presse, des entreprises comme Europress proposent différents services aux bibliothèques, centralisant et regroupant les informations dispensées entre presse papier et presse en ligne.

La musique

Si le livre est présent dans tous les types d’établissements, les bibliothèques publiques et quelques bibliothèques spécialisées s’intéressent particulièrement à la musique. Le traitement des disques répond à des règles et à des normes spécifiques. Les bibliothèques peuvent jouer un rôle déterminant dans la diffusion de la musique, la sensibilisation aux pratiques instrumentales et le soutien aux projets de création. En 2007, 2047 BM prêtaient des disques et consacraient 12% de leurs budgets d’acquisitions à l’achat de phonogrammes. Le marché du disque décroît. Le département audiovisuel de la BNF avait reçu 17 293 enregistrements sonores en 1990 et 9885 en 2007. Les discothèques s’enrichissent de portails d’écoute en ligne, de sites de partitions numérisées libres de droit, de sites de compositeurs, artistes ou musiciens qui misent sur la diffusion libre de leurs oeuvres.

Le cinéma

En 2007, un peu moins de la moitié des BM possèdent un fonds de vidéogrammes, soit 2 millions de films. La bibliothèque du film (BIFI) au sein de la cinémathèque française, propose des films de tous les pays mais aussi des documents se rapportant au cinéma (affiches, scénarii, articles). Les bibliothèques ne peuvent proposer que des vidéogrammes dont les droits spécifiques ont été négociés par des fournisseurs institutionnels ou commerciaux. Quand un vidéothécaire souhaite acheter un titre, il doit vérifier les droits spécifiques négociés par les fournisseurs ou négocier les droits lui-même. Le droit de prêt concerne les vidéogrammes destinés à être prêtés gratuitement et utilisés dans le cadre du cercle de famille. Le droit de consultation sur place concerne ceux qui peuvent être visionnés gratuitement dans l’enceinte de la bibliothèque. Plusieurs fournisseurs commerciaux comme l’Adav, Colaco ou CVS proposent des catalogues généralistes en ligne, des listes de nouveautés, des services de conseils. Dans le domaine du cinéma documentaire, des établissements comme l’INA, le CNRS ou la BPI donnent accès à des catalogues de films spécifiques pour les bibliothèques. Quelques bibliothèques se sont abonnées à la plate forme Arte vod et complètent ainsi leur offre de DVD en supportant les coûts des téléchargements. Les bibliothèques poursuivent à travers la vad leurs objectifs de démocratisation et d’accès pour tous.

2 Des acquisitions au désherbage : repérer, choisir, éliminer

Gérer une collection

Aujourd’hui, les professionnels conçoivent la collection comme un ensemble dynamique, intégrant de façon constante de nouveaux documents (acquisitions) et évacuent dans le même temps les éléments qui n’y ont plus leur place (désherbage). La collection est donc un ensemble vivant, cohérent et limité de documents. Au sein de chaque bibliothèque, la politique documentaire doit être l’objet d’une réflexion adoptée sur les trois points qui la dessinent : les acquisitions, le désherbage et la conservation.

Les acquisitions

Tout document qui entre dans la collection doit être considéré comme une acquisition, que ce soit à titre onéreux ou gratuit. L’expression « acquisitions » recouvre l’ensemble des tâches qui relèvent de la décision d’enrichissement des collections : choix des livres après collecte et examen des informations éditoriales, réflexion individuelle et collective sur la pertinence du document dans la collection, préparation du bon de commande au tri au sein d’un don.

Procéder à des acquisitions peut correspondre à trois démarches différentes :

sélectionner des nouveautés dans la production récente; on parle alors d’acquisitions courantes.

Remplacer des documents perdus ou détériorés

enrichir une partie de la collection, ou un domaine peu représenté. Dans ces deux derniers cas, on parle d’acquisitions rétrospectives.

La révolution numérique a impacté le travail de constitution des collections avec la démocratisation relative de l’internet, les bibliothèques sont entrées clairement dans un contexte concurrentiel; dans la musique et le cinéma, mais aussi dans le domaine de la lecture à des fins d’information et de loisirs, l’internet a bousculé le triangle usager/bibliothécaire/collections qui fonctionnait jusqu’alors. L’usager est désormais acteur de sa propre recherche; les collections matérielles (livres, disques, dvd) peuvent être considérablement enrichies par les ressources « immatérielles » : par les informations du web mais aussi par l’offre extrêmement large qui existe en musique et vidéo en ligne. Les bibliothèques doivent proposer à la fois la richesse de ces ressources électroniques qui échappent en partie à leur contrôle et, dans le même temps, continuer à promouvoir les collections matérielles et leur importance dans l’appropriation des savoirs.

Organisation du travail

Au-delà de la qualité des collections, ce qui est en jeu, c’est la possibilité de mettre très rapidement à la disposition des usagers des nouveautés et, plus important encore, les documents qu’ils ont demandés. Traditionnellement, la répartition des acquisitions est faite par section : il y a un acquéreur responsable pour la section d’étude, un autre pour la section jeunesse. Au-delà d’une certaine taille et d’un certain nombre de bibliothécaires en capacité de procéder à des acquisitions, on a tout intérêt à partager les acquisitions de façon thématiques, par domaines. Un domaine est un sous-ensemble cohérent de la collection défini par découpage : cela peut être une classe Dewey, ou une thématique.

4 étapes pour bien acquérir

1ère étape : les suggestions

La suggestion est l’expression du public par l’intermédiaire des cahiers de suggestion. Bien entendu, une suggestion n’est pas une demande d’achat, elle ne sera pas forcément suivie d’une acquisition.

2è étape : la sélection

La sélection est une affaire de bibliothécaires et doit être menée sur des critères professionnels. Elle commence par la vérification de l’identification du document et de sa disponibilité et aboutit à un bon de commande envoyé aux fournisseurs après validation. Les bibliothécaires établissent cette sélection en faisant autant que possible abstraction de leurs goûts personnels pour atteindre les objectifs fixés par la politique documentaire. Sur certains sujets sensibles (politique et religions) atteindre l’objectivité et le pluralisme dans les collections n’est pas facile, mais doit rester un objectif. Dans les bibliothèques où le personnel qualifié est plus nombreux, il est intéressant de confronter les points de vue, au moins quand on a des doutes sur l’interprétation des grands principes et des objectifs.

3è étape : la validation

La validation de la commande est le plus souvent un acte administratif : la signature du bon de commande, qui revient la plupart du temps au responsable de la bibliothèque. Des réunions d’acquisitions permettent le débat d’idées avant la validation. C’est souvent au niveau de la direction de la bibliothèque qu’existe la vision d’ensemble de la collection et de la politique documentaire.

4è étape : l’achat

C’est le plus souvent une personne issue de la filière administrative qui s’en occupe. Il s’agit de vérifier que la commande a bien été adressée au fournisseur adéquat et le réorienter dans le cas contraire, vérifier la conformité de la commande avec les marchés publics en cours, le cas échéant, regrouper la commande avec d’autres commandes en cours pour faciliter le suivi, procéder aux opérations informatiques dans le logiciel de suivi comptable et financier pour assurer un suivi conforme aux règles en vigueur avec le services financiers de la collectivité, pendant toute la durée de la commande et au-delà, assurer les relations entre le fournisseur et la bibliothèque, informer les bibliothécaires acquéreurs du déroulement de la commande, en particulier en cas de retard, non livraison, rappel nécessaire sur la prochaine commande, assurer enfin, à réception de la commande, le suivi du mandatement et du paiement du service fait au fournisseur.

Achats, dons, legs, dépôt

Un don ou un legs est un mode d’acquisitions dans lequel il faut être aussi sélectif que s’il s’agissait d’un achat. Les dons ne doivent pas encombrer les flux des documents déjà nombreux. On fera en sorte d’éviter que des particuliers déposent des cartons de livres à trier comme si la bibliothèque était une antichambre de la déchetterie. Il faut sécuriser juridiquement les opérations de dons par une procédure aussi simple que possible. Pour ne pas décourager les bonnes volontés sans se faire déborder, il faut mettre en place une procédure concernant les dons de documents dont chaque membre de l’équipe de la bibliothèque prendra connaissance. Il y a toujours la possibilité de réorienter des livres donnés et qu’on ne veut pas garder vers d’autres bibliothèques ou d’autres organismes qui pourraient en avoir besoin.

Adéquation par rapport à la politique documentaire de la bibliothèque

Une des façons les plus sûres d’éliminer, autant que possible, la subjectivité est de se référer à la politique documentaire définie par l’établissement. C’est la place du document dans la collection qui doit déterminer le choix de l’acquéreur. Il faut se demander si le document examiné viendrait combler une lacune ou s’il ferait double emploi. Il faut penser aux autres bibliothèques si un livre est trop pointu ou trop spécialisé. Quand il existe sur le même territoire une bibliothèque publique, une BU et quelques centres de documentation spécialisés, il est indispensable de se connaître mutuellement et d’échanger plusieurs fois par an sur les choix de politique documentaire.

Qualités des contenus

Il faut se fier à l’éditeur et à la collection, aux infos recueillies dans certains outils utilisés pour la sélection (articles critiques dans la presse, avis du libraire), il faut vérifier la qualification de l’auteur, interroger les catalogues en ligne d’autres bibliothèques spécialisées pour vérifier si elles ont sélectionné ce document, prendre l’avis de spécialistes (enseignants, universitaires).

Accessibilité pour le public concerné

En ayant à l’esprit les catégories de public à desservir, on examinera les documents en fonction de la collection et l’éditeur (universitaire ou vulgarisation), la langue et le niveau de langage utilisés, le niveau de spécialisation indiqué parfois sur le 4è de couverture, la cible de l’éditeur pour ce document : grand public ou spécialistes.

Maintenir la tension entre offre et demande

Les avantages d’une position ouverte par rapport aux demandes du public sont nombreux : satisfaction des publics, succès populaire, renouvellement et rotation des collections, modernisation de l’image de la bibliothèque, meilleure distance des bibliothécaires qui ne cherchent pas à imposer leurs propres jugements de goût, meilleure attention aux productions de la culture populaire.

Cependant, si on s’en tenait seulement aux demandes du public pour faire des acquisitions, c’est la constitution d’une collection pour le long terme qui serait mise à mal. Le travail des bibliothècaires est aussi celui d’une veille sur des publications qui échappent aux logiques commerciales et moins bien diffusées, afin de permettre l’accès à des oeuvres qui, sans les bibliothèques, resteraient confidentielles.

Les outils de la sélection

Pour les acquisitions courantes il faut utiliser Livres hebdo qui propose l’actualité des auteurs, libraires, éditeurs, bibliothécaires. Il propose aussi des dossiers bibliographiques thématiques, une chronique juridique. Les livres proposés sont classés en Dewey avec un court résumé et une brève indication sur le public concerné. Electre est une base de données bibliographique et la plus complète sur les livres disponibles en français. Elle sert aussi pour préparer des commandes. On peut utilement lire « Le Monde des livres », les pages livres du journal Libération, Le Figaro littéraire, Télérama, Lire, le Magazine littéraire. Les visites en librairie permettent de procéder à des sélections livres en main mais aussi d’observer les livres que les libraires ont mis en valeur. Les représentants des petits éditeurs peuvent aider les bibliothécaires dans leurs choix.

La consultation des catalogues des autres bibliothèques permet entre autres de vérifier qu’un ouvrage s’y trouve déjà pour s’assurer qu’il fait référence.

Les outils pour les acquisitions rétrospectives

Ressources du web (sites sur les auteurs)

Dictionnaires et encyclopédie

Bibliographies élaborées par des bibliothèques

Bibliographies des publications universitaires

La consultation des catalogues de bibliothèques spécialisées comme la bibliothèque du film pour le cinéma ou la bibliothèque des littératures policières (Bilipo) est très utile. Pour vérifier une référence, une date d’édition, la liste des oeuvres d’un auteur il faut utiliser la Bibliographie nationale française.

Les outils spécialisés pour la sélection de la littérature de jeunesse.

Il existe plusieurs revues (La revue des livres pour enfants, Citrouille, Lecture jeune).

Les outils pour sélectionner des périodiques

Deux répertoires peuvent aider à établir une première sélection : Revues et magazines, guide des périodiques à l’intention des bibliothèques publiques

Guide de la presse française

Il faut aussi consulter le site Revues.org, un site consacré à l’édition électronique scientifique (Sciences humaines et sciences dures).

Les outils pour sélectionner les documents vidéo

Pour le cinéma, les sources à privilégier seront les principales revues critiques (les cahiers du cinéma, Positif). Cependant, les conditions juridiques d’acquisition des documentaires font que la principale source de sélection des documents à acquérir est constituée par les catalogues des fournisseurs spécialisés. Pour les documentaires, les sélections faites par les commissions animées par Images en bibliothèques sont diffusées à travers le Catalogue national de films documentaires diffusé par la Mission audiovisuelle de la BPI, catalogue Images de la culture du CNC, Catalogue de l’Adav.

Dresser un état des lieux.

L’état des lieux devrait comporter au moins les indications suivantes, pour chaque grande classe de la classification décimale Dewey : volume et répartition par supports; âge moyen; taux de rotation, points forts et points faibles. L’état des lieux est une photographie du fonds, qui peut aider les décideurs à fixer aux bibliothécaires des objectifs documentaires.

Maîtriser les questions budgétaires.

Afin d’enrichir durablement sa collection et de pouvoir remplir ses missions, il est absolument nécessaire que la bibliothèque dispose de crédits d’acquisitions renouvelés chaque année. La recommandation en vigueur est une dépense d’au moins 2 euros par an et pas habitant consacrée aux acquisitions d’imprimés. Dès que le montant des crédits d’acquisitions est connu, il faut procéder à une répartition à deux niveaux, que chaque bibliothèque adoptera en fonction de son contexte. Au sein de chaque domaine, il est prudent de diviser chaque enveloppe en quatre parties. 1) acquisitions courantes, le suivi de l’actualité éditoriale, 2) acquisitions de documents de faible diffusion, issus de petites structures éditoriales de qualité, relevant de la création littéraire, 3) acquisitions rétrospectives, remplacements, rattrapage, renforcement d’un fonds, 4) plus ponctuellement, l’acquisition des outils professionnels utiles à sélection. Puis on peut lister les domaines et, en leur sein, répartir les crédits selon ces 4 enveloppes.

Nécessité du désherbage

Le désherbage peut être défini comme un processus en deux étapes : l’identification des documents du fonds qui n’y ont plus leur place; retrait de ces documents des rayonnages et leur retraitement.

La notion de « désherbage » a été inventée et légitimée en France par Françoise Gaudet et Claudine Lieber à la BPI, peu de temps avant son ouverture en 1977. La destruction d’un document est l’une des options possibles après son désherbage mais il peut aussi être réorienté vers une autre section de la bibliothèque, relégué en magasin ou, sous certaines conditions juridiques, donné à un autre établissement.

Il existe deux modes de désherbage : le désherbage courant, celui qui consiste à renouveler régulièrement les documents proposés au public en profitant, par exemple, d’un reclassement pour retirer des rayonnages les documents abîmés ou périmés ou en remplaçant par une nouveauté une édition ancienne.

Le désherbage systématique ou opération de désherbage conduite sur une période donnée pour une partie précise de la collection.

On désherbe les collections pour améliorer l’actualité et la pertinence de la collection et améliorer l’état de conservation de la collection ou pour faire de la place. Le désherbage permet d’adapter constamment l’offre à la demande et de réduire les bruits dans les réponses faites aux lecteurs. Le taux de rotation des ouvrages est meilleur. Le désherbage répond à des critères matériels : le constat d’usure d’un document, l’âge des documents, l’usage des documents (s’ils ont été peu empruntés).

Acquisitions et environnement documentaire

Les politiques d’acquisitions partagées

L’objectif de la mutualisation des politiques documentaires sur un même territoire est d’élever le niveau de qualité des collections et d’élargir l’offre pour mieux servir le public. L’objectif est de dessiner peu à peu une carte documentaire du territoire où les spécialités de chaque bibliothèque sont signalées afin d’orienter les lecteurs. Un catalogue collectif permet à l’usager de localiser encore plus précisément les documents.

Les consortiums d’acquisition

La coopération entre bibliothèques consiste aussi à fédérer des établissements confrontés aux mêmes questions afin d’y répondre de façon solidaire. En matière de politique documentaire, la naissance des consortiums d’acquisition est liée à l’essor de la documentation électronique et aux ressources en ligne, dont les tarifs d’abonnement, non seulement très élevés mais variables, pénalisaient particulièrement les bibliothèques avec un nombre d’abonnements réduit. Couperin a permis aux bibliothèques universitaires de mutualiser la gestion des acquisitions de documentes électroniques et de faciliter leur adaptation à l’économie de la documentation numérique. Les bibliothèques publiques bénéficient du consortium Carel mis en place par la BPI en 2003.

Les acquisitions patrimoniales

Est patrimonial tout ce qui, ne faisant pas partie des fonds courants, n’est pas soumis à la question du désherbage. Cela concerne les fonds anciens au sens strict de fonds imprimés avant 1811, les fonds imprimés des XIXè et Xxè siècles quand ils relèvent de fonds d’études et de bibliophilie, les fonds de bibliophilie contemporaine, les autres fonds précieux : bibliothèques d’auteur ou de personnalités, dons, legs, fonds d’écrivains. Un fonds patrimonial n’a de sens que s’il est vivant, enrichi et, sous certaines conditions, accessible par des publics nombreux et variés. Une politique patrimoniale s’attachera aussi à définir pour ces fonds une politique de conservation, de traitement, d’accès et de valorisation.

Les fonds patrimoniaux peuvent être enrichis par plusieurs sources :

Le désherbage des fonds courants

L’action culturelle de la bibliothèque (accueil d’un auteur qui peut laisser une dédicace ou l’enregistrement d’une manifestation culturelle).


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