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Billie-Eve d'Ayo (sortie le 7 mars) : Tout en sincérité

Publié le 06 mars 2011 par Notsoblonde @BlogDeLaBlonde

ayo billie eve

Bien sûr qu'un artiste interprète souvent un rôle lorsqu'il travaille.

Rares sans doute sont ceux qui donnent une image d'eux-même sur scène qui correspond fidèlement à ce qu'ils sont dans la réalité. Ma toute petite expérience dans le monde de la musique m'a d'ailleurs déjà permis de m'en aperçevoir.

Ceux qui sont sincères au point de se montrer tels qu'ils sont réellement à travers leur travail sont rares, donc, et ils me sont d'emblée sympathiques. Cette sincérité qui transpire à travers ce qu'ils font me touche vraiment tout comme cette parfaite indifférence qu'ils semblent avoir envers leur image m'émeut.

Ce n'est pas un hasard si ceux qui jouent la carte du "vrai" squattent d'ailleurs les premières places de mon palmarès musical perso.

Rester simple et fidèle à ce que l'on est, intègre, c'est bien mais je reconnais que ça ne doit pas être facile tous les jours. Dans le monde de la musique (comme ailleurs me diras-tu mais reconnais que dans les milieux artistiques bien plus qu'ailleurs encore) l'image est toute puissante. Et les conseillers artistiques sont nombreux. Les maisons de disques veulent vendre de la musique et pour ça elles n'hésitent pas, parfois, à faire preuve d'ingérence.

Pas évident pour l'artiste de faire front tout en ménageant la susceptibilité (et les intérêts) de ses partenaires. Mais certains semblent garder la main et mener leurs projets à terme comme bon leur semble.

C'est l'effet que me fait le troisième album d'Ayo "Billie Eve" (Polydor). Après Joyful (2006) et Gravity At Last (2008), Ayo n'a plus grand chose à prouver. Si le second album traitait d'avantage de thèmes de société, l'artiste revient ici aux fondamentaux et fait la part belle à l'émotion. Nourrie de ses propres expériences, Joy Olasunmibo Ogunmakin délivre avec ces 15 titres un condensé de son parcours émotionnel, des valeurs qui lui sont chères et qu'elle souhaite défendre à l'aide de sa musique, de ce qui l'a fait souffrir ou lui a apporté de la joie (traduction littérale d'"Ayo" (en yoruba), son nom de scène).

Côté arrangements, place à la variété. Ayo sort du registre des ballades folk dans lequel on aurait eu tôt fait de l'enfermer pour montrer qu'elle peut aussi oser autre chose. Et s'en sort haut la main.

Mêlant des sonorités rock, folk, électriques, soul ou reggae, et revendiquant des influences clairement connotées Motown par moments ("We've got to" ou la reprise étonnament fidèle d'"I Want You back"), Billie Eve garantit que l'auditeur ne se laissera pas gagner par l'ennui.

Certes, quelques titres rappellent vraiment très nettement ce qui a fait son succès jusque là (je pense par exemple à Julia) mais l'album réserve quelques surprises. Des envolées de cordes de "Who are they" aux solos de guitare électrique de "It Hurts", des rythmiques marquées de "My Man" en passant par la douceur murmurée de "Believe", Ayo invite à se laisser porter par sa musique, qui change au gré de ses émotions.

Et des émotions, il en regorge, ce troisième album.

Profondément humanistes, les textes abordent des sujets parfois délicats (la dépression nerveuse "Before", l'immigration clandestine "Who are They", la maladie "Julia", l'addiction aux drogues dures "Black Spoon" (dont elle confie que le titre lui a été directement inspiré de ses souvenirs d'enfance où, quand elle ouvrait un tiroir pour en sortir une cuillère, celle ci avait toujours le fond noirci par la flamme qui chauffe l'héroïne avant le shoot").

La volonté de transmettre des valeurs qui lui sont chères est aussi très présente : Celle, inestimable, du partage ("How Many People"), celle de la libération de la femme, qu'il s'agisse de se libérer du poids des obligations qui lui incombent ("I'm gonna dance") ou du regard des autres ("Flowers"). Ayo utilise sa condition d'artiste pour transmettre un message ultra positif basé sur des valeurs simples et saines. Rafraichissantes en ces temps où l'horizon politique s'obscurcit de façon inquiétante.

L'amour et le couple sont aussi bien sûr très présents, les moments douloureux ("I can't", "It hurts") aussi bien que les plus doux (un hommage à son homme  avec "My man").

Cet album porte un titre qui, s'il est aussi le prénom de sa fille, Billie Eve (elle avait déjà écrit une chanson pour son fils sur le premier album), est un clin d'oeil à "Believe". Outre l'injonction à ne pas perdre la foi qu'on peut y entendre, il fait écho à un des titres de l'album (le 14ème, intitulé "Believe" justement) qui n'est autre qu'un poème de Saul Williams mis en musique.

Pour ce troisième opus, Ayo s'est entourée de Mathieu Chedid, Gail-Ann Dorsey (bassiste de David Bowie), Craig Ross (guitariste de Lenny Kravitz) mais aussi Saul Williams. Le résultat est tour à tour dansant, émouvant, planant mais avec deux constantes : il est toujours sincère et touchant.

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Entre Ayo et Jonsi, la coiffe d'indien a le vent en poupe en ce moment dans la musique

A noter que j'ai eu la chance de découvrir le nouvel album d'Ayo dans des conditions un peu particulières : En effet j'ai pu l'écouter en avant première lors de la soirée de lancement donnée au Trianon le 15 février dernier. Ayo et Saul Williams étaient  présents et ont su se montrer très disponible pour tous ceux qui étaient réunis autour d'eux.

Le moment fort de la soirée : une petite cabine blanche était installée face au bar du Trianon.

Dedans : musique à fond et caméra.

L'idée : Se dandiner gaiement devant l'objet qui immortalise tes contorsions.

Après : diffusion des séquences projetées façon mosaïque sur grand écran à l'extérieur de la pièce. 

Après un passage en post production, ces séquences ont été mises bout à bout pour réaliser le clip officiel de la reprise d'"I Want You Back" des Jackson Five par Ayo.Je te glisse d'ailleurs la vidéo ici, y'a du blogueur musical en veux tu en voilà. Non, non, ne me cherche pas. Rapport à la profession que j'exerce par ailleurs il m'était impossible de participer à l'évènement filmé.

Dommage parce que je peux te dire que c'est pas l'envie qui m'a manqué...

Le troisième album d'Ayo , Billie Eve sort le 7 mars 2011. Retrouve toutes les infos la concernant sur son site ici.

Retrouvez une autre chronique de cet album ici.


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