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"No Country for Old Men" : les frères Coen au sommet

Par Buzzline
 Pitch : A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer... Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir... note sur 10 :10Notre avis : Un très grand film brillant, noir, corsé et maîtrisé de bout en bout. Les frères Coen au sommet de leur art entre second degré, dialogues qui claquent, violence urbaine, tension, suspense et philosophie contemplatoire bluffante. Un récit désabusé et sans aucune barrière pour un résultat d'une jubilation immense...  Dès les premières images, la force de l'impact se fait sentir : les frères Coen reviennent à leur top pour un grand moment de cinoche... et on ne s'y trompe pas ! En s'attaquant à cette étrange histoire déglinguée du caisson et radicale, le duo magique puisent dans les sources du vieux western et du polar pour nous offrir deux heures bourrées à craquer de futures références, moments cultes (la course poursuite dans l'hôtel entre Brolin et Bardem, la scène chez le pompiste qui se transforme en coup de pression psychologique historique) et surtout un ensemble anthologique sans aucun défaut.

En s'attardant sur de grands espaces et supprimant toute musique au profit d'une ambiance sonore caractéristique, le film prend déjà de la hauteur et un fond troublant. Crépusculaire et aux tonalités de couleurs chaudes comme ténébreuses, No Country for Old Men force le pas, incite au respect total et déjoue tous les codes du genre. Alignant les scènes cultes et les personnages énormissimes, le nouveau long métrage des Coen flirte sans cesse avec l'excellence pour mieux l'embrasser au terme de cent vingt-deux minutes implacables.

Polar bien noir, comédie dramatique déjantée comme les frangins savent si bien le faire, No Country for Old Men retourne les morales en prenant à contre pieds les codes du genre pour mieux nous bluffer et nous laisser sur le carreau. Source d'idées de mise en scène et au travers de trois personnages foncièrement différents, motivés par un idéal qui ne l'est pas moins, le film excelle et cerne chaque partie narrative désirée. Trois points de vue sur une même histoire qu'il s'agisse de la vie, du destin et de la morale. En campant un fermier moyen obsédé par s'enrichir dans un monde où il galère, Josh Brolin, représentant "la vie" est tout simplement au top. Rarement aussi bon (sauf peut être Le veilleur de nuit), l'acteur donne tout le désespoir et la force qui le pousse à agir puis se défendre, nécessaire à son personnage.

Face à lui, l'immense Javier Bardem est absolument dément. Sorte de clown triste furieusement lunatique et complètement pshychotique, son personnage de Chigurh sorti d'on ne sait où est à tomber par terre entre folie meurtrière glaciale et coupe de cheveux improbable. Il incarne le "destin". Un destin qui se laisse guider là où il se doit d'aller. Un personnage aussi inclassable que stupéfiant de charisme. OVNI du film, Chigurh incarne surtout le mal et les personnalitées barrées comme les frangins sont les seuls à sortir de leur chapeau.

Enfin, le narrateur, le "old men" incarné par un Tommy Lee Jones qui réitère son excellence marquée de Dans la vallée d'Elah plus orienté vers le second degré ironique, la joue juste, sobre et poignant. Son discours d'ouverture et de clôture du film sont juste cette "morale" qui finalement n'en n'est pas une. En effet, dans No Country for Old Men il n'y a pas de morale ni de sens logique. Les héros n'existent pas... n'existent plus. Ne survivent que les plus incensés et illogiques. 

Allégorie de la violence et d'un monde qui s'écroule, où les valeurs sont abolies, No Country for Old Men est d'un impact saisissant et brut. 

Issus d'une somme de films tous différents mais poétiques et brillants à leurs façons, la consistance de No Country for Old Men, n'est autre que la maturité des frères Coen qui a fini par éclore. Un film parfait, à la mécanique ultra bien huilée, sans temps mort et multipliant les moments cultes peuplés de figures emblématiques aussi variées que barrées. 

Mise en scène bourrine, suintante, crépusculaire et virtuose, scénario dantesque et aboslument génial, personnages hallucinants, humour noir ravageur, situations décalées, parfois jouissivement absurdes mais jamais dénuées d'intérêt : No Country for Old Men est juste LE film de ce début d'année à ranger à côté de Into the Wild et Cloverfield si l'on mesure la dimension de la baffe infligée.

Un chef d'oeuvre intemporel et déjà à marquer d'une pierre blanche. EBLOUISSANT !

 
note sur 10 :10

  

Pourquoi y aller ? 

Pour l'histoire à couper le souffle. Pour Javier Bardem. Pour tout le reste du casting. Pour les scènes cultes à la pelle c'est à dire tout le film. 

Ce qui peut freiner ?

Rien, tout simplement. 


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