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Plage de Manaccora, 16h30 - Philippe JAENADA

Par Liliba

coeurcoeur

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Voici des vacances comme on n'en souhaite à personne, même pas à son pire ennemi... Tout avait pourtant si bien commencé : Voltaire, le narrateur, sa femme Oum et leur fils Géo venaient d'arriver les bords de l'Adriatique, dans un charmant village de vacances dans lequel ils avaient déjà logé l'été précédent. Heureux, prêts à profiter du soleil, de la mer et de la divine heure de l'apéro à la terrasse du café du coin, ils sont loin de se douter, ce matin-là, que leur vie va basculer dans l'enfer.

Car c'est bien l'enfer qui les attend : un enfer de feu, flammes et chaleur, pire que celui décrit par Dante... Un feu de maquis pris on ne sait où va bientôt encercler ce petit coin de paradis et retenir prisonnier vacanciers et locaux. Certains tenteront de passer à travers les flammes et de rejoindre l'autre versant de la colline, mais la plupart se retrouveront sur la plage, acculés par les flammes gigantesques, ayant pour seul choix de griller ou de se noyer...

C'est dans ces moments de panique totale et de confrontation à un réel danger que se révèle l'être humain, dans toute sa profondeur. Courage, héroïsme parfois, abattement, incompréhension, lâcheté et fourberie, tous les sentiments humains se retrouvent comme condensés, mis en exergue par la violence des évènements, et vient le temps où face à la nature avide de mort, il faut choisir...

L'atrocité de ce récit est fort heureusement tout à fait supportable grâce au talent de l'auteur. Les parenthèses inclues dans le récit, et les parenthèses dans les parenthèses pendant lesquels Voltaire se remémore ses années de jeunesse, sa rencontre avec Oum (et le premier resto, moment d'entologie qui m'a fait hurler de rire) ou différents éléments de sa vie n'alourdissent pas le style et au contraire allègent l'atmosphère.. Ces digressions sont cocasses, parfois tragi-comiques, loufoques, mais toujours très drôles et permettent au lecteur de reprendre son souffle dans cette fuite éperdue de Voltaire et sa famille, et des autres personnes présentes, pour rester en vie. Elles permettent de plus de résister à l'horreur de la situation qui ne cesse d'empirer, avec ce feu immense qui semble même vouloir avaler la mer et les quelques personnes réfugiées sur cette plage.

Alors on rit et on a peur, on se détend et on tremble tout à la fois, ou tour à tour suivant les chapitres, et on dévore ce roman dont le suspense insoutenable vous tient jusqu'à la toute dernière page. Car si on suppose que Voltaire se sort indemne de ce drame puisqu'il en est le narrateur, on n'en saura plus sur les autres protagonistes de l'histoire qu'à la toute fin. Et on aura en attendant découvert nombres de facettes des personnalités de ces gens, Voltaire, Oum et leur fils, mais aussi les touristes anonymes compagnons de malheur ou leur amis autochnones, touchés encore plus par le drame.

Un roman passionnant qu'on lit d'une traite, qui réussit à nous dévoiler les noirceurs mais aussi la beauté et les surprises que peuvent révéler l'âme humaine tout en nous faisant rire alors que la situation est tragique. Du grand art !

Le site de l'auteur, sur lequel vous pourrez lire quelques extraits et découvrir si ce n'est déjà fait le style "jaenadien".

Un roman lu par :

Cécile Qde9 , que je remercie pour le prêt de ce livre et pour la découverte de cette auteur grâce au Chameau sauvage offert l'année dernière : "On y retrouve tout ce qu'on aime chez Jaenada : son humour désabusé, ses parenthèses endémiques (j'adore !!!), sa balourdise tendre, sa gravité légère, son art de mêler le rire au drame, de ne se prendre jamais tout à fait au sérieux parce que l'essentiel est ailleurs."

Amanda : "Presque à l’insu de mon plein gré, je me suis laissée happée par cette plume."

Cathulu : "On rit à gorge déployée (et tant pis pour les sourcils froncés du voisin) au début du texte et on essuie discrètement quelques larmes à la fin. Chapeau bas Monsieur Jaenada !" 

Cuné : "On passe un très bon moment entre ces pages."

L’Ogresse : "J’éprouve beaucoup de difficulté à dire du mal du dernier roman de Philippe Jaenada et pourtant il me faut trouver les mots: j’ai été très déçue. Voilà, c’est dit."

Second Flore : "La force de la parenthèse, ici, c’est qu’elle peut vous faire rire au moment le plus tragique sans que l’ensemble ne perde en profondeur."

Et d'autres lecteurs chez Bob.

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