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… Anything Maria

Publié le 08 mars 2011 par Lemediateaseur @Lemediateaseur

… Anything Maria

Comme ça, à première vue j’ai un petit souci sémantique : pourquoi LA femme ? C’est qui cette femme ? Pas vue pas prise. Lorsqu’on parle de LA femme on évoque un concept, quelque chose d’abstrait, la femme « idéale » quoi, cette « idée » que tout le monde adule.

Une photo de mode. Un peu comme la démocratie, l’égalité, la fraternité… un concept figé, embelli, retouché. ça me laisse très perplexe. oui.

Que l’on me parle DES femmes, voilà qui désigne quelque chose de plus concret, une réalité plus… nombreuse (et donc plus menaçante), de plus, cela donnerait, pour une fois, l’illusion d’un semblant de solidarité entre femmes…

Ensuite, oui, c’est vrai, chaque année, à l’approche de la Journée de La Femme, je grince un peu des dents. Chaque année je m’étonne qu’il existe encore une journée dédiée à LA femme, et qui plus est internationale !

Oui il existe la journée mondiale de la femme comme il existe la Journée Internationale des Roms ou la Journée Mondiale de l’Environnement, ou… la Journée du Pied. Tiens, il existe même la Journée Mondiale des Adjointes Administratives et Secrétaires, ça c’est ma préférée ! C’est sûr qu’on fera pas la journée mondiale du patron qui se tape sa subalterne.

Cette journée c’est un peu l’exception qui confirme la règle quoi, et puis ça donne bonne conscience à tout le monde. En tant que femme, elle me ramène chaque année à la sensation de faiblesse, de minorité, d’infériorité, de différence, ce truc bancal sur lequel se construit l’identité féminine. Mais quoi, ne parle-t-on pas de la moitié de la population mondiale ? On ne parle pas d’un peuple, on ne parle pas d’une couleur de peau, on ne parle pas d’une minorité, non, on parle du sexe féminin, l’Autre Sexe.

Oui chaque année cet évènement me rappelle une ééééééénième fois que je suis une femme, et que ça fait une sacrée différence – pas seulement physiologique.

La première fois que j’ai eu conscience du hiatus social entre garçons et filles, c’est lorsque j’ai appris que mon grand-père, paix à son âme, voulait un garçon pour être certain que son nom perdure. Heureusement ma mère voulait une fille – pour pouvoir l’habiller à sa guise m’a-t-elle dit (en l’occurrence c’était raté j’ai toujours été forte tête en la matière).

En tout cas c’était bel et bien les prémisses d’une longue série d’exemples, et de, disons le clairement, bonnes paires de claques.

Je méprise donc cette journée pour exister en 2011, encore, mais je profite de son existence pour exprimer un désir profond : celui d’en venir vite à une société où chaque sexe saura s’épanouir sans avoir à asservir, à humilier, l’autre.


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