Sereine Berlottier publie Attente, partition, aux éditions Argol. Poezibao proposera cette semaine une note de lecture d’Antoine Emaz à propos de ce livre.
4 mars
La question est levée au milieu d’un champ de silence. Le champ est étroit et la question craintive, on dirait qu’elle redoute d’être exécutée avant d’avoir pu gagner l’ombre pacifique des arbres.
9 avril
Habitée
mais aussi succédant
plus juste de dire le provisoire modelé du temps et la forme en alliage mobile d’une installation
8 août
c’est tout l’inconnu du chemin à venir qui courbe le front
tenir et pourtant
se quitter
(ventre creux)
20 août
consentir
à l’impossible sagesse mais
plus souvent dévale sa propre pente le visage
soir tiré vers (il fait nuit et l’ordinateur s’éteint
seul comme une bête se couche dans le noir du champ)
21 août
Mots en gueule de loup : il dit qu’il préférerait qu’elle ne prononce pas celui-là. Que dans le manque, l’absence, cela rougeoie, brûlant, qu’en ignorant même avoir désiré un jour, pouvoir désirer un jour réel : cela, oui, n’est pas donné aujourd’hui
23 août
Mots en gueule de loup : elle ouvre le dictionnaire et lit à haute voix les définitions, debout dans le couloir face à lui, au bord d’un grand silence haché d’ailes noires, malgré le bleu, les yeux, vagues brisées.
Sereine Berlottier, Attente, partition, Éditions Argol 2011, pp. 16, 18 et 22
À propos de ce livre, on peut lire ici le début d’un journal de lecture par F. Trocmé.
Sereine Berlottier dans Poezibao :
bio-bibliographie, extrait 1, fiche de lecture de Chao Praya, extrait 2, extrait 3
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