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Chronique d'un - second - jour au salon du livre de Paris

Par Desblablas

Chronique d'un - second - jour au salon du livre de ParisSamedi, journée people. Et journée galère(s).

Plongé dans Hokaru de Aki Shimazaki (je n'ai pas acheté de livres hier mais j'en avais quand même emmené plusieurs avec moi, on ne sait jamais...), je loupe la station Porte de Versailles et atterrit donc deux stations plus loin, à Marie d'Issy. Demi-tour, j'arrive en retard au salon du livre par rapport à l'heure que je m'étais fixée. Je me dis qu'à ce moment de la matinée, vers onze heures, il ne doit pas y avoir grand monde. Ben tiens, la file d'attente est immense.En écrivant ceci, je me rends compte que j'ai oublié un aspect important , de taille, dans les premiers mots de cette chronique. Si la journée est people, galère(s), c'est aussi une journée file d'attente. Aussi bien à l'entrée du pavillon 1 que dans le salon lui-même. Il y a des signes avant coureurs, de ceux qui ne trompent pas. Je vous laisse en juger par ce petit florilège de photos.


Chronique d'un - second - jour au salon du livre de ParisChronique d'un - second - jour au salon du livre de Paris
Chronique d'un - second - jour au salon du livre de Paris
 Chronique d'un - second - jour au salon du livre de Paris
Chronique d'un - second - jour au salon du livre de Paris On en vient donc à la journée people. Car ces barrières que vous voyez là sont destinés à la venue de grands noms de la littérature contemporaine, de ceux qui vendent en tout cas. Allez, je suis certain que je n'ai pas besoin de les nommer pour que vous sachiez de qui il s'agit. Et quand à l'occasion, je repasse devant au gré de mes allées et venues, je ne peux m'empêcher, d'une certaine façon, de trouver ça navrant. Pas tant les personnes qui s'en vont à la conquête d'une signature, c'est bien leur droit, que ces auteurs qui se donnent en spectacle, qui avec un grand chapeau à plumes, qui avec des attitudes où l'art de la Pose s'affiche sans vergogne.

En me rendant sur le stand des éditions Mnémos pour effectuer une nouvelle interview de Frédéric Weil après la prise ratée de la veille, j'entends et j'aperçois aussi Julien Lepers en train de poser ses questions de champion. Je trace. Frédéric Weil et moi prenons bien soin cette fois-ci de nous éloigner de la cacophonie ambiante. Voilà donc le moment où, normalement, vous auriez pu cliquer sur le bouton play d'une barre multimédia pour pouvoir écouter tout ça. Mais la plus grosse galère de la journée est là, au point de me faire penser que d'interview de Frédéric Weil il n'y aura point, malgré mes annonces de la veille ici-même. En tout cas, je profite de ces lignes pour le remercier de sa patience et de sa disponibilité.Explication. La discussion terminée, je pars à la rencontre d'auteurs de polars pour de futures interventions au boulot dans le cadre de « cafés du crime », je croise Laurence de biblioblog, nous discutons un moment, nous faisant la réflexion au passage que c'est bien étrange de nous croiser ici alors que nous habitons des zones géographiquement proches. Bref, c'est la pause de midi. Je me dis que je vais être plus réactif qu'hier en commençant cette chronique en l'alimentant au fur et à mesure de l'avancée de la journée. Je m'installe où je peux – il y a un monde fou. Je prends ma carte SD pour procéder au transfert de l'interview et à ce moment précis, un vigile me fait comprendre que je ne peux pas rester ici, que je gêne. Je m'éloigne donc et m'installe ailleurs. La carte a disparu. Je refais le chemin emprunté. Impossible de remettre la main dessus. Galère.N'aimant pas rester sur une telle déconvenue, double qui plus est, j'ai fini, plus tard, par retranscrire l'intégralité de l'interview enregistrée la veille, inécoutable pour vos chères oreilles en raison du fond sonore trop important et impossible à éradiquer. La voici dans son intégralité :Blabla : Frédéric Weil, bonjour. Vous êtes le responsable des éditions Mnémos, pouvez-vous nous présenter votre maison d'édition ?Frédéric Weil : Les éditions Mnémos existent depuis quinze ans et explorent les littératures de l'Imaginaire. Nous publions en principal de la Fantasy, de la science-fiction, de l'uchronie, fantastique, mélange de genres... en fait on n'aime pas trop les étiquettes. Ce qui nous intéresse, ce sont des auteurs et des textes qui plongent leurs racines dans les contes et les mythologies, et qui ont la tête dans les étoiles. C'est ça que nous aimons faire.B : Au départ, vous étiez principalement axés sur la Fantasy et puis petit à petit on a vu éclore de nouvelles collections comme Dédales et puis vous vous êtes tournés vers le roman graphique avec la collection Ourobores...F.W. : Disons que dès l'origine, nous avions envie de faire autre chose que de la Fantasy. Notre image, notre marque de fabrique s'est construite sur la volonté de trouver des auteurs, des auteurs français, dans les littératures de l'Imaginaire. En fait cela vient des jeux de rôle à la base, il y a très longtemps, et beaucoup d'auteurs de jeux de rôle avaient envie d'écrire des romans. Et lorsqu'ils ont amené leurs premiers textes, on a été subjugués par leur talent, par leur imagination et ils faisaient aussi bien, voire mieux que la littérature anglo-saxonne qu'on lisait à l'époque. Donc on a essayé de monter notre maison d'édition sur ces bases, quel que soit le genre. Au démarrage, on a commencé par de la fantasy mais tout de suite, on a eu des romans fantastiques et des romans de science-fiction. Petit à petit on a cherché à construire sur la durée, à trouver des auteurs pérennes qui ont envie d'explorer cet imaginaire et leur propre talent. On espère découvrir à la fois une façon de découvrir une histoire qui reste toujours excitante et motivante mais qui possède aussi une sensibilité européenne très forte. C'est ce qui nous intéresse.B : Vous étiez auparavant installés à Paris et puis vous avez déménagé en province. Pourquoi ce choix ?F.W. : C'est avant tout un choix de vie personnel. Nous avions envie d'élever nos enfants en province, tout simplement. Et puis ce choix de vie s'est transformé aussi en choix professionnel. On a pu trouver en région Rhône-Alpes un accueil très favorable pour notre métier d'éditeur et ça nous a incité à déplacer notre société de Paris en province.B : Le changement s'est fait facilement ? Il n'y a pas eu de soucis ?F.W. : Le changement s'est fait facilement. En fait on travaillait déjà à la fois en télétravail et à la fois en réunion sur la capitale.B. : Est-ce que ce n'est pas difficile aujourd'hui, quand on connaît les difficultés actuelles de l'édition d'être justement un éditeur spécialisé dans un genre encore qualifié de « mauvais » ?F.W. : C'est toujours difficile d'être un éditeur indépendant de petite taille, de toute façon, quelle que soit la spécialité. Je pense au contraire que le fait que l'on soit concentré sur ces littératures de l'imaginaire est plutôt une force. Parce qu'on est libre de faire ce qu'on veut. Du fait de notre capacité à trouver des auteurs français qui se différencient fortement de la littérature américaine produite en masse qui ne fait que répéter ce que Tolkien a mis en place, parfois de manière très efficace mais... voilà... Donc au contraire, ça nous donne une liberté très très forte dans nos choix, dans les talents avec qui on travaille.B: La maison d'édition est composée de combien de personnes ?F.W. : La structure est composée de trois éditeurs. Nathalie s'occupe de tout ce qui est gestion, moi-même qui dirige la maison. Et puis on a deux graphistes.B : Alors les graphismes, les illustrations, parlons-en. Ce sont des aspects importants. Il y a beaucoup de lecteurs qui sont très attentifs aux couvertures des livres ? Le choix s'opère comment en ce qui les concerne ? C'est vous-même qui les effectuez ?F.W. : Chaque éditeur s'occupe de son livre, choisit les illustrateurs avec qui il veut travailler. Bon, je valide au final mais globalement on laisse une liberté importante à chaque éditeur, pour qu'il puisse donner lui aussi sa vision du livre, et puis lui donner un maximum de chances. Je rajouterais que sur l'illustration, depuis le démarrage de la maison d'édition, ça a été l'un de nos chevaux de bataille. On a toujours voulu proposer une littérature avec, je l'espère, du talent dedans, avec beaucoup d'imaginaire, et donc des images. C'est en partie pour ça que nous avons lancé la collection Ourobores, pour pouvoir donner des chances fortes à l'image, mais aussi inventer une nouvelle façon de raconter des histoires, que ce soit entre le roman, la BD, le livre de journaux, le livre de nouvelles, des choses de ce type là, de mixer tout ça tout en restant intéressant, que ce ne soit pas juste un catalogue ou un guide de voyage des fois ennuyeux à compulser. Et on espère là défricher quelque chose, avancer, on ne sait pas ce qu'on en fera mais c'est vraiment exploratoire.B : Un salon du livre comme celui de Paris, qu'est-ce que ça représente pour vous ?F.W. : C'est très important, parce que nous rencontrons notre lectorat. On peut discuter avec lui, on peut voir ce qu'il apprécie, qu'est-ce qu'il n'aime pas dans ce que nous proposons. On peut recevoir ses critiques en direct. Cela nous permet de de faire en sorte que l'auteur et le lecteur se rencontrent, ça aussi c'est très important et très intéressant. La dédicace, c'est le moyen évident pour que le lecteur puisse voir l'auteur qu'il aime bien, mais petit à petit on espère faire en sorte qu'ils se mettent à discuter, à échanger pour que l'auteur puisse voir comment le bouquin est utilisé par le lecteur.B : Quel sera votre prochain salon pour justement venir à votre rencontre ?F.W. : Nous serons aux Imaginales en mai prochain.Blabla : Frédéric Weil merci de nous avoir accordé de votre temps...Frédéric Weil : merci à vous... La perte de la carte est aussi embêtante pour les autres entretiens que j'espérais avoir. Je repasse notamment sur le stand des éditions Finitude avec qui je voulais évoquer le travail. Ce ne sera donc que partie remise, peut-être à l'occasion d'un Blabla. Le catalogue de la structure est vraiment intéressant et j'en profite d'ailleurs pour acheter Lonely Betty, lauréat du Grand Prix 2011 du Festival International du Film Policier de Beaune. Il est signé Joseph Incardona, l'auteur que j'ai déjà évoqué dans la chronique précédente et dont j'apprécie le travail, c'est peu de le dire. L'ouvrage est dédicacé à Richard Bachman et rien que ça déjà, ça me donne envie de m'y plonger.

Chronique d'un - second - jour au salon du livre de Paris

 Très vite arrivent 15 heures et la conférence tant attendue par beaucoup de lecteurs avec Henning Mankell. Elle est animée par Philippe Lançon, journaliste à Libération. Ce qui frappe d'emblée, c''est la sérénité voire la simplicité de l'auteur suédois. Cheveux blancs, sourire aux lèvres, blouson en cuir noir. Les gens l'applaudissent à sa présentation. Il se lève, salue le public, visiblement touché et content d'être là. Il comprend parfaitement le français mais ne se sent pas forcément à l'aise pour le parler. Il promet qu'à sa prochaine venue, il aura remédié à ça. La première question qui lui est adressée est simple mais elle a le mérite d'être efficace et toujours intéressante. Pourquoi et comment l'écriture ? La rencontre est agréable. Malheureusement, je ne peux pas la suivre jusqu'au bout, l'heure du départ a sonné.Sur mon chemin du retour, je crois un instant passer à proximité du stand Albert René. Il semble qu'un groupe de personne s'amuse à reconstituer la formation militaire romaine de la tortue si merveilleusement illustrée dans Astérix. Seulement je me rends à l'évidence, ce n'est pas ça du tout. Il y a une personne connue noyée dans cette masse humaine. Je ne m'attarde pas à savoir de qui il s'agit. D'une ça ne m'intéresse pas, et de deux, il ne manquerait plus que je loupe mon train.Dehors, la file d'attente est encore plus longue et alambiquée qu'à mon arrivée ce matin.


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