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The death of Bunny Monro, de Nick Cave

Publié le 28 mars 2011 par Acdehaenne

Bunny Munro vend des produits de beauté et rêves d'espoir aux ménagères esseulées de la côte sud de l'Angleterre. Lancé à la dérive par la mort subite de sa femme et luttant pour rester en phase avec la réalité, il fait la seule chose qui lui vienne à l'esprit - prendre la route, son fils de neuf ans à ses côtés. Tandis que Bunny colporte sa marchandise et son sex-appeal, Bunny Junior attend patiemment dans la voiture, explorant le monde à travers son encyclopédie. A mesure que leur étrange odyssée approche de son épilogue, Bunny réalise que les fantômes qui l'entourent sortent de l'ombre pour venir réclamer leur dû. Portrait sensible de la relation entre un père et son fils, Mort de Bunny Munro est un roman palpitant, plein de style et de fureur, regorgeant de cet esprit et de ce mystère que les fans reconnaîtront comme les marques de fabrique de la vision si singulière de Nick Cave...

Traduit en français par Mort de Bunny Monro, Nick Cave signe ici son deuxième roman. Nick Cave

Salle 101
est un song writer bluesman écorché tout simplement génial. Ce livre en est le reflet, tout en poussant l’expérience un peu plus loin. Puissant et intense, Nick Cave joue avec nos nerfs. Tantôt hilarant, tantôt glauque, il est parfois triste et parfois violent. Sur la quatrième de couverture, Irvine Welsh suggère un triptyque pour qualifier ce roman : invitons Cormac McCarthy (auteur de La Route déjà présenté ici), Franz Kafka et Benny Hill. Et nous y sommes corps et biens. 

Nick Cave a cette intensité poignante de McCarthy. On suit le père et son fils tout au long de leurs occupations respectives. L’un vendant des cosmétiques, couchant avec ses clientes au passage et fantasmant sur d’autres, s’alcoolisant toujours un peu plus et fumant cigarettes sur cigarettes. L’autre explorant le monde depuis la vielle Punto, encyclopédie à la main. Même chaotique, l’enchainement des clientes de Bunny est peut être le seul épisode de calme. Au moins, pendant ce temps, il n’arrive rien de bien grave. Du moins en apparence. Le mal qui ronge Bunny est plus profond. Plus ils prennent la route, et plus il se perd lui-même, ne sachant plus très bien ou aller. Même l’idée de retourner « à la maison » perd peu à peu de son sens.

A ce petit jeu, Bunny Junior joue le rôle de garde fou. Sans lui, Bunny aurait sans doute sombré depuis bien longtemps. Depuis le suicide de sa femme, Bunny perd peu à peu la raison. Les clientes deviennent des prétextes. Les noms s’enchainent sans qu’aucune prise ne soit possible. Jusqu’à cette apothéose en forme de procès, qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de Kafka. 

The death of Bunny Monro n’a réellement ni début ni fin. Il est ponctué de scènes absolument géniales, par ce qu’elles procurent comme sensations. Je pense par exemple à l’enterrement de Liddy. Ou à ces moments où Bunny Junior interroge son père sur leur avenir.

Même si on sait à l’avance comment leur épopée va s’achever, Nick Cave garde le suspens jusqu’au bout. Alors qu’on croit tenir le fin mot, on se rend compte que finalement l’auteur a choisi autre chose. Comme une mauvaise blague, Bunny ne peut rien faire comme les autres. 

Autant le dire, je suis absolument sous le charme de ce livre, original, riche et complexe.

note :

The death of Bunny Monro, de Nick Cave
The death of Bunny Monro, de Nick Cave
The death of Bunny Monro, de Nick Cave
The death of Bunny Monro, de Nick Cave

Les Murmures.


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