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L’oiseau de panique. J’ai commencé hier le livre Les...

Publié le 29 mars 2011 par Mmepastel
L’oiseau de panique.
J’ai commencé hier le livre Les...

L’oiseau de panique.

J’ai commencé hier le livre Les femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud (découvrant cet auteure du même coup). Je n’en suis donc qu’au début, mais déjà sous le charme. Dans ce roman, l’auteure entreprend de faire revivre les amours passionnées et tortueuses de Sylvia Plath et de Ted Hughes, lui-même poète, grand séducteur charismatique, et leur interaction avec la création. Je parlerai mieux de ce livre quand je l’aurai lu, en toute logique. Cependant, ce qui me frappe déjà, et ce, dès le titre, c’est l’animalité des protagonistes. Chasseur et proies. Les poètes amoureux sont ici des êtres de chair et de sang, féroces, voraces, pleins de sève et d’appétits.

Dans les premiers moments de leur rencontre, Sylvia rejoint son amant à Londres, et voici que Ted la compare (à travers la voix de Claude Pujade-Renaud, mais on verra que cette allusion n’est pas gratuite) à une femme oiseau :

“Et Ted, tout ébloui, comblé, vit débarquer dans son minuscule studio un grand oiseau volubile, pépiant, battant des ailes. Plus tard, il comprendrait : elle déployait tous ces ramages et rémiges dans sa terreur de n’être pas aimée, admirée, reconnue. Une angoisse effervescente qu’elle nommait son oiseau de panique.

Un verre ou deux, et l’oiseau femelle se mit à chanter un poème de son cru. une panthère la poursuivait, insatiable :

Dure est la morsure de ses dents

Et douce est l’ardente brûlure de sa fourrure.

(…)

La femme oiseau se dépouilla de ses atours devenus vains de la parade nuptiale. Merveilleusement nue, et silencieuse, belle simplement, elle devint à ses yeux, entre ses mains, tel un poisson, lisse, mais à sang chaud.”

L’oiseau de panique.
J’ai commencé hier le livre Les...

Après une vie d’amour, après le suicide précoce de Sylvia, voici ce qu’écrit Ted Hughes en son hommage :

“L’oiseau

Sous son dôme de verre, derrière ses yeux,

Ton Oiseau de Panique n’était pas empaillé. Il paraissait en quête

De quelque chose, tu ne savais pas quoi. Je le devinais

Dérouté par le verre, ce mur invisible.

Un gecko de zoo collé contre le néant,

Avec toute la vie battant dans sa gorge,

Comme s’il se tenait sur l’éther….

Tu m’as tout raconté

Sauf le conte de fées. Pas à pas

Je suis descendu dans le sommeil

Dont tu essayais de te réveiller.

[…]”

Ted Hughes, Birthday Letters, traduction de Sylvie Doizelet, Gallimard, 2002, p. 90.

La femme oiseau/l’oiseau de panique semble également avoir inspiré le peintre Justin Fitzpatrick dans son tableau Sylvia Plath and the Worry Bird.

 


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