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La «Fashion Week» du Nigeria

Publié le 30 mars 2011 par Africahit
Au Nigeria, la mode est à l'honneur à l'occasion de la «Fashion Week»

La «Fashion Week», organisée par le magazine «Arise», s'est tenue à Lagos du 10 au 13 mars 2011.La «Fashion Week», organisée par le magazine «Arise», s'est tenue à Lagos du 10 au 13 mars 2011. RFI/Julie Vandal Par Julie Vandal

Alors que Paris accueillait la semaine dernière les traditionnels défilés pour la collection automne-hiver 2011-2012, Lagos mettait aussi la mode à l’honneur à l’occasion de la Fashion Week, organisée par le magazine Arise. Un rendez-vous incontournable pour cinquante-deux créateurs africains au rang desquels une vingtaine de Nigérians. C’est un fait, la mode « Made in Naija » est en plein essor et se fait progressivement un nom sur la scène internationale. Reportage.

Hôtel Federal Palace. Tapis rouge sous un soleil couchant. Le tout Lagos a fait le déplacement. Les « happy few » bien sûr et la jet-set aussi, surtout qui prend la pose sous les flashs des paparazzi à l'affût. Le chanteur D’banj est là, Naeto C également. « C’est le rendez-vous de l’année », piaille une demoiselle en mini-jupe à l’entrée du showroom. La Fashion Week ? On vient s’y montrer certes, mais aussi apprécier ce qui se fait de nouveau. Une vingtaine de créateurs nigérians sont au programme. Alors, en dépit d’une organisation chaotique, les défilés font le plein.

Il faut dire que le milieu de la mode est en ébullition. Loin des podiums parisiens ou milanais, une nouvelle génération de créateurs fait discrètement son petit bout de chemin. Ils s’appellent Autumn Adeigbo, Bridget Awosika ... Ils ont à peine la trentaine. Mais des idées qui n’ont rien à envier aux grands noms de la haute couture mondiale. Que ce soit dans le choix des coupes, des couleurs ou des matières, tous affichent une modernité avec une identité bien locale. « Nigerian touch », résume Carmen Ohen, collaboratrice du site féminin en ligne Bella Naija. « Ce qui se passe est inédit », confie-t-elle. « Il y a cinq ans, il n’y avait que la maison Tiffany Amber, mais elle a ouvert la voie. Je crois que la crise économique en Europe a aussi aidé à faire revenir au pays de nombreux designer, éclectiques et originaux. Regardez sur les podiums ».

Au rythme de standards de house music ou de hip-hop nigérian, des jeunes filles filiformes, juchées sur leur stilettos voguent entre les époques. Et les styles. Découpes géométriques pour Kiki Kamanu qui réinvente un Mondrian afro version prêt-à-porter décliné en orange, bleu, blanc noir. Mélange de soie et de jupe en pagne à frou-frou évocation des 60’s-Black Power pour la maison Viv Le resistance. Plus classique, Nikki Khiran, joue la partition des longues robes de soie flamboyantes et aériennes. Quant à l’audacieuse Ituen Basi, elle donne au bazin Yoruba (aso-oke) une allure résolument classieuse-trash avec ses mannequins harnachés de casque de motos, tandis que Jewel by Lisa et Toju Foyeh font sensation avec des silhouettes simples et ultra-féminines.

« C’est notre style, notre culture alors oui moi j’achète »

Autant de noms et de sources d’inspirations différentes. Autant de maisons qui pour l’heure, ont rarement leurs propres boutiques mais parviennent à fidéliser une certaine clientèle notamment via le bouche-à-oreille et l’essor d’une classe moyenne. « C’est notre style, notre culture alors oui moi j’achète », confie Keisha Gitari, fashionista et journaliste de la chaîne CNBC Africa. « Bien sûr, ce n’est pas encore accessible à tout le monde, mais quand on est capable de mettre des millions de nairas pour un vêtement Prada pourquoi ne pas acheter des créateurs locaux. C’est unique et en plus c’est chic ».


La «Fashion Week» du Nigeria
Le défilé de la collection House of Farah lors de la «Fashion Week» à Lagos, le 13 mars 2011.RFI/Julie Vandal

Directrice créative de la maison Farrah, Fatima Aliyu Garba, s'étonnerait presque de sa soudaine réussite. « Quand j’ai commencé il y a six ans, on ne pensait même pas au profit mais aujourd’hui ça va mieux, je me paye », s'amuse-t-elle. Ancien mannequin devenue créatrice il y a deux ans, Kiki Kamanu est elle aussi sur la bonne lancée : « J’arrive à vivre de la mode, mais je voudrais aller plus loin, que cela devienne un vrai business, le plus dur, c’est tout l’aspect marketing ».

Quoiqu’encore très confidentiel, le milieu de la mode « Made in Naija » se fait peu à peu un nom. Au Nigeria mais aussi à New-York, Londres ou Paris. De là à ce qu’il devienne un secteur prospère ? Tous les acteurs le reconnaissent : il a encore beaucoup à faire. Créer une école de stylisme, par exemple. Assurer un véritable contrôle qualité. Lutter contre les copies via magazines qui, tout en flattant l'ego des créateurs, n’en restent pas moins un manque à gagner important. Et oublier définitivement cette idée préconçue que le « fait et pensé local » ne vaudra jamais les créations d’une grande enseigne française ou italienne.

Quelques liens :

http://www.arisemagazine.net/

http://www.tiffanyamberng.com/

http://www.ituenbasi.co.uk/

http://www.houseoffarrah.com/

http://www.kikikamanu.com/newsite/

http://www.bunmikoko.com/

http://www.jewelbylisa.com.ng/


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